Les électeurs poursuivent les députés et s’opposent à la prolongation des mandats présidentiels et parlementaires

Maria

Les électeurs poursuivent les députés et s'opposent à la prolongation des mandats présidentiels et parlementaires

Les députés de plus de 60 circonscriptions ont reçu mardi des documents judiciaires contestant le controversé projet de loi d’amendement de la Constitution n° 3 (CAB3), alors que les opposants intensifiaient leurs efforts pour empêcher les changements proposés de devenir loi.

Les requêtes, déposées devant la Cour constitutionnelle par des électeurs de circonscriptions à travers le pays, visent à obtenir une ordonnance obligeant le gouvernement à soumettre les amendements constitutionnels proposés à un référendum national avant que le Parlement n’aille plus loin.

Le défi juridique survient alors que le gouvernement fait avancer le projet de loi CAB3, un projet de loi qui vise à prolonger de cinq à sept ans le mandat du président, des députés et des autorités locales. Le projet de loi propose également de remplacer les élections présidentielles directes par un système dans lequel le président serait élu par les députés siégeant conjointement à l’Assemblée nationale et au Sénat.

Dans l’une des requêtes, l’électeur de Gokwe Kana, Nebati Mutaurwa, fait valoir que le Parlement ne peut pas légalement prolonger le mandat des législateurs en exercice par le biais d’un amendement constitutionnel.

« Ces questions sont d’une importance publique exceptionnelle. Elles concernent la question de savoir si les titulaires peuvent constitutionnellement prolonger leur mandat et si le peuple peut être privé de son droit de vote lors de l’élection du président sans l’approbation directe du peuple », peut-on lire dans la requête.

Mutaurwa fait valoir que les amendements proposés violent l’article 328(7) de la Constitution, qui empêche les membres du bureau de bénéficier des modifications de la limitation des mandats au cours de leur mandat actuel.

« La clause proposée est constitutionnellement offensante à première vue », indique la requête. « Il s’agit d’un prétendu amendement par évasion. »

Les requérants soutiennent en outre que transférer l’élection du président des électeurs au Parlement porterait atteinte aux droits politiques protégés par l’article 67 de la Constitution.

« L’amendement proposé supprimerait la participation directe des citoyens à ce poste et confierait à la place l’élection du président aux membres du Parlement siégeant conjointement », indiquent les documents judiciaires.

Cette contestation judiciaire s’ajoute à la controverse croissante autour du CAB3, qui a été publié au Journal officiel en février et ensuite soumis à des audiences publiques entachées d’allégations d’intimidation, de violence et d’exclusion de voix dissidentes.

Plusieurs militants opposés au projet de loi auraient été agressés ou arrêtés pendant la période de consultation, tandis que les groupes d’opposition ont exigé un référendum sur les modifications proposées.

La Cour constitutionnelle n’a pas encore entendu ces affaires.