Une amende de 500 dollars pour le bois de chauffage imposée par le Conseil du district rural d’Umguza (URDC) s’est retournée contre lui après qu’un tribunal de Bulawayo a ordonné aux autorités locales de restituer un véhicule qu’elles avaient saisi auprès d’une organisation religieuse interconfessionnelle.
Les églises de Bulawayo se sont retrouvées sans Mazda B2500 pendant plus de deux mois après que les responsables du conseil l’ont saisie du trésorier de l’organisation, Fidel Dube, l’accusant de transporter du bois de chauffage sans permis.
Mais la tentative du conseil de faire appliquer l’amende a subi un revers majeur lorsque la magistrate provinciale de Bulawayo, Beverley Madzikatire, a ordonné la libération du véhicule le 12 août.
La saga a commencé le 6 juin lorsque des responsables du conseil se présentant comme des rangers ont arrêté Dube le long de la route Nkayi-Bulawayo alors qu’il voyageait avec sa famille depuis leur ferme du district de Bubi.
Ils l’accusaient de transporter illégalement du bois de chauffage.
Dube a déclaré aux autorités que le bois avait été coupé dans sa ferme familiale et qu’il était transporté chez eux à Trenance, Bulawayo, pour un usage domestique.
L’explication ne l’a pas sauvé.
On lui a ordonné de conduire le véhicule jusqu’aux bureaux de l’URDC à Reigate, où on lui a dit de le fermer à clé et on lui a remis une amende de 500 dollars américains.

Le conseil a cité l’article 8(e) de ses règlements sur les terres communales et de réinstallation (utilisation des terres et conservation), instrument statutaire 179 de 1996.
Dubé est revenu à plusieurs reprises au conseil pour réclamer son véhicule, mais ses efforts n’ont pas donné de résultats.
Il a également écrit plusieurs lettres au directeur général du conseil, insistant sur le fait que la saisie était illégale.
Selon Zimbabwe Lawyers for Human Rights (ZLHR), le conseil a rejeté sa plainte dans une réponse laconique en deux phrases, déclarant que la saisie était légale.
Cela a contraint les églises de Bulawayo à recourir à une intervention juridique.
Le 15 juillet, les avocats du ZLHR, Prisca Dube et Sipho Moyo, ont demandé au conseil la libération immédiate du véhicule dans un délai de 48 heures.
Ils ont fait valoir que le conseil avait dépassé les limites, soulignant que le règlement invoqué par l’URDC régissait la collecte et l’enlèvement du bois de chauffage des terres communales et de réinstallation relevant de sa compétence.
Le bois de chauffage en question, ont-ils déclaré, avait été collecté dans une ferme du district de Bubi, en dehors de la juridiction de l’URDC.
Les avocats ont également contesté le fondement de l’amende de 500 dollars américains, arguant que les réglementations forestières (contrôle du bois de chauffage, du bois d’œuvre et des produits forestiers) de 2012 ne faisaient pas du transport de bois de chauffage pour usage domestique une infraction dans les circonstances du cas de Dube.
Ils ont déclaré que la réglementation criminalisait uniquement le transport de plus de 0,5 mètre cube de bois de chauffage en un seul envoi sans permis.
Le chargement transporté par Dube ne dépassait pas ce seuil, ont-ils soutenu.
« La confiscation continue du véhicule dans des circonstances illégales constitue une violation du droit constitutionnel à la propriété des églises de Bulawayo », ont déclaré les avocats.
Ils ont en outre fait valoir que les responsables de l’URDC n’avaient pas réussi à prouver que le bois de chauffage dépassait le seuil légal, bien que Dubé ait exigé des preuves pour justifier la saisie.
Les avocats ont porté la bataille devant les tribunaux le 24 juillet pour obtenir une ordonnance obligeant l’URDC à restituer le véhicule.
Ils ont fait valoir que le conseil n’avait aucune base légale pour continuer à détenir les biens de l’organisation, qui étaient utilisés dans le cadre de ses activités.
Ils ont également déclaré au tribunal que le bois de chauffage était destiné à un usage domestique en raison du « coût et du manque de fiabilité de l’approvisionnement en électricité ».
Le magistrat Madzikatire a ensuite ordonné à l’URDC de restituer le véhicule le 12 août, mettant ainsi un terme à la saga du conseil visant à faire appliquer le bois de chauffage à 500 dollars américains.







