Histoire de : Felix Ernest Odamtten / Faisal Mustapha Muhammad
Alors que le Ghana continue de faire face à des inondations dévastatrices qui coûtent des vies, détruisent des entreprises et déplacent des familles presque à chaque saison des pluies, une attention renouvelée est portée aux politiques d’urbanisme et de développement du logement du pays. Pour M. Kofi Anokye, directeur général de Koans Estate, la crise des inondations n’est pas simplement une conséquence de fortes précipitations mais le résultat d’années de mauvaise planification, de mauvaise application et de développement non durable.
Dans une interview exclusive avec Felix Ernest Odamtten / Faisal Mustapha Muhammad, M. Anokye a affirmé que les inondations récurrentes sont devenues l’une des plus grandes menaces pour la croissance urbaine du Ghana, avertissant qu’à moins que des mesures décisives ne soient prises, les coûts économiques et sociaux continueront d’augmenter d’année en année.
Selon lui, l’insuffisance des infrastructures de drainage reste l’une des principales causes des inondations dans tout le pays. Il a noté que les canalisations sont souvent mal conçues, mal entretenues ou incapables de recevoir le volume croissant d’eaux pluviales généré par l’expansion urbaine rapide.
Il a en outre identifié l’élimination aveugle des déchets dans les canaux de drainage, les activités de construction incontrôlées, l’empiétement sur les voies navigables et la faible application des réglementations d’urbanisme comme principaux contributeurs aux inondations persistantes qui affectent de nombreuses communautés.
« Les inondations que nous connaissons aujourd’hui sont en grande partie évitables », a déclaré M. Anokye. « Lorsque les villes se développent sans planification appropriée et sans responsabilité environnementale, la nature finit par réagir. Les inondations sont le prix que la société paie pour ignorer les principes de développement sains. »
Le directeur général a expliqué que le secteur immobilier a considérablement souffert des inondations récurrentes. Les propriétés résidentielles sont endommagées, les routes et les infrastructures essentielles se détériorent rapidement et les investisseurs sont de plus en plus réticents à engager des ressources dans des communautés perçues comme des zones à haut risque.
Il a ajouté que les propriétaires supportent également d’énormes charges financières en raison de réparations coûteuses, de coûts d’entretien croissants, de la baisse de la valeur des propriétés et de la détresse émotionnelle associée aux inondations catastrophiques répétées.
M. Anokye estime que les promoteurs immobiliers ont une responsabilité essentielle pour inverser cette tendance. Les promoteurs, a-t-il souligné, doivent aller au-delà de la construction de maisons en intégrant des systèmes de drainage résilients, en préservant les cours d’eau naturels et en se conformant pleinement aux réglementations d’urbanisme à chaque étape du développement.
Tout en reconnaissant que le Ghana possède des réglementations raisonnables en matière de construction, il a soutenu que le plus grand défi réside dans leur application. Il a appelé à un contrôle institutionnel plus fort, à une plus grande responsabilité et à un respect sans compromis pour garantir que les lois existantes atteignent leur objectif.
« Les réglementations sans application ne peuvent pas protéger des vies », a-t-il souligné. « Chaque développement approuvé doit respecter des normes environnementales, car un projet mal planifié peut exposer une communauté entière à un désastre. »
Parlant des infrastructures, M. Anokye a décrit les systèmes de drainage efficaces comme des éléments indispensables de tout développement résidentiel. Un drainage adéquat, a-t-il noté, préserve les vies humaines, protège les investissements précieux et améliore la durabilité à long terme des communautés résidentielles.
Il a exhorté le gouvernement à intensifier immédiatement les exercices de désensablement à l’échelle nationale, à moderniser les réseaux de drainage, à supprimer les structures illégales obstruant les voies navigables, à appliquer de manière cohérente les lois sur l’aménagement du territoire et à renforcer l’éducation en matière d’assainissement de l’environnement parmi les citoyens.
Concernant la construction dans les voies navigables et les zones sujettes aux inondations, M. Anokye a exprimé une position sans compromis. Il a fait valoir que de tels développements devraient être totalement interdits car aucun gain économique ne peut justifier d’exposer des vies et des infrastructures publiques à un danger évitable.
Conscient de l’ampleur des investissements requis, il a préconisé des partenariats public-privé plus solides, capables de mobiliser des financements, une expertise en ingénierie, des technologies innovantes et des stratégies de maintenance à long terme pour les systèmes de drainage urbains modernes à travers le Ghana.
Pour les acheteurs potentiels, M. Anokye a conseillé de faire preuve de diligence raisonnable avant d’acheter une propriété. Il a encouragé les acheteurs à vérifier les documents de propriété foncière, à enquêter sur l’historique des inondations des emplacements potentiels, à évaluer les infrastructures de drainage et à travailler uniquement avec des promoteurs réputés engagés dans une planification responsable.
Pour l’avenir, il a appelé à une planification urbaine globale soutenue par des investissements soutenus dans des infrastructures résilientes, la conservation de l’environnement, une gestion efficace de l’utilisation des terres et des campagnes continues de sensibilisation du public qui encouragent des pratiques environnementales responsables.
« Nos villes doivent être conçues non seulement pour la population d’aujourd’hui mais aussi pour les générations futures », a conclu M. Anokye. « La résilience aux inondations est un investissement dans le développement national, la stabilité économique et la protection de la vie humaine. »
Alors que le changement climatique continue d’intensifier les phénomènes météorologiques extrêmes dans le monde entier, le message de M. Kofi Anokye résonne bien au-delà du secteur immobilier ghanéen. Son appel souligne un consensus croissant parmi les experts du développement selon lequel une planification durable, une construction responsable, une gouvernance efficace et une action publique collective sont indispensables si le Ghana veut construire des villes plus sûres et plus résilientes, capables de résister aux défis environnementaux du futur.






