Par Obiaruko Christie Ndukwe
Les principales préoccupations des Nigérians à l’heure actuelle sont la sécurité et la nourriture. Il est essentiel d’éviter toute action susceptible d’aggraver davantage le climat déjà tendu et de nuire à la population pauvre et vulnérable d’Abuja. Malheureusement, de nombreuses communautés déplacées provenant d’États ravagés par le banditisme sont relocalisées à Abuja sans abri ni nourriture suffisants. Ces individus se rassemblent souvent près des carrefours routiers, cherchant l’aumône, puis se retirent dans des abris de fortune. Tragiquement, les jeunes filles et même les femmes mariées sont exposées à des criminels qui les exploitent comme esclaves sexuelles en échange de produits de première nécessité comme de la nourriture, un abri et des vêtements.
Par ailleurs, il existe une présence importante de motards, communément appelés « Okada », à Abuja. Beaucoup d’entre eux ont été victimes de banditisme, d’enlèvements ou ont réussi à échapper à Boko Haram. Ils utilisent des motos pour fournir des services de transport aux résidents des banlieues où l’infrastructure routière adéquate fait défaut.
Le nombre de personnes utilisant quotidiennement des motos, comme Okada, dépasse le nombre de propriétaires de voitures. De plus, en raison de la hausse des prix du carburant, de plus en plus de propriétaires de voitures optent pour les transports publics, notamment Okada et Keke.
Le défi immédiat auquel sont confrontés les résidents du Territoire de la capitale fédérale (FCT) n’est pas la distorsion du plan directeur d’Abuja mais plutôt le manque d’infrastructures essentielles, telles que l’accès à l’eau potable, à l’électricité et à des routes bien entretenues. Ces questions devraient être la priorité absolue du nouveau ministre de la FCT.
La paix à Abuja est fragile, notamment en raison de sa proximité avec l’État du Niger, aux prises avec la menace des terroristes et des bandits. Récemment, un train reliant Abuja à Kaduna, un État voisin, a été brutalement attaqué, entraînant plusieurs mois d’enlèvements et de morts. Il y a également eu des incidents au cours desquels des prisons ont été attaquées, entraînant l’évasion de nombreux membres dangereux de Boko Haram qui sont toujours en liberté. Les zones locales telles que Kuje, Gwagwalada, Kubwa, Karu, Nyanya et Wuse 11 ont toutes connu leur lot d’attaques meurtrières.
Alors que nous prévoyons des améliorations dans les domaines des réseaux routiers, de l’approvisionnement en électricité, des logements abordables et de l’accès à l’eau potable, il est crucial que le ministre donne la priorité aux problèmes majeurs plutôt qu’aux problèmes mineurs. Il est inacceptable qu’un individu, comme Wike, serve de bouc émissaire et démolisse des maisons appartenant à des membres présumés d’un parti d’opposition ou des entreprises de pauvres.
Les contributions apportées par ces commerçants, artisans et cavaliers pauvres d’Abuja sont inestimables, et des solutions alternatives doivent être proposées avant de prendre des mesures drastiques.
Conformément aux enseignements de la Bible, il est évident qu’il y aura toujours parmi nous des individus pauvres. Il est donc de notre responsabilité de veiller à ce que leurs droits et leurs moyens de subsistance soient protégés dans le cadre de nos efforts en faveur du progrès et du développement.
Que les pauvres aussi respirent !
#faits marquants @tout le monde
Écrit par Obiaruko Christie Ndukwe, commentatrice sociopolitique, analyste et chroniqueuse






