

Nama Nekemto
Yonas Biru (PhD) a écrit une série complète d’articles analytiques sur Oromummaa et le système Gadaa, qui ont notamment réussi à apporter un éclairage critique sur les théories fondamentales et sur les principaux architectes qui les sous-tendent.
Même si je dois admettre avoir initialement émis d’importantes réserves et exprimé un scepticisme considérable quant à certaines des perspectives avancées dans sa toute première publication, je me suis trouvé de plus en plus convaincu par la rigueur intellectuelle et la clarté de ses contributions ultérieures.
En effet, ses élucidations constructives continues, en particulier celles explorant la trajectoire historique et les interprétations actuelles d’Oromummaa, ainsi que ses examens perspicaces du système Gada, se sont révélées exceptionnellement approfondies et entièrement satisfaisantes, enrichissant considérablement notre compréhension.
C’est avec un profond sentiment d’appréciation intellectuelle que je réfléchis au travail méticuleux référencé de Yonas Biru dans ses articles consécutifs.
Informations complémentaires sur l’œuvre littéraire de Tesfaye Gebreab :
Le dernier article de Yonas Biru fait référence à l’œuvre littéraire de fiction acclamée de Tesfaye Gebreab, « Yebulqa Zemeta ». Ce livre fictif est défendu par de nombreux militants oromo comme une preuve irréfutable des atrocités brutales présumées de l’empereur Ménélik II contre le peuple oromo.
Contrairement à ce fait, Tesfaye Gebreab lui-même, peu avant sa mort, a rejeté cette affirmation comme étant sans fondement. Il est désormais clair que cette prétendue fabrication aurait été conçue comme un instrument stratégique visant à prolonger l’emprise du régime sur le pouvoir, à travers une politique de division « diviser pour régner ».
Dans une interview importante menée peu de temps avant son décès, Tesfaye Gebreab aurait révélé que l’œuvre littéraire qui lui était attribuée était, en fait, une création délibérée orchestrée par « certains dirigeants de Weyane » – faisant référence au régime alors au pouvoir, dominé par le TPLF.
L’intention première derrière cette manœuvre était, selon les révélations de Gebreab, d’entretenir et d’exacerber systématiquement la discorde entre les deux plus grandes communautés ethniques d’Éthiopie, les Amharas et les Oromos, afin de créer des contradictions profondes, qui empêcheraient une opposition unifiée et solidifieraient le contrôle du régime en dressant ces groupes les uns contre les autres.
On affirme en outre que certaines factions au sein de l’élite intellectuelle et politique oromo, certaines peut-être naïvement, se sont laissées prendre au piège de ce plan calculé.
La construction de la « Statue d’Anole » est présentée comme le résultat tangible de cette prétendue manipulation, symbolisant un récit intégré dans ce cadre historique fictif construit, servant apparemment à renforcer une identité de groupe particulière ou une interprétation historique.
Le régime d’Abiy Ahmed et le niveau le plus bas et le pire d’Oromummaa :
Il existe une tendance perceptible dans certains cercles intellectuels et politiques oromo concernant la présentation des récits historiques et leur importance culturelle. Ces récits semblent parfois caractérisés par un embellissement important ou un détachement du contexte historique vérifiable.
Une illustration frappante de ce phénomène peut être trouvée dans les remarques faites par les récents récits du Premier ministre Abiy Ahmed concernant l’importance historique des « grottes de Sof Omar ».
Plus précisément, il a articulé un récit, semblable à un conte de fées, suggérant que ces grottes n’étaient pas une création naturelle mais construites par les ancêtres Baale Oromo, qui étaient autrefois des centres de civilisation supérieure et des centres d’apprentissage avancé, il y a des milliers d’années, où les enseignements étaient dispensés dans une gamme étonnante de langues.
Il a explicitement déclaré que plus de cinquante langues modernes du monde étaient utilisées à cette époque, mentionnant l’anglais, le français, l’espagnol et le mandarin, etc. comme étant utilisés dans les enseignements de la grotte. Ces déclarations ont été enregistrées et prononcées publiquement en présence de la délégation ministérielle qui l’accompagnait à l’intérieur des « grottes de Sof Omar ».
Il est prévisible que de nombreuses personnes qui ont écouté sa conférence fictive à cette époque auraient pu par conséquent soulever des questions dans leurs pensées sur la base factuelle de ses déclarations historiques et sur les normes d’exactitude historique maintenues au sein des dirigeants politiques de haut niveau d’Oromummaa.
Rôle d’Oromummaa dans l’assujettissement et la souffrance d’autres groupes ethniques :
Depuis la consolidation du pouvoir il y a environ sept ans par ce que beaucoup identifient comme un establishment politique dominé par les Oromummaa, de nombreux rapports font état de profondes injustices contre d’autres groupes ethniques en Éthiopie. Les actions visant divers groupes ethniques ont créé de profondes fissures au sein du pays, avec de nombreuses conséquences inquiétantes.
Un bon exemple de cela est celui des atrocités de vengeance concoctées par Orumummaa qui ont été perpétrées contre le peuple Amhara à Oromiya au cours des sept dernières années et dans leur propre région d’Amhara au cours des trois dernières années.
Au cours de ces trois dernières années, Abiy Ahmed commet quotidiennement des atrocités sauvages contre le peuple Amhara telles que : mutilations mammaires, assassinats sommaires de civils innocents, attaques de drones sur les marchés, destructions à l’arme lourde de villages et d’infrastructures de développement, restrictions de la libre circulation, enlèvements et confiscation de propriétés, etc.
Ces atrocités perpétrées semblent être un effort systématique visant à promouvoir un récit historique spécifique autour d’Oromummaa et de Gadaa, qui, selon les critiques, constitue une interprétation sélective et potentiellement fabriquée du passé.
Ce faux récit, comme le soutiennent mes universitaires, est diffusé pour cultiver la division et le ressentiment entre les groupes ethniques, favorisant ainsi un environnement où la haine et les représailles sont de plus en plus répandues.
Note de l’éditeur : les opinions exprimées dans l’article ne reflètent pas nécessairement celles de Togolais.info.
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