La guerre de l’Éthiopie contre l’Amhara s’aggrave avec des atrocités choquantes

Maria

Note de l’éditeur : les opinions exprimées dans l’article ne reflètent pas nécessairement celles de Togolais.info.

Fanit Balem Wasihun _ Politique éthiopienne Fanit Balem Wasihun _ Politique éthiopienne

Makonnen G

La guerre civile en Éthiopie entre dans une phase plus sombre et plus brutale. Depuis plus de deux ans, les forces du Premier ministre Abiy Ahmed mènent une guerre totale contre le peuple Amhara. Des drones, des chars et des avions à réaction ont été retournés contre les villes et les villages. Des milliers de personnes sont mortes. Des millions de personnes sont déplacées. Mais la cruauté de cette guerre a atteint un niveau encore plus bas cette semaine.

Selon des sources de la résistance, un combattant Amhara de 19 ans nommé Balem Wasse a été capturé vivant après avoir été blessé au combat. Selon des témoins, ce qui a suivi n’était pas le traitement d’un prisonnier de guerre, mais une torture délibérée et sadique.

Balem Wasse avait un tatouage bleu sur la peau qui disait « Amhara », une fière marque d’identité personnelle. Les soldats qui détestaient les Amharas s’en sont pris à ce symbole de fierté, coupant et enlevant la partie de peau où était placé le tatouage – et bien plus encore. Ils lui ont arraché une grande partie de la peau alors qu’elle était encore en vie, lui ont mutilé la poitrine et l’ont laissée sans aide médicale. Elle serait morte sous cette brutalité. Des soldats ont ensuite été vus dansant sur son corps – une célébration de la cruauté qui a secoué les Éthiopiens bien au-delà des lignes de front.

Balem Wasse est né dans le village de Mankussa, à l’ouest du Gojam. Avant la guerre, c’était une étudiante brillante et pleine d’espoir qui rêvait d’entrer à l’université. Mais tout a changé avec l’intensification de la campagne d’Abiy Ahmed contre les Amhara. Elle a entendu parler de milliers de personnes massacrées dans la région de Wolega, à Oromo. Elle a vu des millions de personnes déplacées de la région d’Oromo et d’Addis-Abeba. Elle a vu des centaines de personnes perdre leur emploi et perdre leur petite entreprise. Elle a vécu l’humiliation quotidienne d’être Amhara dans son propre pays. Les Amharas ont été rassemblés et détenus dans des camps de concentration crasseux, empêchés d’entrer librement dans la capitale.

Puis vint la décision imprudente du régime de désarmer le peuple Amhara – une décision que beaucoup considérèrent comme la dernière étape d’une stratégie visant non pas à asservir mais à éradiquer. Les combattants de Fano pensent que cela faisait partie d’un plan visant à éliminer le peuple Amhara, faisant écho à ce que beaucoup considèrent comme une tentative historique d’anéantissement ethnique. Face à cette réalité, Balem Wasse a choisi de résister. Elle a rejoint le mouvement Fano pour défendre son peuple en période de tribulation. Elle s’est battue avec courage contre une armée bien mieux armée et brutale jusqu’à ce qu’elle soit à court de munitions.

Selon les critiques, les forces d’Abiy Ahmed sont moins entraînées aux tactiques militaires professionnelles qu’à la manière de répandre la terreur. Contrairement aux Fano, qui affirment respecter les règles internationales de la guerre, l’armée gouvernementale dirigée par les Oromo soumettrait les combattants capturés à un traitement déshumanisant. Ils leur donnent des noms ethniquement dégradants, les privent de nourriture et de médicaments et les soumettent à une torture systématique jusqu’à ce que de nombreux prisonniers meurent en détention.

L’histoire de Balem Wasse n’est pas seulement celle d’une seule fille. C’est le miroir de la guerre elle-même : une guerre où la jeunesse est écrasée, où la haine est transformée en arme et où le monde détourne le regard. Cette guerre n’est pas nouvelle. Depuis 2022, le gouvernement d’Abiy Ahmed a intensifié sa campagne militaire dans la région d’Amhara, la présentant comme une opération de sécurité contre les insurgés. En réalité, des communautés entières ont été attaquées. Les civils sont bombardés depuis les airs. Les villages sont pillés. Des hommes, des femmes et des enfants sont détenus, torturés et tués. La résistance – souvent appelée Fano – continue de se battre malgré une pression militaire écrasante. Ils n’ont ni chars, ni force aérienne, ni drones. Pourtant, ils ne se sont pas rendus. Pour eux, cette guerre est une question de survie.

La mort de Balem Wasse est devenue un symbole. Son nom est prononcé dans toutes les communautés, murmuré avec tristesse et crié avec colère. Elle avait 19 ans. Sa mort révèle le genre de guerre dans laquelle l’Éthiopie est piégée – une guerre sans pitié.

Les organisations de défense des droits humains et les acteurs internationaux doivent enquêter de toute urgence sur cette affaire et sur le schéma plus large des atrocités commises à Amhara. Le silence est complicité.

Note de l’éditeur : les opinions exprimées dans l’article ne reflètent pas nécessairement celles de Togolais.info.

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