

Par Bilelegne Gashaw Mengistu
Sous le régime de la « prospérité » d’Abiy Ahmed, personne n’est épargné par l’oppression et l’injustice. Les Éthiopiens se soulèvent et réclament le changement, passant des luttes armées aux mouvements civiques. Pourtant, un groupe se démarque par son silence : nous, la population d’Addis-Abeba. Nous sommes confrontés à des souffrances sans précédent, avec une augmentation des expulsions forcées, des déplacements et des violations des droits humains. Les actions du gouvernement ont conduit à une crise humanitaire, dans laquelle beaucoup d’entre nous luttent pour survivre. Notre silence est surprenant, surtout compte tenu du rôle unique de notre ville dans l’élaboration de l’avenir du pays. Cependant, le mépris du gouvernement actuel à notre égard a des conséquences désastreuses. Sans une voix forte et unie, nous risquons de perdre nos droits et même notre ville. Les actions du gouvernement continueront de porter atteinte à l’identité, à l’histoire et à la population de notre ville. Il est temps pour nous de nous lever et de revendiquer nos droits. Une lutte pacifique, menée par nous, est le meilleur moyen de parvenir à un changement. Cette lutte doit être guidée par les principes de non-violence, d’unité et de détermination. Pour y parvenir, nous devons nous rassembler et revendiquer nos droits. Nous devons bâtir un mouvement fort et uni, capable de contester les actions du gouvernement et de promouvoir le changement.
Mais pourquoi sommes-nous, et en particulier nos jeunes, restés silencieux face à une telle oppression ? Quelles sont les raisons sous-jacentes de notre silence ? Est-ce dû à un manque de connaissance de nos droits, ou est-ce le résultat de la peur et de l’intimidation ? La réponse réside dans l’histoire de notre ville. La Terreur rouge de 1977-78, qui a coûté la vie à des dizaines de milliers d’entre nous, et les élections nationales contestées de 2005, qui ont entraîné la mort de plus de 300 d’entre nous, sont de cruels rappels de la répression brutale à laquelle nous avons été confrontés. Ces événements ont laissé un impact durable sur notre psychisme collectif, nous faisant hésiter à prendre des risques ou à remettre en question le statu quo. Comme le dit un proverbe populaire amharique, « ፖለቲካ እና ኮረንቲን በሩቁ » ou « garder la politique et l’électricité à distance ». Ce traumatisme historique contribue à notre silence actuel, et il est essentiel pour nous de reconnaître cette complexité afin de développer une stratégie efficace pour nous mobiliser.
En conclusion, pour préparer une lutte non-violente organisée, il est essentiel pour nous d’engager un dialogue entre nous, les intellectuels et les dirigeants communautaires. En nous engageant dans des discussions ouvertes et honnêtes, nous pouvons identifier les causes profondes de notre silence et travailler ensemble pour trouver des solutions. Ce dialogue devrait se concentrer sur l’élaboration d’une stratégie qui tienne compte de nos besoins et défis uniques, jetant ainsi les bases d’un avenir plus juste et plus équitable pour nous-mêmes. Il est essentiel que ce dialogue exploite la puissance des médias sociaux et d’autres outils d’engagement modernes, nous permettant de nous connecter, de partager nos expériences et de nous mobiliser de manière participative, accessible et durable. En tirant parti de ces plateformes, nous pouvons garantir que nos revendications collectives en matière de justice et d’égalité soient amplifiées.
Note de l’éditeur : les opinions exprimées dans l’article ne reflètent pas nécessairement celles de Togolais.info.
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