Note de l’éditeur : les opinions exprimées dans l’article ne reflètent pas nécessairement celles de Togolais.info.


Ghirmaï Zemichael
« On ne peut jamais faire deux fois la même erreur car la deuxième fois, ce n’est pas une erreur, c’est un choix » dit le dicton.
La population du Tigré a été la cible des violations humanitaires flagrantes du TPLF pendant plus de trois décennies, ainsi que de sa politique foncière et socio-économique qui engendre la pauvreté.
Ainsi, lorsque le TPLF est arrivé au bout du rouleau sur la scène fédérale, de nombreux Tigréens ont commencé à espérer que le parti qui a dépassé la durée de son accueil se retirerait pour de bon. Et l’accueil chaleureux qui vous a été réservé lors de votre première visite à Mekelle en tant que Premier ministre élu en est la preuve.
Cependant, il convient de le rappeler, les dirigeants du TPLF – qui ne peuvent jamais vivre sans pouvoir et sans prestige – ont utilisé tout leur arsenal tactique pour maintenir le cap et s’accrocher au pouvoir : fuite vers le Tigré ; diffuser une propagande victimaire ; construire une armée régionale et des barricades ; préparer la guerre et, enfin, attaquer les bases des forces de défense nationale éthiopiennes au Tigré.
À cette fin, au lieu d’explorer des stratégies possibles et de prendre tout le temps nécessaire pour traquer les dirigeants politiques et militaires impliqués, votre gouvernement s’est lancé dans une solution apparemment rapide de punition collective en collaborant avec l’ennemi juré du Tigré, Shabia. Et cela a conduit à des atrocités des pires espèces, notamment des massacres, des viols, des déplacements, l’utilisation de la faim comme arme de guerre, des maladies dues à la perturbation des services de santé, des dommages économiques, la destruction de lignes électriques et d’infrastructures, etc. En conséquence, de nombreux Tigréens – y compris les critiques et opposants les plus fermes du TPLF – ont été contraints de lever les armes sous la direction du parti qu’ils méprisaient.
Effectivement, cela a abouti à une guerre sanglante ; la perte de centaines de milliers de vies humaines des deux côtés ; crise économique et discorde nationale.
Malheureusement, près de trois ans après que l’on ait donné une chance à une paix relative, la vieille garde du TPLF – qui ne peut essentiellement pas vivre sans pouvoir et qui craint énormément de devoir rendre des comptes en temps de paix – s’est une fois de plus tournée vers le tambour de la guerre et se prépare à une autre guerre. Ce faisant, le TPLF a incontestablement démontré qu’il ne pouvait pas négocier de bonne foi et qu’il ne fallait donc jamais compter sur lui comme partenaire de paix.
Maintenant, la question est de savoir si votre gouvernement va prendre la même mesure, inefficace et désastreuse, de punition collective, ou a-t-il retenu la leçon en choisissant de manière sélective et précise les fauteurs de guerre pour les punir. Après tout, l’Éthiopie ne manque pas de technologie militaire permettant d’acquérir des cibles avec un minimum de dommages collatéraux. Si vous choisissez cette dernière solution, ce serait en effet un long rêve de justice devenu réalité et un nouveau départ pour de nombreux Tegaru, dont moi.
Note de l’éditeur : les opinions exprimées dans l’article ne reflètent pas nécessairement celles de Togolais.info.
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