À : COMITÉ EXÉCUTIF NATIONAL (CEN)*
*LA DISCIPLINE DOIT CONSTRUIRE L’UNITÉ, PAS METTRE EN DANGER LA VICTOIRE : UNE RÉFLEXION SUR LE LEADERSHIP, LE CONSTITUTIONNALISME ET L’AVENIR DU NPP*
*PAR : KWAME KYEI ADDO*
Ancien président de bureau de vote
Le Nouveau Parti Patriotique (NPP) s’est toujours distingué comme une tradition politique fondée sur le constitutionnalisme, la démocratie interne et l’État de droit. C’est un parti dont la force ne repose jamais uniquement sur les victoires électorales, mais sur les principes qui ont guidé sa gouvernance interne au fil des années. Chaque membre, quels que soient son rang, son influence ou sa popularité, est censé respecter la constitution du parti et se comporter de manière à protéger son image et à promouvoir son intérêt collectif.
Ce principe ne doit jamais être compromis.
Par conséquent, si un membre, y compris *L’hon. Kennedy Agyapong* a exprimé son mécontentement ou a réagi publiquement d’une manière qui jette le parti sous un jour défavorable, remet en question l’intégrité de sa direction ou porte atteinte à sa cohésion, le parti est constitutionnellement autorisé à inviter ce membre devant l’instance disciplinaire appropriée.
L’ordre constitutionnel ne peut exister si les individus sont considérés comme trop influents pour rendre compte de leurs actes.
Aucun parti politique ne peut survivre sans discipline.
Toutefois, autorité constitutionnelle et sagesse politique ne sont pas toujours synonymes.
Le leadership nécessite un équilibre entre deux responsabilités tout aussi importantes : faire respecter la discipline et préserver la capacité du parti à unir ses membres et à remporter les élections. Le défi pour toute organisation politique qui réussit est de s’assurer qu’un objectif ne compromet pas l’autre par inadvertance.
C’est là que le leadership stratégique devient indispensable.
La question dont est saisi le NPP ne devrait pas simplement être de savoir si l’hon. Kennedy Agyapong a enfreint la discipline du parti. La question stratégique la plus profonde est de savoir si la manière, le calendrier et les conséquences possibles des mesures disciplinaires ont été suffisamment évalués par rapport à l’objectif primordial du parti, à savoir reconstruire l’unité après la défaite électorale.
Toute organisation bien gérée procède à des évaluations des risques avant de mettre en œuvre des décisions susceptibles d’affecter ses opérations, sa réputation ou son succès futur. Les partis politiques ne devraient pas être différents.
L’évaluation des risques est un principe fondamental d’un bon leadership. Cela n’empêche pas de prendre des décisions difficiles ; cela permet plutôt aux dirigeants de comprendre les conséquences voulues et imprévues de ces décisions avant d’agir.
*L’hon. Kennedy Agyapong* n’est pas qu’un simple membre du NPP.
Que l’on soit d’accord ou non avec son style politique, rares sont ceux qui contestent qu’il exerce une influence considérable parmi les dirigeants des bureaux de vote, les militants de circonscription, les organisateurs de jeunesse, les partisans du monde des affaires et les simples citoyens à travers le pays. Sa performance lors des primaires présidentielles du parti a démontré qu’il représente un groupe important au sein du NPP et pas simplement une opinion individuelle.
Ignorer cette réalité politique constituerait en soi un mauvais jugement stratégique. Reconnaître une influence ne doit pas être confondu avec l’approbation d’une mauvaise conduite. Il faut plutôt que les dirigeants comprennent que toute décision disciplinaire majeure entraîne des conséquences politiques au-delà de l’individu concerné.
Les questions critiques deviennent donc :
Les mesures disciplinaires réduiront-elles les tensions internes ou les intensifieront-elles ?
Cela rétablira-t-il la confiance dans les institutions du parti ou approfondira-t-il les perceptions de factionnalisme ?
Cela renforcera-t-il la mobilisation populaire ou découragera-t-il les milliers de bénévoles qui s’identifient aux personnes touchées ?
Les électeurs flottants interpréteront-ils le processus comme une preuve de maturité institutionnelle ou comme la preuve d’un parti préoccupé par un conflit interne ?
Plus important encore, le résultat renforcera-t-il ou affaiblira-t-il la capacité du NPP à se présenter comme un gouvernement alternatif uni ?
*Ce ne sont pas des questions juridiques*.
*Ce sont des questions politiques*.
Et l’histoire nous rappelle constamment que la politique est façonnée autant par la perception que par la procédure.
Ce n’est pas un argument en faveur d’une justice sélective.
Bien au contraire.
La cohérence est essentielle.
Si les statuts du parti ont été violés, les procédures disciplinaires appropriées devraient s’appliquer de manière égale à tous, quels que soient la fonction, l’influence ou l’affiliation factionnelle. L’égalité de traitement renforce les institutions. L’inégalité de traitement les affaiblit.
En fait, la cohérence constitue peut-être la meilleure garantie contre les allégations de partialité ou de ciblage politique. Les membres sont plus susceptibles de respecter les décisions difficiles lorsqu’ils estiment que des normes similaires sont appliquées à tous.
Toutefois, la cohérence seule ne suffit pas.
Cela doit être accompagné de sagesse politique.
Les grands partis politiques comprennent que le respect de la Constitution ne garantit pas à lui seul le succès électoral. Gagner les élections nécessite certes de la discipline, mais cela nécessite également du pardon, de l’inclusion, une réconciliation stratégique et de l’intelligence émotionnelle.
Le leadership politique ne consiste pas simplement à administrer des règles.
C’est la gestion des personnes, des relations et des perceptions.
Aucun parti politique démocratique ne peut complètement éviter les désaccords.
En fait, les désaccords sont souvent une preuve de démocratie interne.
La véritable mesure du leadership ne réside pas dans la prévention des désaccords, mais dans leur résolution de manière à rendre l’institution plus forte qu’auparavant.
Alors que le NPP se prépare pour le prochain cycle électoral, la question centrale ne devrait peut-être pas être de savoir si le parti possède le pouvoir constitutionnel de discipliner les personnes influentes ou ses membres.
C’est incontestablement le cas.
La question la plus importante est de savoir si chaque décision disciplinaire fait avancer la mission plus large consistant à rétablir la confiance, à inspirer la base, à attirer des électeurs flottants et à positionner à nouveau le parti comme un gouvernement alternatif uni et crédible.
Le parti ne doit jamais sacrifier ses principes au profit de la popularité.
*De même, elle ne doit jamais négliger les conséquences politiques des décisions prises au nom de principes*.
Le leadership est la capacité de concilier les deux. Aucun membre ne devrait être au-dessus des statuts du parti.
De même, aucun processus disciplinaire ne doit perdre de vue l’environnement politique plus large dans lequel il opère.
Une discipline qui rétablit la confiance renforce le parti.
Une discipline qui approfondit la division affaiblit l’institution même qu’elle cherche à protéger.
Le NPP a bâti sa réputation sur le constitutionnalisme, la concurrence démocratique et le libre échange d’idées. Ces valeurs doivent rester sa plus grande force.
Si l’objectif ultime est de revenir au gouvernement, alors toute décision, qu’elle soit administrative, constitutionnelle ou disciplinaire, doit être soumise à une question simple mais profonde :
Cela rendra-t-il le Nouveau Parti Patriotique plus fort, plus uni et plus éligible ?
Si la réponse est oui, alors la décision sert à la fois le parti et la nation.
Si la réponse est non, alors même une décision constitutionnellement correcte mérite une réflexion approfondie.
N’oubliez pas que les dirigeants politiques qui réussissent le mieux ne sont pas ceux qui se contentent de faire respecter les règles. Ce sont ceux qui possèdent la sagesse nécessaire pour appliquer ces règles de manière à renforcer l’institution, à inspirer confiance à ses membres et à laisser le parti mieux placé pour gagner la confiance du peuple ghanéen.
Cordialement.
Kwame Kyei Addo
0546751008






