La Somalie accuse l’Ethiopie de « transport d’armes non autorisé »

Maria

La Somalie appelle les « partenaires régionaux et internationaux » à « renforcer l’effort collectif » dans la région

Conflit Somalie-Ethiopie Conflit Somalie-Ethiopie
Le ministre somalien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Ahmed Moalim Fiqi (Photo : PD)

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Toronto – Dans la dernière série d’accusations qui semblent motivées par l’incitation à un conflit actif, le gouvernement de Mogadiscio allègue que l’Éthiopie a effectué « une livraison illégale d’armes au Puntland ».

D’après les déclarations du gouvernement, la cargaison présumée aurait été acheminée par voie terrestre depuis la frontière éthiopienne vers la Somalie. Le gouvernement de Hassan Sheikh Mohammed dénonce une nouvelle fois une « violation de la souveraineté de la Somalie ».

Le communiqué de presse du 20 septembre condamne l’Éthiopie pour cette « action ». Il stipule : « Le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale de la République fédérale démocratique de Somalie condamne fermement l’envoi non autorisé d’armes et de munitions via le territoire éthiopien vers la région somalienne du Puntland. Cette action constitue une grave atteinte à la souveraineté de la Somalie et a de graves conséquences pour la sécurité nationale et régionale. »

La Somalie affirme avoir confirmé l’envoi de « munitions » à partir de « preuves documentées », mais elle n’a pas précisé quand ni comment ces « preuves » ont été documentées. La déclaration poursuit en « exigeant » la fin immédiate de ce qu’elle appelle les « transgressions de l’Éthiopie ».

La Somalie a également fait passer un message qui semble indiquer que ses alliés dans la région et au-delà se mobilisent. « Nous appelons nos partenaires régionaux et internationaux à dénoncer cette violation et à renforcer nos efforts collectifs pour maintenir la paix et la stabilité dans la région. »

En août 2024, la Somalie a signé un pacte de défense avec l’Égypte et le gouvernement de Mogadiscio a pris des dispositions pour le déploiement d’environ 10 000 soldats égyptiens, bien que cette décision ait rencontré une forte résistance dans différentes régions de la Somalie. La Somalie a également conclu un accord de défense avec l’Érythrée, qui a déjà formé des milliers de soldats somaliens au cours des dernières années et la formation s’est déroulée en Érythrée.

Au moment où nous écrivons ces lignes, l’Égypte et l’Érythrée n’ont pas répondu à l’appel de la Somalie à « dénoncer » l’« envoi d’armes au Puntland », qui n’a pas encore été vérifié par d’autres entités.

L’Éthiopie n’a pas répondu aux allégations de la Somalie au moment de la rédaction du présent rapport. Lors d’un point de presse hebdomadaire jeudi, le nouveau porte-parole du ministère éthiopien des Affaires étrangères, l’ambassadeur Nebiat Getachew, a réitéré l’engagement de l’Éthiopie en faveur de la paix et de la stabilité et ses priorités en matière de politique étrangère à l’égard des pays voisins. Il a toutefois fait remarquer que « l’Éthiopie n’observera pas passivement les tentatives visant à déstabiliser la région et à contrecarrer ses efforts de développement », comme le cite le communiqué du ministère des Affaires étrangères.

Les relations entre l’Éthiopie et la Somalie se sont détériorées après que l’Éthiopie a signé un protocole d’accord avec le Somaliland le 1er janvier 2024 et que la Somalie souhaite que l’Éthiopie le révoque. L’Éthiopie affirme avoir un intérêt légitime à garantir un accès fiable à la mer. Le Somaliland s’est séparé de la Somalie il y a plus de 33 ans, mais n’est toujours pas reconnu au niveau international. Le gouvernement éthiopien entretient des relations diplomatiques de niveau ambassade avec le Somaliland.

La Turquie, un pays qui n’est pas considéré comme neutre compte tenu de ses intérêts militaires et de sa présence en Somalie, a initié des négociations entre la Somalie et l’Éthiopie, mais les deux cycles de négociations à Ankara ont échoué.

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