Une violente attaque contre le cabinet d’avocats de Biti suite à sa résistance aux changements constitutionnels proposés laisse une personne hospitalisée

Maria

Une violente attaque contre le cabinet d'avocats de Biti suite à sa résistance aux changements constitutionnels proposés laisse une personne hospitalisée

Un groupe non identifié d’hommes agressifs et prétendument ivres, conduisant des véhicules banalisés, ont pris d’assaut le cabinet d’avocats de l’éminente figure de l’opposition et organisateur du Forum des défenseurs de la Constitution (CDF), Tendai Biti.

Les assaillants ont déclenché des violences contre les occupants, obligeant le chauffeur de Biti à être hospitalisé pour ses blessures subies lors de l’attaque.

L’incident survient alors que Biti et le CDF ont adopté une position d’opposition au controversé projet de loi d’amendement constitutionnel numéro 3, un texte législatif qui a déclenché un débat féroce à travers le pays.

Les détracteurs du projet de loi se retrouvent de plus en plus la cible d’intimidations et de violences, souvent attribuées aux militants affiliés au parti au pouvoir, le Zanu PF.

En effet, des groupes tels que la « Critique anti-présidentielle » et la « Mafia présidentielle » ont ouvertement déclaré leur hostilité envers des individus comme Biti et son collègue juriste, le professeur Lovemore Madhuku, pour leur défiance ouverte à l’égard du projet de loi. Il est inquiétant de constater que la police est restée largement silencieuse face à ces menaces manifestes.

Selon un communiqué publié par le CDF, les assaillants qui se sont rendus hier dans les bureaux de Biti ont explicitement juré de contrecarrer la mission du forum visant à contester le projet de loi d’amendement constitutionnel numéro 3.

« Plus tôt dans la journée, un groupe d’hommes non identifiés conduisant des véhicules Toyota Fortuner GD6 et Ford Ranger non immatriculés ont assiégé les bureaux de notre organisateur. Les hommes semblaient fortement ivres et extrêmement agressifs. Ils ont agressé le chauffeur de notre organisateur et les femmes qui l’accompagnaient, les battant avec des matraques tout en brandissant ce qui semblait être des fusils AK-47. Le conducteur a été blessé », a confirmé la CDF.

Le bureau des communications des CDF a en outre rapporté que les assaillants avaient proféré des menaces effrayantes contre Biti, déclarant explicitement leur intention de le tuer et d’infliger des dommages encore plus graves que ceux infligés récemment à Madhuku.

« Au cours de cette attaque, les assaillants ont déclaré haut et fort que le CDF ne se lancerait pas au Zimbabwe et ont menacé à plusieurs reprises de tuer l’honorable Tendai Biti. Ils ont en outre déclaré qu’ils avaient pleinement connaissance des activités du CDF et ont averti de manière effrayante qu’ils « feraient plus que ce qui a été fait au professeur Lovemore Madhuku » », précise le communiqué du CDF.

Curieusement, suite aux violentes perturbations survenues dans l’entreprise de Biti, les policiers se sont empressés de boucler la zone, invoquant la nécessité de « préserver la paix et l’ordre ».

Cependant, les déclarations officielles de la police ont depuis nié tout incident de violence, exhortant Biti à signaler l’affaire si une attaque avait réellement eu lieu.

Projet de loi d’amendement constitutionnel numéro 3, qui propose des changements radicaux à la charte de gouvernement du Zimbabwe. Parmi ses dispositions les plus controversées figure une proposition de prolongation de la durée du mandat présidentiel de cinq à sept ans.

Une autre modification importante vise à restreindre l’élection du chef de l’État au Parlement, supprimant ainsi le vote direct des citoyens pour leur président.

Les experts juridiques et les analystes politiques de tout le pays ont toujours soutenu que, conformément à l’article 328 de la Constitution du Zimbabwe, de tels changements fondamentaux nécessitent un référendum national pour permettre la participation du public. Cependant, le ministre de la Justice Ziyambi Ziyambi, promoteur du projet de loi, a rejeté ces arguments, affirmant que seule une majorité des deux tiers au Parlement est requise pour son adoption.

Cette voie législative est rendue d’autant plus préoccupante par le paysage politique actuel. Le Zanu-PF détient actuellement une majorité de plus des deux tiers au Parlement, une majorité obtenue à la suite des événements controversés de 2023, qui ont vu le détournement présumé du parti d’opposition Coalition citoyenne pour le changement (CCC) au lendemain des élections générales.

Ce dernier incident violent n’est pas un événement isolé pour Biti, qui a vivement critiqué le projet de loi. À plusieurs reprises, des véhicules de police ont été visiblement stationnés devant son cabinet d’avocats, apparemment sans aucun problème ni invitation préalable.