Plus de 400 000 Tchadiens rentrent du Soudan, l’OIM appelle à un soutien plus fort

Maria

Dans l'est du Tchad, au poste frontière d'Adré, le directeur adjoint de l'OIM, SungAh Lee, a rencontré certaines des familles qui ont fui le conflit au Soudan. Photo : OIM Tchad/2026.

Selon les données de la Matrice de suivi des déplacements (DTM) de l’OIM, plus de 400 000 ressortissants tchadiens sont désormais rentrés du Soudan trois ans après le début du conflit, un seuil atteint plus tôt que prévu, reflétant l’augmentation du coût humanitaire et ajoutant une immense pression sur des communautés déjà fragiles et des services limités dans l’Est du pays.

« Je me suis assise avec des femmes rapatriées qui ont marché pendant des semaines, portant parfois des enfants qui n’étaient pas les leurs, orphelins ou perdus en cours de route. Lorsqu’elles rentrent chez elles, nous ne pouvons pas leur permettre de rester invisibles », a déclaré SungAh Lee, directrice générale adjointe de l’OIM pour la gestion et la réforme lors de sa visite dans le pays. « Ces chiffres témoignent d’une réponse qui va au-delà de l’aide à court terme ; elle doit également donner la priorité à la protection, à la santé, à la dignité et au soutien à long terme des femmes, des enfants et des communautés qui les reçoivent. »

Beaucoup de ceux qui reviennent se sont installés dans des sites spontanés ou au sein de communautés d’accueil dans les provinces du Ouaddaï, de Wadi Fira, de Sila et de Sila, souvent avec des ressources très limitées et des besoins urgents en matière d’abris, d’eau, d’articles ménagers, de soins de santé et de protection. Le profil humain de la crise est particulièrement sombre. Selon les données de l’OIM, 58 pour cent des rapatriés sont des femmes et 69 pour cent sont des enfants.

L’Est du Tchad était déjà sous tension avant le début de la crise soudanaise. Aujourd’hui, l’ampleur des nouveaux arrivants a intensifié la pression sur l’eau, les abris, les soins de santé et d’autres services essentiels dans des provinces déjà confrontées à d’importants besoins humanitaires.

Les rapatriés font partie de ceux qui ont supporté le plus grand fardeau du conflit, et pourtant, leur sort reste le plus négligé malgré leurs vulnérabilités. Ils retournent dans des communautés qu’ils n’ont peut-être pas connues, sans terres, sans papiers ou sans réseaux familiaux.

Depuis le début de la crise, l’OIM a travaillé avec le gouvernement du Tchad, les autorités locales, les communautés et les partenaires pour soutenir à la fois les rapatriés et les communautés qui les accueillent. Ce soutien comprenait des abris, de l’eau, des installations sanitaires et de l’hygiène, des articles non alimentaires, une aide en espèces à usages multiples, des services de protection, ainsi qu’un soutien en matière de santé mentale et psychosocial.

Mais alors que la crise entre dans sa quatrième année, il devient impossible d’ignorer les limites d’une réponse d’urgence uniquement.

L’OIM appelle à un soutien plus important à la réponse aux rapatriés dans l’est du Tchad, y compris la poursuite de l’aide humanitaire ainsi que les investissements dans les moyens de subsistance, les infrastructures communautaires et le relèvement mené localement.

Les rapatriés représentant désormais près d’un tiers de toutes les arrivées du Soudan au Tchad, les besoins ne sont plus temporaires et la réponse ne peut pas rester strictement encadrée comme une aide d’urgence.