Didacus Malowa, journaliste à Togolais.info, apporte plus de trois ans d’expérience dans la couverture de la politique et de l’actualité au Kenya.
La tension et le chaos ont secoué le palais de justice de Narok après que les policiers ont tiré des coups de semonce et lancé des grenades lacrymogènes pour disperser des centaines de morans.
Ils se seraient rassemblés dans l’établissement protégé dans une tentative audacieuse de libérer par la force un suspect de meurtre de sa détention légale.
L’affrontement dramatique, qui a duré plus de 20 minutes, s’est déroulé à l’extérieur des locaux très fréquentés du tribunal, perturbant temporairement le fonctionnement du tribunal et envoyant les usagers du tribunal, les commerçants et les membres du public se précipiter pour se mettre en sécurité.
Au centre de l’impasse se trouvait David Matunke Ole Mayone, un homme d’affaires et ancien candidat parlementaire à Narok Sud, qui fait face à des allégations de meurtre liées à une confrontation mortelle à Majimoto.
Qu’est-ce qui a causé le chaos au palais de justice de Narok ?
Des témoins ont déclaré que plus de 400 morans et partisans s’étaient rassemblés autour des locaux du tribunal dès le petit matin, certains brandissant des pancartes exigeant la libération de Mayone.
Les agences de sécurité avaient anticipé d’éventuels troubles et déployé des agents lourdement armés dans et autour de l’enceinte du tribunal.
La situation s’est rapidement aggravée peu après le procès, lorsque Mayone était escorté par des agents de sécurité.
Selon les témoignages recueillis sur les lieux, une partie de ses partisans aurait tenté de s’avancer vers les agents qui gardaient le suspect, ce que les autorités considéraient comme une tentative pour l’évader.
La police a réagi en tirant des coups de feu en l’air et en déployant des gaz lacrymogènes pour repousser la foule. La foule aurait riposté en jetant des pierres dans l’enceinte du tribunal, transformant le complexe judiciaire en champ de bataille.
Les troubles ont semé la panique parmi la population, obligeant de nombreuses personnes à fuir alors que les agents anti-émeutes luttaient pour reprendre le contrôle de la situation.
Les agents de sécurité ont finalement réussi à repousser la foule et à sécuriser le suspect avant de le transférer sous haute sécurité.
Le calme est revenu en fin de journée suite au renforcement des opérations de police autour de l’enceinte du tribunal.
Quelles sont les poursuites judiciaires contre Mayone ?
Ces scènes dramatiques se sont produites alors que Mayone continuait de faire l’objet de poursuites judiciaires pour le meurtre présumé de Koinet Sankale lors d’un violent affrontement qui serait lié à un conflit foncier de longue date à Maji Moto, dans le sud de Narok.
Le suspect, qui s’est présenté au siège parlementaire de Narok Sud lors des élections générales de 2022 et est devenu deuxième finaliste, est également accusé d’avoir ouvert le feu sur des policiers lors de l’incident qui a conduit à son arrestation.
Avant que les violences n’éclatent, Mayone avait comparu devant le tribunal pour des procédures liées à sa détention et des enquêtes en cours.
Lors de sa comparution devant la magistrate principale Esther Mwikali Mutuku, l’équipe juridique de Mayone a demandé sa libération sous caution en attendant l’achèvement de l’enquête.
La défense a fait valoir que la caution était un droit constitutionnel et qu’il n’y avait aucune raison impérieuse de maintenir le suspect en détention.
Au lieu de cela, le magistrat Mutuku a ordonné que le suspect subisse une évaluation mentale et reste en détention dans l’attente de la suite de la procédure.
Elle a ordonné qu’il soit placé en détention provisoire jusqu’à jeudi prochain, date à laquelle l’affaire reviendra devant le tribunal.
C’est lors de la mise en œuvre des directives du tribunal, notamment des dispositions relatives à l’évaluation mentale à l’hôpital de référence de Narok, que les tensions à l’extérieur de l’enceinte du tribunal ont éclaté.
La police a déclaré qu’une enquête avait été ouverte sur cette tentative d’ingérence dans le processus judiciaire. Les autorités s’efforcent également d’identifier les individus ayant participé à la confrontation.






