L’or a complété sa septième progression mensuelle consécutive le vendredi 27 février 2026, avec des prix au comptant se maintenant stables entre 5 179 $ et 5 205 $ l’once alors que la dernière séance de négociation du mois touchait à sa fin, cimentant une série de gains qui s’étendent jusqu’au second semestre 2025.
L’or au comptant s’échangeait à 5 184,69 dollars l’once vendredi matin aux heures d’ouverture européennes, soit un niveau globalement inchangé par rapport à la clôture de jeudi. Les contrats à terme sur l’or aux États-Unis pour livraison en avril étaient légèrement plus fermes à 5 201,40 $. Le métal précieux a augmenté de plus de 6% rien qu’en février, se remettant de la forte correction à 4 401 dollars début février qui faisait suite à des données sur l’emploi aux États-Unis plus fortes que prévu. Le sommet historique de l’or, à 5 595 dollars, a été atteint le 29 janvier 2026.
Trois forces imbriquées soutiennent le prix de vendredi. Premièrement, les rendements réels du Trésor américain, qui mesurent les revenus d’intérêts après déduction de l’inflation, ont fortement chuté cette semaine, réduisant le coût d’opportunité de la détention de l’or par rapport aux actifs portant intérêt. Deuxièmement, l’incertitude en matière de politique commerciale reste élevée après la mise en œuvre par l’administration Trump d’un tarif mondial de 10 % plus tôt cette semaine, les acteurs du marché surveillant de près si le taux augmente encore dans le cadre d’un mécanisme à échelle mobile lié aux différents partenaires commerciaux. Troisièmement, le regain d’engagement diplomatique entre Washington et Téhéran, avec la reprise des négociations jeudi à Mascate, Oman, a produit des signaux mitigés : de hauts responsables ont décrit certains progrès mais ont reconnu que les participants ont quitté la session sans une avancée nette, laissant les primes de risque géopolitiques largement intactes.
Les marchés évaluent également les signaux contradictoires de la Réserve fédérale (Fed). Le président de la Fed de Chicago, Austan Goolsbee, a indiqué qu’une réduction des taux pourrait être justifiée si l’inflation continue de ralentir, tandis que le gouverneur Stephen Miran a exprimé son soutien à une réduction plus importante d’un point en 2026. Malgré ce commentaire, les contrats à terme sur les fonds fédéraux reflètent désormais des réductions de trois quarts de point intégrées pour l’ensemble de l’année, une voie plus agressive que celle signalée par les décideurs de la Fed en décembre 2025. La baisse des taux d’intérêt soutient largement l’or en réduisant l’avantage de rendement des actifs concurrents.
Pour l’avenir, l’analyse technique place la résistance de l’or à 5 208 $. Une cassure nette au-dessus de ce niveau ouvrirait la voie à 5 251 $ et potentiellement à 5 291 $, selon les analystes du marché. Le support est identifié à 5 133 $ l’once. Les prochains catalyseurs majeurs incluent l’indice des directeurs d’achat (PMI) du secteur manufacturier américain de février le 2 mars, le livre beige de la Réserve fédérale le 4 mars et les données mensuelles sur l’emploi le 6 mars.
Le prix soutenu de l’or a des implications significatives pour le Ghana, le plus grand producteur d’or d’Afrique. Au prix au comptant de vendredi, les revenus annualisés des exportations d’or du Ghana, avec des niveaux de production d’environ 4,2 millions d’onces en 2024, dépasseraient 21,7 milliards de dollars, soit près du double de la valeur générée lorsque l’or s’échangeait en dessous de 2 500 dollars l’once il y a dix-huit mois. Le gouvernement du Ghana négocie simultanément un nouveau régime de redevances à échelle mobile avec les sociétés minières, un accord qui, s’il est conclu, pourrait générer entre 800 millions et 1,2 milliard de dollars de revenus annuels supplémentaires aux niveaux de prix actuels.






