

Toronto – La tension entre l’Éthiopie et l’Érythrée montre un autre signe d’aggravation.
Quelques jours après que l’Éthiopie a déposé une plainte officielle auprès des Nations Unies, alléguant que l’Érythrée, en alliance avec le Front populaire de libération du Tigré (TPLF) – qui opère dans la région du Tigré, se préparait à la guerre, ce dernier a répondu.
C’est le ministre des Affaires étrangères, Geidion Timotheos, qui a été le premier à écrire la lettre au secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres. Le ministre affirme que l’alliance entre l’Érythrée et le TPLF est devenue plus évidente ces dernières semaines.
La lettre est arrivée une semaine après que les forces de défense éthiopiennes auraient subi une perte brutale lors d’une bataille contre les forces Fano dans le nord de Wollo, dans la région d’Amhara en Éthiopie. Au moins 470 soldats gouvernementaux auraient été tués.
Le gouvernement éthiopien a affirmé que l’Érythrée et le TPLF étaient impliqués dans la planification et l’exécution de l’opération Fano – ce que les forces Fano ont qualifié de « mensonge ».
Le rapport de l’AFP cite que le ministre des Affaires étrangères éthiopien a déclaré dans sa lettre que « la faction dure du TPLF et le gouvernement érythréen se préparent activement à mener une guerre contre l’Éthiopie ».
Le ministère a fait référence à « Tsimdo » – nom de l’alliance.
L’Érythrée et le TPLF ont répondu aux allégations quelques jours après la lettre de Gedion.
Il a déclaré que l’Éthiopie avait affirmé haut et fort au cours des deux dernières années qu’elle aurait accès à la mer si possible de manière pacifique ou si nécessaire par la force militaire. Le ministre érythréen a utilisé l’idiome amharique « Le fouet lui-même se fouette et crie ».
L’Érythrée accuse l’Éthiopie d’avoir des ambitions d’« expansion territoriale ».
L’Éthiopie a raconté que son accès à la mer avait été pris illégalement. Récemment, deux arguments récurrents ont été entendus dans le cadre du média public éthiopien. La première est que l’administration provisoire de Meles Zenawi n’avait pas de mandat constitutionnel pour céder le port d’Assab à l’Érythrée. L’autre est qu’Assab avait bel et bien un statut autonome, comme c’était le cas avec l’Érythrée et le Tigré, au moment du référendum érythréen.
La question de l’accès à la mer gagne en résonance auprès d’acteurs extérieurs au parti au pouvoir. Cette semaine, l’ancien chef d’état-major de la défense, Tsadkan Gebretensae, a déclaré publiquement lors d’un entretien avec NBE Ethiopie que l’administration de Meles Zenawi avait fait de l’augmentation de l’accès de l’Éthiopie à la mer un tabou, et que cela avait été supprimé. L’interview est devenue un sujet de discussion parmi les militants et les Éthiopiens politisés, notamment sur les plateformes de réseaux sociaux.
Outre l’Érythrée, le TPLF a répondu aux allégations de Geidon Timotheos. Il a déclaré que l’allégation était incorrecte et avait un « objectif politique ».
Le TPLF considère également ces allégations comme une diversion de la part du gouvernement éthiopien pour dissimuler qu’il viole l’accord de Pretoria qui a mis fin à deux années de guerre sanglante entre le TPLF et le gouvernement fédéral.
Dans le cadre d’une alliance changeante dans le cadre de l’accord post-Pretoria, l’Érythrée, un acteur régional qui a âprement combattu le TPLF lors de la guerre entre 2020 et 2022, s’est révélée être un allié du TPLF. La portée de l’alliance n’est pas encore claire. Dans ce qui semble être une tentative pour envoyer le message qu’il ne travaille pas actuellement avec l’Érythrée, le TPLF a lancé cette semaine un appel formel à l’Érythrée à « travailler ensemble » face à la guerre imminente dans la région.
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