Les médecins exigent la dignité, pas le visa

Maria

L’exode n’est pas le remède – la justice est

Par Sirak Zena

Note de l’auteur

La suggestion selon laquelle les médecins éthiopiens devraient «quitter le pays» plutôt que de s’organiser pour un changement systémique est troublant. Pour un boursier de la santé publique, plaider pour l’abandon professionnel dans une nation sous-développée confrontée à de graves inégalités de santé est contre-intuitive – cela abdit la responsabilité qui définit la santé publique.

La santé publique n’est pas un sport de spectateur. Il exige l’engagement actif, le plaidoyer politique et les solutions centrées sur la communauté, en particulier dans des contextes fragiles comme l’Éthiopie. Pour rejeter la lutte des médecins de première ligne pour la rémunération équitable comme «malavisée» mal le rôle fondamental des professionnels de la santé publique: se tenir avec les gens, défendre l’équité et les systèmes de défi qui perpétuent l’injustice.

Cette critique remet en question l’argument du Dr Shimels et réaffirme que les experts en santé publique sont appelés à ne pas se retirer face à la décroissance politique mais à plaider pour la dignité et le traitement équitable des professionnels de la santé et des communautés qu’ils servent.

1. Santé publique et responsabilité professionnelle: une prémisse erronée

Il est troublant qu’un professeur de santé publique classerait la demande des médecins éthiopiens de rémunération équitable comme «erronée». Les médecins ne sont pas engagés dans le théâtre politique; Ils font un appel de survie. Leur demande n’est pas pour l’extravagance, mais pour le strict minimum pour respecter leurs fonctions professionnelles et soutenir leurs familles.

Framer cela comme «non éclairé» reflète un détachement profond des réalités vécues des travailleurs de la santé. Les spécialistes de la santé publique devraient défendre ces demandes, et non les rejeter. Si les défenseurs de la santé publique ne plaident pas aux conditions qui permettent aux professionnels de la santé de fonctionner, qui assume cette responsabilité?

2. Accord sur les politiques de régime et recentrage sur les professionnels de la santé

L’analyse du Dr Shimels sur les politiques du régime est astucieuse et difficile à réfuter. La création délibérée de désespoir économique, en particulier ciblant les professionnels, est troublante en Éthiopie. Cependant, bien que cette évaluation politique soit exacte, elle ne devrait pas nous conduire à abandonner la lutte pour les droits des professionnels de la santé.

La décomposition politique de l’Éthiopie est indéniable. Cependant, insister sur le fait que les médecins résolvent cette crise politique avant de rechercher une justice fondamentale sur le lieu de travail est une confusion fausse et injuste. La lutte pour une rémunération équitable et de meilleures conditions de travail pour les médecins et les infirmières peuvent – et devraient – coexiste avec des efforts plus larges pour la réforme politique. Ce ne sont pas des efforts mutuellement exclusifs. Les professionnels de la santé ont une responsabilité unique envers leurs patients et communautés qui transcendent les conflits politiques. Leur plaidoyer pour les conditions améliorées est essentiel pour maintenir et améliorer l’infrastructure de santé du pays.

3. Ignorer l’urgence sectorielle des soins de santé

Bien que la crise économique de l’Éthiopie affecte toutes les professions, il est crucial de reconnaître que les soins de santé ne sont pas seulement un autre secteur mais un bien public essentiel. Les enseignants, les ingénieurs et les universitaires sont confrontés à des difficultés similaires, mais l’effondrement du secteur des soins de santé a des conséquences immédiates.

Rejetant la lutte des médecins sous l’argument général selon lequel «tous les secteurs souffrent» de diluer l’urgence et la gravité de leur situation. La réforme structurelle et la réactivité sectorielle ne s’excluent pas mutuellement. La politique de santé publique exige les deux.

4. L’impératif éthique: plaidoyer sur l’abdication

La proposition de «sécession professionnelle», telle que présentée par le Dr Shimels, est non seulement défaitiste, mais pose également un dilemme éthique profond avec des conséquences potentiellement dévastatrices. Bien qu’il soit compréhensible que les professionnels de la santé soient considérés comme une migration à la recherche de meilleures opportunités, le fait de former le départ de masse en tant que solution stratégique ou nationale est profondément troublant. Il reflète la reddition intellectuelle et une mauvaise lecture de l’éthique et de la responsabilité de la santé publique.

Le système de santé de l’Éthiopie est déjà tendu. Encourager ses ressources humaines les plus vitales – les femmes, les infirmières et les autres professionnels de la santé – pour abandonner leurs postes en masse équivaudrait à prescrire un remède plus mortel que la maladie. Qui s’occupera des plus vulnérables si les guérisseurs eux-mêmes sont partis? Une telle décision effondrerait davantage une infrastructure de santé déjà fragile, approfondirait les inégalités de santé publique et annule des décennies de formation médicale et de développement institutionnel.

De plus, l’impact à long terme d’une fuite des cerveaux du secteur de la santé pourrait laisser le pays mal équipé pour faire face à de futures crises. L’écart de connaissances, le vide de service et la décroissance institutionnelle qui ont suivi réduiraient les progrès de l’Éthiopie pendant les générations. Peu importe à quel point le pragmatisme n’est pas bien intentionné, la promotion de l’exode n’est pas le pragmatisme.

Les professionnels de la santé publique ont une obligation éthique unique: utiliser leur expertise non seulement pour les soins aux patients, mais aussi pour améliorer les systèmes et défendre le bien-être du collectif. Ce sont des constructeurs de ponts entre les réalités de première ligne et la réforme des politiques. Leur devoir n’est pas simplement de supporter l’injustice en silence, mais de le défier par le plaidoyer, l’organisation et l’engagement public.

Il est nécessaire de critiquer les politiques oppressives du régime, mais elle devrait alimenter, et non les demandes, les demandes de justice dans le secteur de la santé. Les professionnels de la santé affirment leur engagement moral et leur clarté politique en restant et en s’exprimant. Ils ne sont pas naïfs pour se décomposer mais résistent de l’intérieur.

Plutôt que d’approuver le silence par le départ, nous devons élever le plaidoyer organisé comme voie éthique et stratégique. L’Éthiopie a besoin de plus de voix comme les leurs, pas moins. La lutte pour la dignité des soins de santé est inséparable de la lutte plus large pour le renouvellement national.

Le défaitisme déguisé en logique

Le Dr Shimels soutient dans son article: «Même une augmentation de 100% – ce qui est peu probable – laisserait encore des professionnels dans une pauvreté abjecte.«Bien que la déclaration puisse refléter le réalisme économique, il incarne finalement un état d’esprit défaitiste qui sape la possibilité de progrès. Plutôt que de servir d’appel à l’action, il fonctionne comme une impasse rhétorique, ce qui suggère que puisque la route est raide, il est inutile de la promener.

Bien que masquée dans le réalisme, cette affirmation est finalement défaitiste et analytiquement superficielle. Il présente un scénario sinistre pour ne pas inspirer l’action mais pour rationaliser l’inaction. Le fait qu’une augmentation de salaire de 100% puisse toujours être en deçà de la restauration de la dignité professionnelle n’est pas une raison de rejeter la demande – c’est précisément pourquoi la demande est urgente. Les progrès ne sont pas réalisés par des ultimatums tout ou rien, mais par la justice incrémentielle. Adopter que les gains modestes n’ont pas de sens car ils sont insuffisants, c’est perpétuer la stagnation sous couvert de réalisme. Les professionnels éthiopiens ne demandent pas de miracles mais marchent vers une existence digne. Rejeter ces étapes car ce ne sont pas des sauts est une trahison de la logique et de la responsabilité.

L’exode n’est pas le remède – la justice est

Comme le suggère le Dr Shimels, la lutte des médecins éthiopiens pour la rémunération équitable n’est pas un plaidoyer erroné mais un impératif professionnel, éthique et humanitaire. Bien que son analyse du paysage politique soit incisive, sa solution proposée de «sécession professionnelle» est profondément imparfaite et potentiellement catastrophique pour le système de santé de l’Éthiopie.

L’appel à un exode massif de professionnels de la santé est en train de prescrire un remède beaucoup plus mortel que la maladie. Il révèle une mauvaise lecture des obligations éthiques des agents de santé et néglige les conséquences dévastatrices qu’un tel exode aurait sur le fragile système de santé publique du pays.

Oui, la désintégration politique en Éthiopie est réelle et préoccupante. Mais cela ne peut pas justifier l’abandon de millions de personnes qui comptent sur ces professionnels. Les patients ne peuvent pas fuir leurs maladies et les communautés ne peuvent pas migrer de leur besoin de soins. Encourager les personnes formées à guérir pour s’éloigner de leur devoir n’est pas une réforme mais une abandon.

Au lieu de retirer, nous devons transformer la frustration en une force de changement. Les professionnels de la santé de l’Éthiopie doivent amplifier leurs voix, et non les faire taire par la sortie. Ils doivent exiger la justice – non seulement pour eux-mêmes, mais pour chaque éthiopien qui mérite l’accès à des soins dignes et compétents.

La position du Dr Shimels sous-estime la résilience et la détermination de la communauté médicale de l’Éthiopie. Leur persistance n’est pas naïve mais un engagement de principe envers leur profession et leur peuple. La mesure précise d’un médecin ne se trouve pas dans le confort des hôpitaux étrangers, mais dans le courage de servir sous le feu, dans des systèmes brisés, pour la vie et la dignité.

Le défaitisme et l’abandon ne sont pas des options viables. Les enjeux sont trop élevés et le coût trop grand. Chaque professionnel de la santé, expert en santé publique et citoyen concerné doit se rallier à l’appel à la justice, et non à la sortie. C’est le mandat éthique. C’est le devoir de santé publique.

Le message au régime et au monde doit être clair: les professionnels de la santé de l’Éthiopie ne seront pas chassés. Ils se tiendront, serviront et se battront pour la transformation désespérément nécessaire de la nation. Ce n’est pas seulement leur obligation – c’est leur destin.

Solidaire

Nous sommes en pleine solidarité avec les médecins de l’Éthiopie dans leur bagarre courageuse pour une compensation équitable, une dignité et le droit de servir dans des conditions simples. Leur lutte n’est pas isolée – elle fait écho à l’endurance silencieuse des enseignants dans les salles de classe surpeuplées et des vies compliquées, les travailleurs du gouvernement aux prises avec des salaires en rétrécissement et les chauffeurs de taxi naviguant sur le chaos économique pour nourrir leurs familles. Il s’agit d’un appel partagé à la justice dans toutes les professions. C’est une demande à voir, à entendre et à apprécier. Ces professionnels portent le poids de la nation face à la négligence et aux difficultés. Ils ne méritent pas le silence, mais le soutien, pas l’abandon, mais l’alliance.

Note de l’éditeur: les vues dans l’article ne reflètent pas nécessairement les vues de Togolais.info

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