Le Harare Residents Trust (HRT) a fait part de ses inquiétudes quant à la proposition du gouvernement d’accorder des pouvoirs d’arrestation aux agents de police municipale, avertissant que cette décision pourrait exposer les résidents à des abus étant donné la réputation de longue date de la ville de Harare en matière de corruption et de mauvaise application de la loi.
Le Cabinet a reçu la semaine dernière un projet de loi sur la police municipale, qui propose d’accorder des pouvoirs d’arrestation aux agents de police du conseil municipal alors qu’ils appliquent les règlements des autorités locales.
Le projet de loi proposé a divisé l’opinion parmi les résidents, en raison des allégations de corruption qui ont harcelé les agents du conseil municipal.
Dans un communiqué, le Harare Residents Trust a exprimé des réserves quant à la capacité de la police municipale à s’acquitter de ses fonctions une fois qu’elle a obtenu des pouvoirs d’arrestation, compte tenu notamment de sa réputation d’incapacité à protéger les locaux du Conseil.
« Bien que cela mérite d’être célébré, la police municipale a une image entachée en raison de son comportement non professionnel, en particulier de sa persécution contre les vendeurs et les commerçants du secteur informel.
« Les exploitants de boutiques de confiserie dans les banlieues sont devenus des vaches à lait pour les agents corrompus de la police municipale et d’autres fonctionnaires anarchiques qui profitent de l’absence de progrès en matière d’enregistrement et de reconnaissance officielle de leurs opérations dans les zones résidentielles.
« Les zones humides de Harare ont été envahies par des barons fonciers, de connivence avec des fonctionnaires corrompus des autorités locales et des dirigeants de partis politiques. Les locaux du conseil ont été cambriolés et des objets importants ont été volés, tandis que la police municipale est là, pourchassant les vendeurs.
« Les événements récents, au cours desquels le maire a révélé qu’il y avait eu de nombreuses introductions par effraction dans les bureaux du conseil municipal où de l’argent liquide avait été volé, donnent l’impression d’une unité de contrôle faible qui s’est désormais vu accorder des pouvoirs d’arrestation.

« Au vu de ces lacunes et du désordre persistant observé dans les rues de Harare, les habitants ont largement condamné la décision du gouvernement, car elle expose les résidents à des abus généralisés et systématiques de la part d’agents du Conseil mal disciplinés et mal formés », peut-on lire dans le communiqué.
HRT a appelé à des réformes au sein des services de police de la municipalité, affirmant que le gouvernement devrait les soutenir dans l’application des règlements.
« Établir des critères clairs pour surveiller et évaluer les performances de la police municipale.
« Revoir les conditions d’entrée des policiers municipaux afin de les rendre admissibles à une formation professionnelle en relations publiques, en police communautaire et en interprétation des règlements municipaux.
« Le gouvernement devrait apporter tout son soutien à la ville de Harare pour appliquer ses statuts, règles et réglementations, sans ingérence, en utilisant la police de la République du Zimbabwe », peut-on lire dans le communiqué.







