Le World Gold Council financera l’enregistrement des coopératives pour les petits exploitants d’or du Ghana dans le cadre d’un accord signé mardi avec le ministère des Terres et des Ressources naturelles.
Le protocole d’accord engage les deux parties à formaliser l’exploitation artisanale et à petite échelle de l’or (ASGM), à resserrer les chaînes d’approvisionnement et à mettre un terme au financement illicite. La contribution d’ouverture du Conseil est une subvention de développement de 250 000 $ pour soutenir l’enregistrement des coopératives dans le cadre du rCOMSDEP, le programme coopératif d’exploitation minière et de développement des compétences responsable du Ghana.
La somme est modeste par rapport aux pertes que l’État tente de combler. Une analyse suisse indépendante a estimé que le Ghana a perdu environ 11,4 milliards de dollars à cause de la contrebande d’or entre 2019 et 2023, et Swissaid a estimé la production artisanale non déclarée entre 24 et 30 tonnes rien qu’en 2022, soit une valeur pouvant atteindre 1,74 milliard de dollars aux prix de cette période. Ces chiffres expliquent pourquoi le gouvernement souhaite que les mineurs fassent partie du système formel plutôt que de vendre via des canaux informels qui alimentent le trafic transfrontalier.
L’accord donne à cet effort un soutien international. Les deux parties prévoient un réseau national d’usines de transformation de confiance répondant aux normes d’approvisionnement responsable, avec des incitations en matière de prix et d’accès conçues pour acheminer l’or artisanal vers les circuits officiels. La coopération couvrira également l’élaboration de politiques, la technologie de traçabilité et de vérification de l’origine, ainsi que la formation des communautés minières.
La signature fait suite à des mois de travail préparatoire. En janvier, le directeur général du Conseil, David Tait, a rencontré les dirigeants du Ghana Gold Board à Accra pour discuter de la technologie de traçabilité, des usines de transformation respectueuses de l’environnement et de l’alignement de la gouvernance de l’or du Ghana sur les normes internationales. Le Gold Board, créé pour centraliser les achats et les exportations des petits producteurs, est reconnu pour avoir contribué à augmenter la production nationale en 2025.
Le ministre des Terres, Emmanuel Armah Kofi Buah, a déclaré que le partenariat montre l’engagement du Ghana à transformer l’ASGM en un secteur bien réglementé qui met fin aux pratiques néfastes et restitue la richesse en or aux communautés. Tait a déclaré que l’accord donne aux deux parties « une plate-forme solide de collaboration » et peut aider à construire une chaîne de valeur digne de confiance auprès des mineurs, des communautés et des marchés.
Ce qui se passe ensuite dépend de la livraison. Les campagnes d’enregistrement ont déjà été au point mort lorsque les mineurs n’ont vu aucun avantage en termes de prix à devenir formels, et qu’aucune des parties n’a donné de calendrier pour le réseau d’usines de traitement. Le test sera de savoir si les coopératives enregistrées gagnent plus en vendant par les canaux officiels que ce que les passeurs offrent à la frontière.






