L’avocat de renom Fadzayi Mahere a jeté un froid sur l’affirmation de la procureure générale Virgina Mabiza selon laquelle le controversé projet de loi d’amendement constitutionnel numéro 3 (CAB3) ne justifie pas un référendum pour être adopté.
Mahere, ancien législateur, affirme que Mabiza n’a pas le pouvoir d’usurper le droit des citoyens de décider des changements législatifs controversés proposés, qui envisagent entre autres la prolongation de deux ans du mandat du président Emmerson Mnangagwa, jusqu’en 2030, aux côtés du Parlement et des conseillers en exercice.
Sur les réseaux sociaux, Mahere a qualifié la déclaration de l’AG de « soumise au jugement ».
« Avec respect, le savant procureur général n’a pas le pouvoir de rejeter les appels à un référendum. Seul un tribunal peut le faire », a écrit Mahere.
« Cette affaire est en instance et sera jugée par nos tribunaux. En fin de compte, son opinion est sur le même pied que celle d’autres avocats qui ont exprimé un avis différent. »
Mahere, qui a quitté son poste de députée de Mt Pleasant au plus fort de la décimation de l’opposition par la soi-disant Coalition citoyenne pour le changement (CCC) Sengezo Tshabangu, a déclaré que Mabiza exprimait simplement son opinion qui n’est pas contraignante.
« Son opinion ne lie personne du tout. Il s’agit simplement d’un conseil adressé à son client, le gouvernement. Nous avons le droit d’être en désaccord et nous le faisons », a-t-elle ajouté.
Mahere réagissait au message du secrétaire permanent du ministère de l’Information, Nick Mangwana, en réitérant que l’AG avait rejeté les appels à un référendum sur les changements constitutionnels proposés, arguant que les demandes n’étaient pas fondées sur la loi mais étaient plutôt motivées par des « motifs politiques ».

Le projet de loi a récemment fait l’objet d’audiences publiques parlementaires, qui ont été en grande partie entachées d’intimidations à l’encontre des dissidents. Selon une tendance inquiétante à travers le pays, les contributeurs, considérés comme des partisans du Zanu PF, ont été triés sur le volet et ont récité des positions répétées en faveur du projet de loi tandis que les opposants n’ont pas eu la possibilité de présenter leurs objections.
Le Zanu PF insiste sur le fait qu’il n’est pas nécessaire de recourir à un référendum pour adopter le projet de loi controversé.






