Le Ghana se hisse au 4ème rang en Afrique selon l’indice de la liberté de la presse, MRI appelle à la prudence

Maria

Journalistes

Le Ghana s’est hissé à la 39ème place mondiale et à la 4ème place en Afrique dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2026 publié par Reporters sans frontières (RSF), mais l’Institut de recherche sur les médias (MRi) a averti que cette amélioration, bien que bienvenue, ne reflète pas tout le potentiel du pays.

RSF a publié l’index le 30 avril, à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, le 3 mai, sous le thème « Façonner un avenir de paix ». Le classement mondial du Ghana s’est amélioré de 13 places par rapport au 52e rang en 2025, et sa note globale est passée de 67,13 à 72,20. Sur le continent, le Ghana est derrière l’Afrique du Sud, la Namibie et les Seychelles au classement.

Cette amélioration s’inscrit dans un contexte mondial profondément inquiétant. L’indice 2026 enregistre la liberté de la presse à son plus bas niveau depuis 25 ans, avec plus de la moitié des 180 pays évalués – 52,2 pour cent – ​​désormais classés comme ayant des conditions « difficiles » ou « très graves » pour les journalistes. RSF a décrit la criminalisation du journalisme comme une tendance mondiale qui s’accélère, motivée par l’utilisation abusive de la législation sur la sécurité nationale, les poursuites stratégiques et l’hostilité politique envers les médias indépendants.

Les progrès du Ghana se démarquent dans ce contexte, mais MRi a affirmé dans une déclaration marquant la Journée mondiale de la liberté de la presse qu’ils ne devaient pas être confondus avec un acquis acquis. « MRi estime que, même si le dernier classement du Ghana dans l’Indice mondial de la liberté de la presse constitue une avancée positive qui mérite une tape sur l’épaule, il n’est pas impressionnant de justifier un geste d’un mouchoir blanc, étant donné le potentiel du pays à faire mieux et son statut de leader dans l’émancipation de l’Afrique sur tous les fronts », a déclaré l’Institut.

La répartition par MRi des indicateurs de l’indice révèle des performances inégales. Le Ghana s’est classé 29e au niveau mondial dans les catégories politique et juridique, mais est tombé au 50e pour les conditions économiques, au 49e pour l’indicateur social et au 60e pour la sécurité, ce qui souligne des faiblesses structurelles persistantes dans le paysage médiatique que le classement général ne rend pas pleinement compte.

L’Institut a spécifiquement mis en garde le gouvernement contre la militarisation des cadres juridiques pour restreindre la liberté de la presse. « MRi met particulièrement en garde le gouvernement de s’abstenir d’utiliser la loi comme une arme pour criminaliser la liberté de la presse », indique son communiqué, ajoutant que les efforts collectifs devraient se concentrer sur la consolidation des acquis plutôt que de permettre à la complaisance de s’installer.

MRi a conclu en félicitant les journalistes et les professionnels des médias ghanéens pour leur dévouement continu aux reportages d’intérêt public, à la responsabilité démocratique et au développement national.