Un tribunal de Nairobi a temporairement empêché le gouvernement du comté de recruter des travailleurs dans son nouveau pool d’employés occasionnels et suppléants, offrant ainsi au Syndicat des médecins, pharmaciens et dentistes du Kenya (KMPDU) une victoire rapide dans sa contestation judiciaire contre la politique de recrutement.
Le juge Ocharo Kebira du tribunal de l’emploi et des relations de travail de Nairobi a rendu une ordonnance conservatoire le 10 août 2026, interdisant au gouvernement du comté de Nairobi et au Conseil de la fonction publique du comté d’inscrire des travailleurs dans le pool.
L’ordonnance comporte une note pénale, ce qui signifie que les fonctionnaires pourraient faire face à des conséquences juridiques s’ils ne s’y conforment pas.
Pourquoi le tribunal a-t-il arrêté le recrutement ?
L’affaire a été déposée par le KMPDU et le pétitionnaire Kingori Nderitu, qui ont contesté la légalité de la politique du comté régissant le recrutement, le déploiement et la rémunération des travailleurs occasionnels et suppléants.
Le tribunal a certifié la demande comme urgente avant de rendre les ordonnances provisoires.
Les défendeurs disposent de 10 jours après avoir reçu signification pour déposer leur réponse, après quoi les demandeurs disposeront de sept jours pour soumettre leur réponse. Les défendeurs disposeront alors d’un délai supplémentaire de sept jours pour répondre.
L’affaire devrait revenir devant les tribunaux le 21 septembre 2026 pour de plus amples orientations.
Une demande antérieure avait reçu une réponse plus prudente. Le 30 juillet, la juge Jemimah Keli a certifié la requête comme urgente, mais a refusé de suspendre la politique avant d’avoir entendu les deux parties, ordonnant plutôt aux parties de procéder par écrit.
Quelle politique le KMPDU conteste-t-il ?
Le différend porte sur une politique approuvée par le Conseil de la fonction publique du comté le 24 juin, établissant un système centralisé pour le recrutement, le déploiement et la rémunération du personnel occasionnel et suppléant dans les départements et les établissements de santé du comté.
Dans le cadre de ce cadre, les départements individuels ne peuvent pas embaucher ou payer de manière indépendante des travailleurs temporaires. Au lieu de cela, tous les engagements doivent passer par le Conseil de la fonction publique du comté, qui gère une base de données de candidats pré-qualifiés à l’échelle du comté.
La politique plafonne également les travailleurs temporaires à 10 % de l’effectif approuvé d’un ministère et limite leur déploiement aux véritables besoins à court terme, notamment les urgences, les pénuries de personnel et les missions spécialisées.
Pourquoi le KMPDU s’oppose-t-il à cette politique ?
La principale objection de KMPDU concerne les taux de rémunération prévus dans le cadre de la politique.
Le cadre prévoit des tarifs mensuels de 120 000 KSh pour les médecins et de 230 000 KSh pour les consultants et spécialistes travaillant comme suppléants.
Le syndicat des médecins affirme que les taux sont nettement inférieurs à ceux prévus dans la convention collective de 2017 et dans la formule de retour au travail de 2017 négociée avec le comté de Nairobi.
KMPDU affirme que cette politique pourrait créer un système de rémunération à deux niveaux dans lequel les médecins effectuant des tâches cliniques similaires recevraient une rémunération différente.
Le syndicat fait valoir que cela viole les protections constitutionnelles en matière d’égalité, de non-discrimination et de pratiques de travail équitables en vertu des articles 27 et 41 de la Constitution.
Comment la politique a-t-elle été approuvée ?
La pétition conteste également le processus par lequel la politique a été adoptée.
Le KMPDU affirme que le cadre n’a pas été soumis à l’examen ou à l’approbation de l’Assemblée du comté de la ville de Nairobi, ce qui, selon le syndicat, rend la politique défectueuse sur le plan procédural.
Le syndicat affirme en outre que le Conseil de la fonction publique du comté a outrepassé son mandat en fixant les taux de rémunération, affirmant que la Constitution confère cette responsabilité à la Commission des salaires et des rémunérations en vertu de l’article 230.
Le différend s’est intensifié après qu’une circulaire du 14 juillet a ordonné aux responsables des établissements de santé du comté de mettre immédiatement en œuvre la politique et de rejeter les engagements pris en dehors du cadre prescrit.
Le KMPDU s’est ensuite adressé au tribunal le 28 juillet.
La requête sur le fond reste en suspens. Le syndicat demande une déclaration selon laquelle cette politique est inconstitutionnelle et une ordonnance annulant à la fois le cadre et la circulaire du 14 juillet.






