L’appel de Teddy Afro : il est temps de se rassembler, pas de débattre d’opinions

Maria

Wondmagegn Ejigu
Suède

Je n’écris pas en tant qu’érudit ou gourou politique, mais en tant que citoyen ordinaire, quelqu’un né et élevé dans le cœur vibrant d’Addis-Abeba, où jadis j’avais l’impression que la foi et l’appartenance ethnique n’étaient que les fils d’une tapisserie communautaire beaucoup plus riche. Comme des millions de personnes qui ont grandi dans cette belle ville, je porte son souvenir dans mes os, et aujourd’hui, je porte son chagrin.

Depuis des années, Teddy Afro est pour moi bien plus qu’un musicien. Il a été un compagnon. Des notes émouvantes de « Yasteryal » aux profondeurs résonantes de « Das Tal », sa voix a fait écho à la mienne. À travers la mélodie et les vers, il donne forme à notre agonie collective, notre frustration, nos espoirs tranquilles et nos rêves durables. L’écouter, c’est comme parler à un ami qui vous entend vraiment, un ami qui vous offre non seulement du réconfort, mais une sorte de guérison. À une époque où tant d’entre nous se sentent accablés par les troubles qui déchirent notre nation, la musique de Teddy agit comme un baume. Cela réaligne notre boussole intérieure. Mais maintenant, après avoir trouvé notre direction avec la nouvelle boussole, nous devons nous demander : allons-nous avancer ou retomber dans le désespoir ?

Depuis plus de trois décennies, la classe politique, en particulier celle qui prétend s’opposer, nous a laissé tomber. Ils changent d’allégeance comme changer de vêtements, rompre facilement leurs promesses. Ils analysent, podcastent et débattent, mais restent des îlots à part, déconnectés des personnes qu’ils prétendent représenter. Ils ne se sont pas mobilisés ; ils ont été désillusionnés. Des voix autrefois nationalistes défendent désormais la division ; les anciens critiques servent discrètement les pouvoirs mêmes qu’ils ont dénoncés. Comment de telles personnalités peuvent-elles inspirer confiance ou guider un peuple aspirant à l’unité ?

Teddy Afro est différent. Sa régularité est sa force. Dès le début, il a exprimé nos craintes et nos espoirs sans compromis. Son intégrité est incontestable, son message est clair et vrai.

Maintenant, c’est notre tour. Le moment est venu de dresser notre tente, notre Das et de nous rassembler en dessous. C’est notre moment, peut-être notre dernière chance. Dans cet espace, nous nous réunissons non pas en tant que politiciens ou intellectuels, mais en tant que peuple lié par un chagrin et un espoir partagés. Ici, nous pleurons Mekele, Gojam, Wellega, Benishangul pour chaque vie perdue et chaque cœur brisé. Nous pleurons ouvertement, car notre culture nous apprend à nous écouter, à nous tenir les uns les autres, à ressentir la douleur de chacun.

Lors de ce rassemblement, nous démantelons les murs ethniques et religieux qui ont été utilisés pour nous diviser. Nous n’évitons pas le chagrin, nous l’acceptons. Et à travers ce deuil partagé, nous trouvons de la clarté. C’est la boussole que Teddy a recalibrée pour nous. C’est ainsi que nous avançons.

Ensemble, sous notre tente, au milieu des larmes et du souvenir, nous trouverons notre chemin. Nous n’avons pas du tout besoin de dirigeants distants ! Nous les retrouverons parmi nous, ceux qui connaissent notre douleur parce qu’ils l’ont vécue. Notre chemin est celui de la guérison collective et de l’action collective. Et notre destination est Tsion Teddy qui nous dirige vers un lieu de paix, de justice et d’unité restaurée.

Mais nous devons commencer maintenant. Laissez les politiciens derrière vous. Abandonnez la rhétorique creuse. Venez comme vous êtes. Levez la tente. Faites ce que nous avons toujours su faire : écouter, pleurer et nous relever ensemble. Notre avenir nous attend. Le moment est venu.

Note de l’éditeur : les opinions exprimées dans l’article ne reflètent pas nécessairement celles de Togolais.info.

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Musique de Teddy Afro
Das Tal – Teddy Afro