La Haute Cour a annulé les mandats d’arrêt émis contre un procureur principal suite à une décision d’inculper un suspect dans une affaire de fraude foncière.
Dans un communiqué publié jeudi, le Bureau du directeur du ministère public a révélé que le tribunal avait statué que les tribunaux subordonnés n’avaient pas compétence pour remettre en question les décisions des poursuites.
La procureure avait été sommée de se présenter au palais de justice de Kajiado pour se justifier.
« La Haute Cour de Kajiado a statué que les tribunaux subordonnés n’ont pas compétence pour remettre en question la validité des décisions de poursuite prises par le Bureau du directeur des poursuites pénales (ODPP) », peut-on lire en partie dans le communiqué.
« Le tribunal a en outre déclaré irrégulière la procédure au cours de laquelle une citation à comparaître avait été émise contre un procureur principal, l’obligeant à comparaître devant le tribunal de Kajiado pour expliquer le fondement de la décision de porter plainte dans une affaire de fraude foncière. Le tribunal a également annulé les mandats d’arrêt qui avaient été émis contre le procureur pour n’avoir prétendument pas honoré la convocation. «
Pourquoi la Haute Cour a-t-elle arrêté l’arrestation du procureur principal ?
Dans son jugement, la Haute Cour siégeant à Kajiado a estimé que le bien-fondé ou non d’une décision de poursuite ne peut pas être examiné par le biais du témoignage d’un procureur devant un tribunal de première instance, mais doit plutôt être contesté par le biais de la procédure judiciaire appropriée devant un tribunal compétent.
Tout en rendant la décision, l’hon. La juge Christine Meoli a estimé que les actions du tribunal subordonné équivalaient à un excès de pouvoir judiciaire et à une tentative de contrôle ou de supervision indirecte d’un bureau constitutionnel indépendant.
La Cour a observé que le procureur, lorsqu’il a pris la décision d’inculper, n’était ni un témoin à charge ni un enquêteur dans l’affaire, qu’il n’avait fait aucune déclaration sous serment dans l’affaire et qu’il n’était pas une personne dont le témoignage était essentiel à la juste conclusion de la procédure.
Le juge a en outre noté que le procureur avait été convoqué uniquement dans le but d’être contre-interrogé sur la décision du DPP de porter plainte.
La demande de révision de la Haute Cour a été instruite par Mme Vivian Kambaga, directrice adjointe des poursuites pénales.
Le jugement a réaffirmé l’indépendance de l’ODPP alors même que les autorités continuent de réprimer les affaires de fraude foncière.
Pourquoi le juge de la Haute Cour a-t-il émis un avertissement à l’ODPP.
La semaine dernière à Nairobi, un juge de la Haute Cour a vivement critiqué les avocats de l’État et de l’ODPP dans une affaire portant sur un procès pour fraude foncière d’un montant de 1,3 milliard de KSh impliquant l’ancien administrateur provincial Davis Nathan Chelogoi et son co-accusé Andrew Kirungu.
La procédure a même été temporairement suspendue en attendant la décision sur une demande de contrôle judiciaire déposée par Chelogoi, contestant la légalité du procès pénal devant la magistrate en chef Dolphina Atieno Alego, qui a depuis été transférée au Tribunal du travail et des relations de travail.






