La Cour d’appel accélère le conflit au Kenya concernant le traité sur la pandémie de l’OMS après la date limite annoncée par les militants

Maria

La Cour d'appel accélère le conflit au Kenya concernant le traité sur la pandémie de l'OMS après la date limite annoncée par les militants

Nairobi : La Cour d’appel a ordonné qu’une requête de la Haute Cour visant à bloquer la ratification par le Kenya du projet de traité mondial sur la pandémie dans le cadre de l’Organisation mondiale de la santé soit entendue en priorité en raison de son grand intérêt public.

Comment Aura conteste-t-elle le Traité sur la Pandémie ?

Un collège de trois juges comprenant les juges Agnes Murgor, le professeur Joel Ngugi et Abida Aroni ont émis ces instructions lors de l’audition d’une demande d’injonction dans laquelle le militant Enock Aura, par l’intermédiaire de l’avocat Harrison Kinyanjui, conteste le projet du gouvernement d’adopter le Traité et les amendements au Règlement sanitaire international (2005).

Aura soutient que le pacte viole plusieurs dispositions constitutionnelles. La Cour a estimé que pour accélérer la procédure devant la Haute Cour, le militant était le mieux placé pour retirer la requête déposée devant la Cour d’appel.

« L’avis de requête du demandeur daté du 14 mai 2024 est par la présente marqué comme retiré en vertu de l’article 56 du règlement de cette Cour, à condition que l’affaire soit renvoyée devant la Haute Cour pour audience en priorité, compte tenu de la nature d’intérêt public de la poursuite, sans ordonnance quant aux dépens », a ordonné le juge Murgor le lundi 4 mai.

Le Traité sur la pandémie, négocié par l’intermédiaire de l’Organisation mondiale de la santé, vise prétendument à préparer les pays à de futures urgences sanitaires mondiales et à éviter une répétition du prétendu « apartheid vaccinal », où les pays les plus riches ont stocké des vaccins pendant le Covid-19 tandis que les pays les plus pauvres ont été laissés pour compte.

Cependant, par l’intermédiaire de son avocat Kinyanjui, Aura affirme que cette décision équivaut à une cession inconstitutionnelle imminente de la souveraineté du Kenya à l’Organisation mondiale de la santé sans référendum ni consentement des Kenyans. Il a déclaré au tribunal que le processus manquait de participation publique et de transparence.

« La ratification envisagée menace la souveraineté du peuple kenyan telle que garantie par les articles 1 et 4 de la Constitution », déclare Aura dans des documents judiciaires selon lesquels Togolais.info a.

« Négociés dans le plus grand secret, secrètement et activement cachés au peuple kenyan… ces deux instruments juridiques contiennent des dispositions inconstitutionnelles qui répudient totalement la souveraineté et l’autorité du peuple kenyan. Ces deux instruments juridiques devraient être interdits », a-t-il ajouté.

Comment le gouvernement kenyan a-t-il violé la loi sur les traités ?

Au cours de l’audience, Kinyanjui a déclaré aux trois juges qu’à moins que l’affaire ne soit entendue rapidement, il existe un danger imminent que le Traité sur la pandémie soit ratifié sans intervention judiciaire. Il a déclaré que les efforts visant à arrêter le processus ont été vains malgré l’urgence de l’affaire.

Kinyanjui a fait valoir que le gouvernement n’a pas respecté la loi sur l’élaboration et la ratification des traités, la loi régissant les accords internationaux, soulevant des inquiétudes quant à la transparence et à la participation du public.

« Bien sûr, nous avons soulevé des objections selon lesquelles la loi sur l’élaboration et la ratification des traités n’a pas été respectée à ce jour. Même les Kenyans ne connaissent pas ce traité en particulier », a-t-il déclaré à la magistrature.

Il a en outre averti que le temps presse, avec une réunion de l’OMS prévue entre le 20 et le 26 mai, au cours de laquelle le Traité et le Règlement sanitaire international pourraient être adoptés sans le consentement des Kenyans.

« Avant que la Cour constitutionnelle puisse intervenir, il faudra attendre le 20 mai. Que fait un justiciable soucieux du civisme face à une requête en appel qui n’a pas été entendue ? » il a demandé.

Qui sont les défendeurs dans l’affaire du Traité sur la pandémie ?

Aura demande des ordonnances conservatoires pour suspendre la participation du Kenya à l’adoption et à la ratification du traité en attendant l’audience et la décision de l’affaire.

Il a cité plusieurs répondants, dont les secrétaires de cabinet chargés des Affaires étrangères et de la Santé, le procureur général, le président, le Parlement et les représentants du Kenya auprès de l’OMS.

Le Kenya fait partie des 124 pays qui ont voté pour l’adoption du texte principal d’un traité juridiquement contraignant de l’OMS sur la pandémie visant à prévenir et à répondre aux futures pandémies.

L’audience devant la Cour constitutionnelle est prévue pour le 25 mai.

La pétition contestant l’accord de santé entre les États-Unis et le Kenya a-t-elle été retirée ?

Précédemment, Togolais.info a rapporté que la Cour avait rejeté une demande de retrait d’une requête contestant l’accord de partage de données de santé entre les États-Unis et le Kenya.

La Fédération des consommateurs du Kenya (COFEK) avait déposé une demande de retrait de l’affaire car elle était parvenue à un accord avec le gouvernement.

La demande a été rejetée, le tribunal insistant sur le fait que l’affaire était déposée dans l’intérêt public ; il ne peut donc pas être retiré sur la base d’un accord de consentement.