Le président-directeur général de la Chambre des distributeurs de pétrole en vrac (CBOD), le Dr Patrick Kwaku Ofori, a averti que la concurrence intense sur le marché pousse les distributeurs de pétrole en vrac à écouler rapidement leurs stocks de pétrole afin de limiter l’exposition financière dans le contexte de la volatilité des prix mondiaux déclenchée par la guerre Israël-Iran.
S’exprimant sur KeyPoints sur TV3 avec Alfred Ocansey le samedi 4 avril, le Dr Ofori a identifié la sous-cotation des prix comme une préoccupation croissante au sein du secteur pétrolier en aval du Ghana. Il a expliqué qu’à mesure que la nature concurrentielle du marché s’intensifie, les entreprises sont sous pression pour vendre leurs actions rapidement afin de minimiser les risques, en particulier compte tenu de l’imprévisibilité des prix mondiaux du pétrole brut depuis le début du conflit.
Le conflit au centre de la crise a débuté le 28 février 2026, lorsque les États-Unis et Israël ont lancé des frappes contre l’Iran. La fermeture ultérieure du détroit d’Ormuz par l’Iran a perturbé environ 20 % des approvisionnements mondiaux en pétrole, déclenchant ce que l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a décrit comme la plus grande perturbation de l’approvisionnement dans l’histoire du marché pétrolier mondial.
Le Ghana n’a pas échappé aux conséquences des prix. L’Autorité nationale du pétrole (NPA) a relevé les prix minimums obligatoires pour la fenêtre de tarification du 1er au 15 avril, faisant grimper les prix de l’essence d’environ 15 pour cent à 13,30 GH¢ le litre et du diesel d’environ 19 pour cent à 17,10 GH¢ le litre.
Malgré les pressions, le Dr Ofori a offert quelques assurances sur l’approvisionnement. La réserve d’approvisionnement en carburant du Ghana est nettement plus confortable que celle du Kenya, où le secrétaire du Cabinet au Trésor, John Mbadi, a révélé devant une commission parlementaire le 2 avril 2026 que le pays ne détenait que 16 jours de stocks d’essence. Le Dr Ofori a noté que la position du Ghana, même si elle n’est pas sans tension, est sensiblement plus stable.
Le Ghana, qui dispose d’une capacité de raffinage limitée, dépend de produits raffinés importés mais s’approvisionne auprès de divers producteurs, dont la Russie. Un pétrolier en provenance de Vysotsk est attendu à Tema le 6 avril, apportant une certaine aide à l’approvisionnement à court terme.
Le président John Mahama a déclaré que le gouvernement envisageait des mesures pour protéger les consommateurs, notamment en réduisant les marges sur le carburant et en révisant un prélèvement récemment imposé sur les produits pétroliers. Mahama a confirmé séparément samedi qu’il avait convoqué une réunion d’urgence du Cabinet pour décider de mesures spécifiques visant à stabiliser les prix du pétrole.






