Explication de la projection de pauvreté de 43 % de la Banque mondiale sous l’administration d’Abiy Ahmed

Maria

Guerre d'Éthiopie Guerre d'Éthiopie

Gedion Yilma

1. Introduction

L’Éthiopie, autrefois saluée comme l’une des économies les plus dynamiques d’Afrique et un modèle de réduction de la pauvreté, est aujourd’hui confrontée à un sérieux revers dans ses progrès. Selon le Les dernières projections de la Banque mondialela part des Éthiopiens vivant en dessous du seuil de pauvreté devrait augmenter passer à 43% d’ici 2025contre 33 % en 2016 et 39 % en 2021. Cette forte augmentation représente des millions de personnes supplémentaires tombant dans la pauvreté et signale de profonds défis structurels et de gouvernance.

La montée de la pauvreté coïncide avec une période marquée par conflit interne intense, répression politique, mauvaise gestion économiqueet instabilité sociale sous l’administration du Premier ministre Abiy Ahmed. Comprendre si cette augmentation spectaculaire de la pauvreté peut s’expliquer par la guerre en cours et par les échecs de la gouvernance est essentiel pour façonner la politique de redressement et la politique humanitaire de l’Éthiopie.

2. Conflit et pauvreté : un lien destructeur

un. Destruction et déplacement

La guerre civile qui a éclaté en le nord de l’Éthiopie en 2020– initialement entre les forces fédérales et la région du Tigré – s’est depuis étendu à d’autres régions telles que l’Amhara et l’Afar. La guerre a causé perte massive de vies, déplacement généraliséet destruction des moyens de subsistance.
Les estimations suggèrent que les dégâts dans le seul Tigré dépassent 22 milliards de dollarsavec l’effondrement de la productivité agricole et industrielle. Des millions de personnes ont été déplacées à l’intérieur du pays, perdant leur logement, leurs terres agricoles et leur accès aux marchés, plongeant des communautés entières dans la misère.

b. Perturbation des services et de l’activité économique

Le conflit a érodé les infrastructures essentielles (écoles, établissements de santé et routes), perturbant gravement la prestation de services. Les investissements publics et les financements des donateurs ont été détournés vers les dépenses militaires et les interventions d’urgence. L’inflation, la dépréciation monétaire et les pénuries alimentaires ont aggravé la crise du coût de la vie, en particulier dans les centres urbains.

c. Retombées sur l’économie nationale

Même les régions qui ne sont pas directement touchées par les combats subissent les effets d’entraînement : baisse des exportations, perte de confiance des investisseurs, fuite des capitaux et suspension de l’aide étrangère. Le Programme de filet de sécurité productif (PSNP)– une bouée de sauvetage pour des millions de ruraux pauvres – a été perturbée dans plusieurs régions en raison de l’insécurité et du détournement des ressources.

3. Pourquoi la pauvreté augmente : guerre, politique et gouvernance

Le Projection de pauvreté de 43 % n’est pas simplement une anomalie statistique : elle reflète les effets combinés de la guerre, d’une gouvernance faible et de réformes économiques inopportunes sous la direction d’Abiy Ahmed.

un. Échecs de la gouvernance et faux pas politiques

Le programme de réforme économique du gouvernement – ​​axé sur la libéralisation, la privatisation et la suppression des subventions – a été lancé dans un contexte d’instabilité généralisée et de fragilité des institutions. Au lieu de protéger les populations vulnérables, l’austérité et l’inflation ont aggravé les difficultés.
Pendant ce temps, l’administration contrôle centralisé, corruptionet distribution d’aide politisée ont limité l’efficacité des programmes de réduction de la pauvreté.

b. Militarisation et tensions budgétaires

Les dépenses militaires excessives ont drainé les ressources de secteurs sociaux essentiels tels que l’éducation, la santé et l’agriculture. La reconstruction dans les régions déchirées par la guerre a été retardée, laissant des millions de personnes sans moyens de subsistance ni services de base. Le coût économique de la guerre a évincé les investissements favorables aux pauvres et a aggravé la dette publique.

c. Multiplicateurs de choc économique

Les perturbations liées à la guerre ont interagi avec chocs mondiaux– notamment la pandémie de COVID-19, la flambée des prix des denrées alimentaires et des carburants et les sécheresses induites par le climat – pour créer une tempête parfaite pour l’expansion de la pauvreté. Des taux d’inflation supérieurs à 30 % ont fortement réduit les revenus réels, en particulier pour les ménages urbains dépendants du salaire.

4. Conséquences humaines et structurelles

Les implications de cette montée de la pauvreté sont profondes :

  1. Érosion du capital humain : Les enfants des zones de conflit sont confrontés à la malnutrition, à des interruptions de scolarité et à des traumatismes, ce qui fait reculer des décennies de progrès en matière de développement humain.
  2. Vulnérabilité rurale : Les communautés rurales – déjà pauvres – sont les plus durement touchées par les déplacements, la perte de biens et l’accès réduit aux intrants et aux marchés.
  3. Difficultés urbaines : L’inflation et le chômage ont intensifié la pauvreté urbaine, rétrécissant la classe moyenne et érodant le pouvoir d’achat.
  4. Faiblesse institutionnelle : L’effondrement de la gouvernance locale et des filets de sécurité a miné la capacité de l’État à répondre efficacement aux crises.
  5. Inégalités régionales : Les régions touchées par le conflit (Tigré, Amhara, Afar, Oromia) sont désormais encore plus à la traîne, aggravant les disparités géographiques.

5. Expliquer la projection de pauvreté de 43 %

La projection de la Banque mondiale selon laquelle 43 % des Éthiopiens vivront sous le seuil de pauvreté d’ici 2025 est tout à fait plausible étant donné les dommages cumulés infligés par la guerre et la mauvaise gouvernance.

  • Le destruction des actifs productifs (terre, bétail, industrie) réduit directement les revenus des ménages.
  • Inflation et instabilité économique éroder le pouvoir d’achat.
  • Interruption de service augmente les privations non monétaires.
  • Diminution des apports de donateurs et augmentation de la dette limiter la capacité du gouvernement à fournir des filets de sécurité.

En bref, les conflits en cours et l’incapacité de l’État à garantir la paix, la stabilité et un relèvement équitable en sont les principales explications pour l’inversion de la pauvreté en Éthiopie.

6. Implications politiques : la paix comme condition préalable à la prospérité

Pour inverser la vague de pauvreté, l’Éthiopie doit d’abord parvenir à paix durable et gouvernance inclusive. Les priorités suivantes sont urgentes :

  1. Cessez-le-feu et réconciliation nationale : Les négociations de paix doivent s’attaquer aux causes profondes du conflit : les griefs ethniques, l’exclusion politique et l’impunité.
  2. Reconstruction et restauration des moyens de subsistance : La réhabilitation immédiate des infrastructures, des écoles, des hôpitaux et des terres agricoles est essentielle pour restaurer les moyens de subsistance.
  3. Réinvestissement dans le capital humain : Réorienter les dépenses militaires vers les secteurs sociaux : éducation, soins de santé et nutrition.
  4. Renforcer la protection sociale : Augmenter les programmes PSNP et de transferts monétaires avec transparence et participation communautaire.
  5. Réforme de la gouvernance : Réduire la corruption, décentraliser la prise de décision et renforcer la responsabilité dans la gestion des ressources publiques.
  6. Réforme économique inclusive : Aligner la libéralisation sur les politiques favorables aux pauvres pour garantir que la croissance profite aux marginalisés.

7. Conclusion

La crise de pauvreté en Éthiopie n’est pas simplement un sous-produit de chocs extérieurs : c’est un tragédie d’origine humainelargement exacerbée par la guerre, l’échec de la gouvernance et la mauvaise gestion politique sous l’administration actuelle. La projection de la Banque mondiale de 43% de pauvreté d’ici 2025 est donc les deux crédible et alarmant. À moins que l’Éthiopie ne mette un terme à ses guerres internes, ne donne la priorité à la paix et ne réoriente ses efforts vers le développement humain et la reconstruction, la pauvreté restera enracinée pendant des générations.

La paix n’est pas seulement un impératif moral : c’est une nécessité économique. Sans cela, la vision de prospérité de l’Éthiopie restera une illusion fondée sur la souffrance et le dénuement.

Références clés

  • Banque mondiale. Évaluation de la pauvreté en Éthiopie et mise à jour économique (2024-2025).
  • Presse Afrique (2025). Le taux de pauvreté en Éthiopie devrait atteindre 43 % d’ici 2025.
  • Actualités APA (2025). La Banque mondiale prévoit une augmentation de la pauvreté en Éthiopie.
  • Le nouvel humanitaire (2023). Guerre, sécheresse et conséquences de l’effondrement.
  • Institut éthiopien de politique (2024). La pauvreté et les conflits augmentent en Éthiopie.
  • Actualités AP (2024). L’Éthiopie introduit une nouvelle taxe après la pause du financement de l’USAID.

Note de l’éditeur : les opinions exprimées dans l’article ne reflètent pas nécessairement celles de Togolais.info.

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