

Lidetu Ayalew
Parmi les artistes de notre pays, mon principal héros face au régime autoritaire à l’époque de l’EPRDF, et mon quatrième sous l’ère d’Abiy, est l’artiste Tewodros Kassahun. Suite à la sortie de l’album de l’influent Teddy Afro, j’ai observé les huit points clés suivants concernant l’intense sentiment public qui a émergé ces derniers jours. Mes observations ne concernent pas Teddy Afro lui-même, qui a pris sa part de responsabilité, mais plutôt la réaction du public déclenchée par la sortie de l’album.
D’abordle peuple éthiopien est aujourd’hui aux prises bien plus que nous avons tendance à le supposer ; par une profonde frustration, du ressentiment, de l’anxiété, un esprit de protestation et une forte aspiration au changement.
DeuxièmeComparé aux politiciens et aux militants sociaux qui luttent avec persistance pour apporter des changements tangibles, l’art possède une capacité et un rôle bien plus importants pour susciter l’émotion du public.
TroisièmeContrairement aux affirmations de certains ethno-nationalistes contemporains selon lesquelles il s’est « effondré » ou « a été vaincu », le nationalisme éthiopien reste vivant dans l’opinion publique comme une « braise fumante ».
Quatrièmeune culture politique marquée par le populisme, l’émotivité, l’extrémisme, le nationalisme et l’absence de principes fondamentaux a continué de s’intensifier au sein de notre société à un degré alarmant.
Cinquièmela majorité de notre communauté politique montre plus d’affection et d’admiration pour les artistes qui expriment leurs émotions à travers la chanson et la poésie que pour les héros qui ont lutté, ont été emprisonnés et ont même sacrifié leur vie irremplaçable, que ce soit dans une lutte pacifique ou armée pour la même cause.
SixièmeLa paix et l’amour durables, l’égalité et l’unité n’ont pas encore dépassé les paroles creuses et les espoirs creux pour aboutir à des objectifs dont nous comprenons clairement les chemins vers la réalisation.
Septièmenous n’avons pas encore pleinement compris que la victoire et un changement durable ne s’obtiennent pas par l’émotion et le désir, mais uniquement par une lutte organisée et des sacrifices.
Huitièmeplus que les mélodies et la poésie de Teddy Afro, c’est la communauté politique éthiopienne elle-même qui est devenue un poème dont le sens s’est perdu.
Ce que les politiciens et les militants sociaux n’ont pas réussi à allumer dans le public au cours de huit années de lutte, Teddy Afro l’a remué en huit minutes à travers sa chanson et ses paroles « Das Tal ». En étant témoin de cela, je me retrouve avec une sorte d’envie spirituelle, j’aurais aimé être un poète plutôt qu’un homme politique.
Comme le dit Teddy Afro : « Écoutez-moi moi-même », je vous laisse l’interprétation détaillée de ces huit observations, amateurs de poésie, afin que vous puissiez y réfléchir et en discuter.
Il est désormais 17 heures, heure éthiopienne.
Note de l’éditeur : les opinions exprimées dans l’article ne reflètent pas nécessairement celles de Togolais.info.
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Musique de Teddy Afro
Das Tal – Teddy Afro





