

Par Simon
Puzzle maritime de l’Éthiopie
Depuis la perte de son littoral avec l’indépendance de l’Érythrée en 1993, l’Éthiopie a lutté avec dépendance à Djibouti pour plus de 95% de ses importations et exportations. Pendant des années, cette dépendance a alimenté le malaise à Addis-Abeba sur la souveraineté, la sécurité et la croissance économique.
Maintenant, un nouveau chapitre se déroule. Entre 2023 et 2025, les dirigeants éthiopiens ont basculé entre les menaces ardentes, les accords portuaires unilatéraux, le révisionnisme militaire et les appels diplomatiques. L’ambiguïté calculée de l’Éthiopie concernant sa quête vers la sortie de la mer est dépourvue de furtivité.
De l’avertissement d’Abiy à l’accord du Somaliland
En octobre 2023, le Premier ministre Abiy Ahmed a averti le Parlement que l’Éthiopie «devait acquérir un port» et, si on lui a refusé la justice, «nous nous battrons». La frontière a alarmé l’Érythrée et la Somalie.
En janvier 2024, Addis-Abeba a suivi un chemin différent: un mémorandum controversé de compréhension avec le Somaliland. L’accord a promis l’accès de l’Éthiopie au port de Berbera et la base militaire potentielle en échange d’une éventuelle reconnaissance de l’indépendance du Somaliland. Mogadishu a dénoncé cette décision comme illégale, l’Égypte s’est ralliée à l’équipe de la Somalie, et la région s’est préparée pour l’escalade.
Ligne plus douce de Taye à l’ONU
Avance rapide jusqu’en septembre 2025. Parlant avant l’Assemblée générale des Nations Unies, le président Taye Atske-Selassie a frappé une note plus conciliante: « Tout ce que l’Éthiopie demande, c’est l’accès à la mer. »
Fini les menaces de 2023. La déclaration a fait écho au droit international, qui reconnaît les droits des États enclavés au transit, mais uniquement par des accords avec les voisins côtiers.
Les généraux élèvent les enjeux
Pourtant, derrière la diplomatie du podium se trouve un avantage plus difficile. En septembre 2025, le major-général Teshome Gemechu, un haut responsable de la défense éthiopienne, a ouvertement remis en question la légitimité de l’indépendance de l’Érythrée en 1993. Il a suggéré que le port de la mer Rouge d’Assab avait été cédé à tort, faisant allusion aux affaires inachevées.
De même, le brigadier général Bultii Taaddasaa, chef de la direction du Collège de la guerre militaire de l’Éthiopie, figure en bonne place dans le discours stratégique de l’Éthiopie. Son influence façonne la façon dont l’officier Corps encadre les questions de souveraineté, d’accès et d’ordre régional (voir vidéo ici: https://youtu.be/pl3x-odk1da?si=1vzql8v6q0lz-dkz).
Propagande comme prétexte
Parallèlement à ces voix, l’État éthiopien et les médias alliés ont amplifié un récit selon lequel l’Érythrée soutient les insurrections à la fois à Tigray et à Amhara.
Une vidéo frappante, intitulée «የሽግግር መንግስት የባህር በር አሳልፎ የመስጠት የመስጠት መብት የለውም» («Le gouvernement de transition n’a pas le droit de céder le port maritime»), est disponible ici: il affirme qu’aucun gouvernement n’a le droit de donner un port, encadrant l’accès maritime comme une question de bêtrayal national.
Mais le récit étire la crédibilité. Le Front de libération du peuple Tigray (TPLF) a historiquement méprisé l’Érythrée – de la guerre frontalière de 1998-2000 au récent conflit Tigray, où il a accusé l’Érythrée d’atrocités. La marque TPLF en tant que proxy érythréen est politiquement pratique, mais en fait douteuse.
Pourquoi cela compte
1. Double messagerie – À l’ONU, l’Éthiopie présente la modération; À la maison, les généraux et les propagandistes flottent le révisionnisme de souveraineté.
2. Limites juridiques – Le droit international prévoit des droits de transit, pas des réclamations territoriales.
3. Instabilité régionale – L’Érythrée considère une rhétorique telle que l’existentiel. La Somalie est déjà déstabilisée par l’accord du Somaliland. Djibouti craint d’être mis à l’écart. L’Égypte voit l’occasion d’exploiter la suralimentation de l’Éthiopie.
L’équilibre précaire de la corne
La corne de l’Afrique n’est pas étrangère à la guerre contre les frontières. La guerre de 1998 et 2000 en matière d’Ethiopie – Eritrate a coûté des dizaines de milliers de vies. Un retour aux litiges de souveraineté risquerait de traîner la région dans un autre cycle de conflit, à une époque où la sécheresse, le déplacement et la fragilité économique accusaient déjà des millions.
L’Éthiopie fait face à un choix brutal: poursuivre un accès contractuel négocié via Djibouti ou la Somalie – préservant la stabilité régionale – ou se livrer à des réclamations révisionnistes et à la propagande, risquant la guerre régionale et l’isolement international.
La ligne de fond
La rhétorique maritime de l’Éthiopie est plus qu’un débat politique; C’est une lutte entre la modération et le militarisme. Si les diplomates d’Addis-Abeba prévalent, le pays peut obtenir un accès équitable par le droit et la négociation. Si ses généraux et ses propagandistes dominent, la corne de l’Afrique pourrait faire face à une autre crise déstabilisante.
L’ambiguïté calculée de l’Éthiopie concernant sa quête vers la sortie de la mer est dépourvue de furtivité.
Note de l’éditeur: les vues dans l’article ne reflètent pas nécessairement les vues de Togolais.info
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