Coup dur pour Uhuru Kenyatta alors que la Cour confirme l’interdiction faite aux présidents à la retraite d’organiser des rassemblements politiques

Maria

Coup dur pour Uhuru Kenyatta alors que la Cour confirme l'interdiction faite aux présidents à la retraite d'organiser des rassemblements politiques

La Haute Cour a confirmé une disposition légale interdisant aux présidents à la retraite d’occuper des postes de direction de parti dans les six mois suivant la fin de leurs fonctions, dans une décision qui a des implications importantes pour l’ancien président Uhuru Kenyatta.

Le juge Lawrence Mugambi a rendu le jugement, rejetant une requête déposée par le militant des droits de l’homme Peter Agoro qui contestait l’article 6 de la loi présidentielle sur les prestations de retraite.

Agoro avait fait valoir que cette disposition portait atteinte au droit constitutionnel des anciens chefs d’État de participer à la politique et à la gouvernance après avoir quitté la State House.

Ce que la Cour a constaté

Le juge Mugambi a estimé que même si la loi interdit aux présidents à la retraite d’occuper des postes de direction puissants au sein des partis politiques, elle ne leur interdit pas complètement d’adhérer ou de participer à ces partis. De l’avis du tribunal, la distinction est cruciale.

Le juge a estimé que les anciens présidents exercent une influence considérable qui pourrait fausser une véritable compétition politique s’ils étaient autorisés à occuper des postes élevés au sein du parti, et que la loi a été conçue pour se prémunir précisément contre ce résultat.

Cette décision place Kenyatta dans une situation juridiquement précaire. L’ancien président a continué à présider l’Alliance Azimio One Kenya plus de quatre ans après avoir quitté ses fonctions, présidant les réunions et façonnant les décisions clés au sein de la coalition.

Il a également participé activement à l’organisation de l’opposition en vue des élections générales de 2027.

Le président William Ruto a accusé publiquement à plusieurs reprises Kenyatta de financer les activités de l’opposition, notamment le camp de Linda Mwananchi dirigé par Edwin Sifuna.

Reste à savoir si le jugement sera appliqué pour contraindre Kenyatta à quitter la présidence d’Azimio, car aucun mécanisme d’action immédiate n’a été défini au moment de la décision.

La décision est intervenue quelques jours à peine après que le Tribunal du contentieux des partis politiques a annulé la nomination de Moitalel Ole Kenta au poste de secrétaire général du Parti du Jubilé.

Le tribunal a conclu que Kenta n’était pas un membre enregistré du Jubilee lorsqu’il a été nommé au poste influent du parti.

La décision a invalidé le processus qui a conduit à sa nomination et à sa reconnaissance par le Conservateur des partis politiques.