Achimota s’exprime : les experts appellent à des réformes urgentes pour éviter la crise de l’éducation et des compétences

Maria

Achimota parle

Les experts de l’éducation et les parties prenantes ont appelé à des réformes immédiates pour lutter contre les inefficacités, les déficits de financement et la hausse des coûts qui paralysent le secteur éducatif du Ghana.

L’appel a été lancé lors du forum Achimota Speaks qui s’est tenu au British Council Hall à Accra sur le thème : « Autonomiser l’avenir du Ghana grâce à l’éducation : partenariats, gouvernance et résultats. »

Les déficits de financement menacent l’avenir de l’éducation au Ghana

Dans son discours d’ouverture, M. Kofi Asare, directeur exécutif d’Africa Education Watch (EduWatch), a averti que la baisse des investissements du Ghana dans l’éducation pourrait compromettre les résultats nationaux à long terme.

Il a révélé que les dépenses publiques consacrées à l’éducation ont chuté de 8 % du PIB en 2011 à seulement 3,1 % aujourd’hui, bien en dessous des critères recommandés par l’UNESCO. « Sans réforme urgente, le Ghana risque une crise nationale des compétences et de l’innovation », a prévenu M. Asare.

Il a vivement critiqué la politique des lycées gratuits (SHS), en particulier son recours à un internat généralisé. « Aucun pays ne fait de l’internat la norme au niveau secondaire comme le Ghana, et certainement pas gratuitement », a-t-il déclaré.

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M. Asare a souligné un déficit de financement évident : environ six millions d’élèves sont dans l’éducation de base, tandis que seulement 1,5 million sont au niveau secondaire, et pourtant le programme Free SHS absorbe 4,2 milliards de GH¢, soit près de 45 % du Fonds fiduciaire pour l’éducation du Ghana.

Il a averti que cette focalisation sur l’enseignement secondaire évince les investissements essentiels dans l’éducation de base et supérieure, en particulier dans les infrastructures et l’amélioration de la qualité.

Il a recommandé d’augmenter les dépenses d’éducation à au moins 6 % du PIB en mettant davantage l’accent sur les niveaux fondamental et supérieur, tout en intensifiant l’enseignement et la formation techniques et professionnels (EFTP).

« Seuls 10 % des étudiants ghanéens du secondaire sont inscrits dans des programmes d’EFTP, contre 40 % dans les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Avec seulement 35 % des étudiants accédant à l’enseignement supérieur, il est essentiel que la majorité quitte l’école avec des compétences pratiques et employables », a-t-il souligné.

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La surpopulation et le manque de ressources entravent l’apprentissage

Le Dr Beatrice Tsotso Adom, ancienne directrice de l’école Achimota et consultante en éducation, a souligné les défis liés aux salles de classe surpeuplées et aux ressources insuffisantes.

« L’élargissement de l’accès a augmenté les inscriptions, mais cela a également rendu la gestion des classes extrêmement difficile », a-t-elle déclaré.

Le Dr Adom a appelé à l’adoption de méthodes pédagogiques modernes et d’outils d’apprentissage du 21e siècle, notant que les enseignants sont souvent incapables de tirer parti de ces innovations en raison de systèmes de ressources centralisés.

Elle a encouragé la collaboration entre le gouvernement, les parents, les ONG et les institutions privées, suggérant de modestes contributions pour compléter les politiques d’éducation gratuite, en particulier pour le matériel pédagogique et d’apprentissage.

Une gouvernance et une responsabilité plus fortes sont nécessaires

M. Philip Dela Zumanu, président de la PTA de l’école Achimota, a souligné la nécessité d’une collaboration claire entre les parties prenantes et de minimiser l’interférence politique au niveau scolaire.

Il s’est félicité de l’autonomie croissante accordée aux chefs d’établissement, appelant à un équilibre entre pouvoir de décision et responsabilité. « Les chefs d’établissement doivent être responsabilisés, mais ils doivent également répondre de leurs décisions », a-t-il déclaré.

Par ailleurs, M. Frank D. Amponsah-Mensah, directeur de l’école internationale du Ghana, a averti que les enseignants manquent souvent de ressources, sont sous-payés et sous-évalués, alors que la société attend des performances élevées.

Le forum vise des solutions concrètes

La plateforme Achimota Speaks offre un espace aux leaders d’opinion pour examiner les questions nationales urgentes et proposer des réformes pratiques.

Le consensus lors du forum était clair : le Ghana doit réformer dès maintenant son financement de l’éducation, sa gouvernance et ses priorités politiques, sinon il risque de compromettre la future main-d’œuvre et la capacité d’innovation du pays.

Photo de groupe - Achimota