La Commission de justice administrative, alias l’Ombudsman, a exhorté le directeur des poursuites pénales (DPP) à porter plainte contre trois hauts fonctionnaires des comtés d’Isiolo, Meru et Laikipia pour n’avoir pas honoré les convocations.
Dans un communiqué publié mercredi 10 juin, le médiateur a indiqué que les trois hommes, Habiba Galgalo (Isiolo), David Baariu Mwirabua (Meru) et Wahome Koinange (Laikipia), avaient contrevenu à l’article 52 de la loi de la Commission en sautant les convocations.
« La Commission de justice administrative (Bureau du Médiateur) a recommandé que le directeur des poursuites pénales (DPP) envisage de poursuivre en justice la directrice du ministère des Finances du gouvernement du comté d’Isiolo, Mme Habiba Galgalo; le secrétaire par intérim du gouvernement du comté de Meru, M. David Baariu Mwirabua; et le secrétaire du comté de Laikipia, M. Wahome Koinange, en vertu de l’article 52 de la Commission des affaires administratives. Justice Act, 2011 », lit-on en partie dans le communiqué.
« Cela fait suite à leur non-respect des convocations délivrées par la Commission, conformément à l’article 252(3) de la Constitution du Kenya, aux articles 26 et 27 de la loi de 2011 sur la Commission de justice administrative et au règlement 17(4) du règlement du CAJ »
Pourquoi le médiateur a-t-il convoqué les responsables du comté ?
Dans le comté d’Isiolo, la commission étudie le cas de Habiba Galgalo, qui occupe le poste de directrice générale du ministère des Finances, à la suite d’une plainte déposée contre le gouvernement du comté concernant un retard excessif dans le paiement de 3 930 040 KSh pour des services de consultants et l’impression d’affiches, de brochures et d’un rapport sur la paix en 2016.
Il semblerait que la consultation impliquait l’élaboration d’un plan d’investissement du comté, qui a été achevé dans les délais requis, mais le paiement n’a pas encore été finalisé dix ans plus tard.
Après avoir reçu ladite plainte, la commission a tenté de résoudre le problème par des voies administratives en adressant des rappels au gouvernement, mais sans succès.
Cela l’a incité à aggraver l’affaire en délivrant une convocation au chef d’état-major le 4 mars 2026, qui a été reçue le 10 mars.
Elle ne s’est cependant pas présentée à l’audience du 7 avril 2026, sans fournir de raison légale ou justifiable pour son absence.
À cette absence s’ajoute le fait que cinq autres affaires pendantes contre elle, liées au non-paiement et au non-respect des convocations, sont en cours.
Quant à David Baariu Mwirabua, secrétaire par intérim du comté de Meru, il ne s’est pas non plus présenté à une convocation en raison des retards et du manque de réponse dans la réponse aux préoccupations concernant le non-versement des prestations de retraite des plaignants au Fonds fiduciaire de retraite des autorités locales (LAPFUND).
Les plaignants ont signalé à la commission que leurs prestations de retraite n’avaient pas été versées à LAPFUND comme requis.
Malgré les efforts pour contacter le secrétaire du comté, qui n’a pas répondu aux communications de la Commission, ne laissant à la commission d’autre choix que d’aggraver l’affaire en délivrant une convocation le 20 janvier 2026.
Cependant, il a également sauté l’audience prévue le 3 mars 2026 et n’a fourni aucune raison légale ou justifiable pour son absence.
La commission l’accuse également de faute grave en raison de son refus de répondre à la correspondance de la Commission.
Enfin, Wahome Koinange, secrétaire du comté de Laikipia, a des démêlés avec le médiateur pour ne pas avoir respecté une convocation suite à une plainte alléguant l’inaction, le retard, le traitement injuste et l’injustice manifeste de la part du gouvernement du comté.
Après avoir reçu la plainte, la commission a ouvert une enquête et a ainsi convoqué le secrétaire départemental le 10 février 2026.
Il ne s’est pas non plus présenté à son audience du 3 mars 2026 et n’a fourni aucune raison légale ou justifiable pour son absence.
Quelles sont les conséquences du non-respect de la convocation du médiateur ?
Désormais, la commission qualifie ces actions de faute délibérée, en violation de ses obligations en vertu de l’article 232(1)(a) et (c) de la Constitution, et pourrait conduire à une mauvaise administration comme l’envisage l’article 8(b) de la loi CAJ, d’autant plus qu’ils continuent d’occuper des postes dans leurs gouvernements de comté respectifs.
Les dossiers des trois ont depuis été transmis à l’ODPP pour suite à donner.
Selon l’article 52 de la loi de la Commission, toute personne qui n’honore pas une convocation commet une infraction et, en cas de condamnation, elle peut être passible d’une amende ne dépassant pas 500 000 KSh, d’une peine d’emprisonnement n’excédant pas deux ans, ou des deux.






