Pourquoi les chrétiens ne sont pas d’accord sur la question de savoir si Jésus avait des frères et sœurs

Maria

Jésus-Christ

Le Nouveau Testament nomme quatre frères de Jésus, mais les chrétiens se disputent depuis des siècles pour savoir s’il s’agissait de ses frères et sœurs, de ses cousins ​​ou de ses demi-frères aînés.

Les Évangiles de Marc et Matthieu énumèrent les quatre noms, Jacques, Joseph, Simon et Judas, et mentionnent dans le même souffle des sœurs anonymes. L’apôtre Paul ajoute sa propre référence, appelant l’un d’eux « Jacques, le frère du Seigneur ». En surface, le langage semble simple. Le débat porte sur la signification réelle du mot frère.

Trois lectures se sont affrontées depuis l’Église primitive, et chacune correspond toujours à une tradition chrétienne majeure.

La première prend les textes au pied de la lettre. La plupart des protestants soutiennent que Marie et Joseph ont eu des enfants ensemble après la naissance de Jésus, faisant de ces frères ses demi-frères et sœurs par le sang. Cette vision est souvent attribuée à un écrivain du quatrième siècle nommé Helvidius.

La seconde donne une lecture plus large du terme. L’Église catholique romaine, à la suite de Jérôme, soutient que le mot grec pour frère, adelphos, ainsi que ses racines hébraïques et araméennes, pourraient s’étendre aux cousins ​​et autres parents proches, comme le faisaient souvent les liens familiaux plus larges dans l’ancien Proche-Orient. Selon cette lecture, les frères étaient des parents et non des enfants de Marie.

La troisième place les frères dans le passé de Joseph. La tradition orthodoxe orientale soutient généralement qu’ils étaient les enfants de Joseph issus d’un mariage avant Marie, ce qui ferait d’eux les demi-frères de Jésus et plus âgés que lui.

Derrière la question textuelle se cache une question doctrinale. L’enseignement catholique et orthodoxe soutient la virginité perpétuelle de Marie, la croyance qu’elle est restée vierge tout au long de sa vie. Une lecture dans laquelle elle a donné naissance à d’autres enfants ne peut pas être conciliée avec cela, c’est pourquoi les deux traditions privilégient des interprétations qui ne l’exigent pas. Les églises protestantes, qui ne soutiennent pas cette doctrine, ne voient aucune raison de lire les passages autrement que littéralement.

L’argument n’est pas purement abstrait. L’un de ces frères, Jacques, est devenu une figure de proue de l’Église primitive de Jérusalem, et l’historien juif du premier siècle Josèphe le décrit comme le frère de Jésus, un témoin inhabituellement précoce venant de l’extérieur des sources chrétiennes.

Ce que les textes règlent et ce qu’ils laissent ouvert sont deux choses différentes. Ils nomment clairement des hommes appelés frères de Jésus. Que le lien soit du sang, du mariage ou d’une parenté plus large, les mots ne suffisent pas à décider, c’est pourquoi, près de deux mille ans plus tard, la réponse dépend toujours de la tradition qui fait la lecture.