La côte sablonneuse d’Anlo produit des légumes toute l’année

Maria

Légumes feuillus

Le long de la côte de la région de la Volta, de Whuti à Keta en passant par Tegbi, les agriculteurs cultivent des légumes chaque mois de l’année, puisant l’eau douce de puits peu profonds creusés dans l’aquifère sableux sous leurs champs.

La bande se classe parmi les zones maraîchères les plus établies du Ghana. Les registres agricoles citent Whuti, Anloga, Woe et Tegbi parmi les principales villes productrices, où les échalotes, les tomates, les poivrons, le gombo et les carottes poussent dans des plates-bandes bien ordonnées sur un sol sablonneux pur qui s’écoule rapidement.

L’agriculture s’appuie davantage sur les eaux souterraines que sur les précipitations. Les agriculteurs exploitent la lentille d’eau douce contenue dans le sable et déplacent l’eau vers leurs lits, une pratique qui soutient la culture ici depuis des générations. Une enquête réalisée en 2004 par la Ghana Irrigation Development Authority (GIDA) a décrit la région comme le plus grand système d’irrigation informel du pays, couvrant environ 4 000 hectares exploités toute l’année.

Cette dépendance à l’eau de puits plutôt qu’à des canalisations polluées donne aux produits une réputation plus propre que les légumes de certaines parcelles urbaines et périurbaines, où l’irrigation par eaux usées soulève des problèmes de sécurité. Le système utilise également une longue tradition d’utilisation d’engrais organiques tels que la bouse de vache et les fientes de volaille, bien que les agriculteurs appliquent également des engrais, de sorte que la production n’est pas certifiée biologique.

Le modèle fait face à une réelle pression. Les chercheurs qui étudient la langue de sable de Keta avertissent qu’une utilisation intensive des puits et l’intrusion d’eau salée provenant de la mer et de la lagune de Keta pourraient augmenter la salinité et dégrader la source d’eau douce dont les fermes ne peuvent se passer.

Les bailleurs de fonds y voient toujours des promesses commerciales alors que la demande augmente pour des aliments traçables et cultivés en toute sécurité. Keta se trouve à environ 160 kilomètres à l’est d’Accra, à près de trois heures de route, ce qui place les fermes à proximité des supermarchés, des hôtels et des ménages de la capitale qui dépendent souvent des importations ou des produits cultivés en ville. La conversion de cette proximité en un approvisionnement régulier dépendrait de l’amélioration des routes, du stockage et de l’organisation du commerce, qui restent des travaux en cours.