L’ancien député de Dormaa Est, Paul A. Twum-Barimah, a défendu vigoureusement la récente décision de la Haute Cour restreignant les pouvoirs de poursuite indépendants du Bureau du procureur spécial (OSP), arguant que la décision est fermement ancrée dans le cadre constitutionnel du Ghana et non dans un excès judiciaire.
Au cœur de son argument se trouve l’article 88 de la Constitution du Ghana de 1992, qui confère au seul procureur général le pouvoir d’engager et de mener des poursuites pénales. Selon lui, cette disposition oblige constitutionnellement tout autre organisme, y compris l’OSP, à fonctionner sous l’autorisation ou la direction du procureur général lorsqu’il poursuit des affaires pénales.
Il a en outre invoqué l’article 130 de la Constitution du Ghana de 1992, soulignant que seule la Cour suprême a le dernier mot en matière d’interprétation constitutionnelle, ce qui suggère que la controverse actuelle nécessite en fin de compte une résolution à ce niveau.
Renforçant la suprématie de la Constitution, M. Twum-Barimah a cité l’article 1(2) de la Constitution du Ghana de 1992, qui déclare nulle et non avenue toute loi incompatible avec la Constitution dans la mesure de l’incompatibilité. Selon lui, cela place la loi de 2017 sur le Bureau du procureur spécial (loi 959) dans une position subordonnée où ses dispositions entrent en conflit avec les mandats constitutionnels.
Tout en reconnaissant que la loi 959 a été adoptée pour protéger les poursuites pour corruption de toute ingérence politique, il a averti qu’une telle intention législative ne peut pas outrepasser les dispositions constitutionnelles bien établies. Agir ainsi, a-t-il averti, risquerait d’éroder l’ordre constitutionnel sous couvert de renforcer les mécanismes de responsabilisation.
M. Twum-Barimah a également souligné les implications plus larges de l’incertitude juridique, notant que des interprétations incohérentes pourraient mettre en péril les affaires de corruption en cours et conclues. Il a donc appelé à une décision définitive de la Cour suprême du Ghana pour régler la question et apporter de la clarté à toutes les institutions de l’État.
Selon lui, la Haute Cour a simplement appliqué la loi telle qu’elle est, laissant le dernier mot au tribunal suprême pour concilier la tension apparente entre l’autorité constitutionnelle et l’innovation statutaire dans l’architecture anti-corruption du Ghana.






