

Ing. Abdi Ali Barkad
Analyste politique indépendant
Hargeisa, Somaliland
L’administration de Villa Somalia traverse actuellement une période de tensions politiques et diplomatiques croissantes, notamment à la lumière de ses récentes lacunes sur la scène internationale. L’un des exemples les plus notables est son incapacité à contrer ou influencer efficacement les discussions autour de la reconnaissance potentielle de la République du Somaliland par des acteurs extérieurs, dont Israël. À la suite de ces développements, l’administration a eu recours à la diffusion d’affirmations contradictoires et non vérifiées, selon lesquelles le gouvernement israélien aurait nommé un ambassadeur pour représenter ses intérêts au Somaliland.
De telles affirmations manquent non seulement de preuves crédibles, mais révèlent également une incohérence plus profonde dans la position politique de Villa Somalia. Depuis plus de trois décennies, les administrations successives de Mogadiscio se sont fermement opposées à la quête de reconnaissance internationale du Somaliland, la présentant systématiquement comme un défi à l’intégrité territoriale de la Somalie. Le changement soudain vers le recours à une représentation diplomatique au Somaliland, qu’elle soit exacte ou non, reflète une stratégie réactive et incohérente plutôt qu’une approche de politique étrangère fondée sur des principes ou cohérente.
La communauté internationale n’est ni ignorante ni indifférente à ces contradictions. Les acteurs diplomatiques, les décideurs politiques et les observateurs reconnaissent depuis longtemps la divergence entre la rhétorique et la réalité dans la position de la Somalie sur le Somaliland. Ces incohérences minent la crédibilité des affirmations de Villa Somalia et affaiblissent encore davantage sa capacité à présenter un discours cohérent sur la scène mondiale.
En revanche, la République du Somaliland constitue un exemple convaincant de résilience, de stabilité et d’autonomie dans une région complexe et souvent instable. Depuis la réaffirmation de sa souveraineté en 1991, le Somaliland s’est lancé dans un parcours remarquable de construction d’un État, fondé sur l’appropriation locale, la réconciliation et le développement institutionnel. Au cours des trois dernières décennies, il a réussi à construire un système politique fonctionnel et de plus en plus mature, qui reflète la volonté et les aspirations de sa population.
Au cœur de la gouvernance du Somaliland se trouve un cadre démocratique qui donne la priorité à la transparence, à la responsabilité et à la participation du public. Le pays a organisé plusieurs élections pacifiques, notamment des élections présidentielles, parlementaires et municipales, chacune renforçant la légitimité de ses institutions politiques. Le président est élu au suffrage populaire, ce qui reflète une véritable expression de la volonté, tandis que le parlement bicaméral assure la représentation et le contrôle législatif.
L’engagement du Somaliland à maintenir la paix et la sécurité à l’intérieur de ses frontières est tout aussi significatif. Grâce à la mise en place d’un appareil de sécurité discipliné et orienté vers le pays, comprenant l’armée et les forces de police nationales, le pays a réussi à préserver la stabilité dans une région souvent caractérisée par les conflits et l’insécurité. Cette réalisation n’est pas fortuite ; c’est le résultat de politiques délibérées, d’un engagement communautaire et d’un fort sentiment d’identité nationale.
Sur le plan économique, le Somaliland a fait preuve d’une résilience remarquable malgré l’absence de reconnaissance internationale formelle. L’existence d’une monnaie nationale fonctionnelle, le shilling du Somaliland, et le développement de secteurs clés tels que l’élevage, le commerce et les services portuaires, notamment via Berbera, mettent en évidence la capacité du pays à soutenir et à développer son économie dans des conditions difficiles. Ces réalisations soulignent une réalité plus large : le Somaliland fonctionne comme un État indépendant doté de tous les attributs essentiels de la souveraineté.
Les tentatives de Villa Somalia de jeter le doute sur la légitimité du Somaliland doivent donc être comprises dans ce contexte plus large. Plutôt que de s’attaquer à ses propres défis internes, notamment les problèmes de sécurité, les problèmes de gouvernance et un contrôle territorial limité, l’administration semble s’engager dans des discours visant à saper les progrès du Somaliland. Toutefois, ces efforts sont de plus en plus perçus comme politiquement motivés et déconnectés des réalités du terrain.
Il est également important de noter que le recours à la désinformation et à la propagande, notamment via les plateformes numériques, est devenu une caractéristique récurrente de cette approche. Ces campagnes cherchent à créer de la confusion, à déformer les faits et à influencer la perception du public, tant au niveau national qu’international. Cependant, à une époque d’accès accru à l’information et de surveillance accrue, il est peu probable que de telles tactiques atteignent les objectifs visés.
La République du Somaliland reste fidèle à son engagement envers ses principes fondamentaux : la démocratie, la paix et l’autodétermination. Ses institutions continuent d’évoluer, sa population reste unie et ses dirigeants se concentrent sur la promotion de l’intérêt national. Plutôt que de se laisser entraîner dans des cycles de réaction aux discours extérieurs, le Somaliland trace une voie tournée vers l’avenir centrée sur le renforcement de la gouvernance, l’expansion des opportunités économiques et l’approfondissement de son engagement auprès de la communauté internationale.
La question de la reconnaissance n’est pas simplement une aspiration politique ; il reflète une réalité existante. Le Somaliland a démontré de manière constante et convaincante qu’il répond aux critères d’État tels que définis par les normes internationales, notamment un territoire défini, une population permanente, un gouvernement efficace et la capacité d’entretenir des relations avec d’autres États.
En conclusion, les récits récents issus de la Villa Somalia ne changent guère les réalités fondamentales sur le terrain. La souveraineté du Somaliland n’est pas une question de spéculation ; c’est une réalité vécue et fonctionnelle soutenue par des décennies de stabilité, de gouvernance et de légitimité populaire. Les tentatives visant à saper cette réalité par des affirmations incohérentes ou des manœuvres politiques échoueront.
Note de l’éditeur : les opinions exprimées dans l’article ne reflètent pas nécessairement celles de Togolais.info.
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