

Par Tekeleselassie W.
Introduction
L’Église orthodoxe éthiopienne Tewahedo, l’une des plus anciennes institutions chrétiennes au monde, est confrontée à des attaques répétées malgré les garanties constitutionnelles de liberté religieuse. Les chrétiens orthodoxes d’Éthiopie ont été pris pour cible dans plusieurs régions d’Oromia, notamment East Wollega, East Arsi, Merti et Sherka.
Ces attaques ont été documentées par les médias locaux, les réseaux sociaux et les déclarations des églises, y compris des preuves visuelles d’enterrements et de cérémonies de deuil communautaires. Une telle documentation publique souligne la gravité de ces événements.
Obligations constitutionnelles et responsabilité de l’État
La Constitution de la République fédérale démocratique d’Éthiopie garantit le droit à la vie, l’égalité devant la loi et la liberté de religion. En outre, l’Éthiopie est signataire d’accords internationaux tels que le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, qui obligent l’État à garantir que les communautés religieuses puissent pratiquer leur foi librement et sans crainte de violence.
Attaques majeures contre les chrétiens orthodoxes (2018-2026)
- Depuis l’arrivée au pouvoir d’Abiy Ahmed en 2018, les attaques contre les fidèles de l’Église orthodoxe éthiopienne Tewahedo n’ont cessé de se multiplier à travers le pays. Plusieurs rapports font état d’une tendance inquiétante à la violence au cours des dernières années :
- Mars 2021, Église d’Abo (Wollega Est) : Environ 30 civils, dont des femmes et des enfants, auraient été tués et d’autres enlevés.
- Janvier 2022, Addis-Abeba : lors d’une célébration religieuse, au moins 10 fidèles auraient été tués et plusieurs autres blessés.
- 2023, Metehara : Des pèlerins revenant d’une fête à l’église ont été attaqués, faisant environ 8 morts. Plus tard cette année-là, des meurtres et des pillages ont eu lieu au monastère de Ziquala, faisant environ 12 morts jusqu’au début de 2024.
- Mars 2024, Dodola (Arsi Est) : Des membres du clergé et des membres de leurs familles auraient été tués, totalisant environ 15 morts.
- Octobre 2025, Merti et Sherka : des assauts à grande échelle ont fait au moins 25 morts parmi les civils.
- Début 2026, East Arsi : une nouvelle escalade a été enregistrée en mars 2026, au cours de laquelle plus de 21 chrétiens orthodoxes ont été tués, des maisons incendiées et des personnes enlevées.
Ces chiffres reflètent uniquement les cas rapportés publiquement ; le nombre réel de victimes peut être plus élevé. De nombreux incidents, notamment dans les zones reculées ou en période d’instabilité, restent non documentés.
La brutalité de ces attaques a eu de profonds effets psychologiques sur les survivants et les communautés. Les familles qui perdent des êtres chers, les personnes déplacées et celles qui vivent dans la peur d’attaques répétées souffrent de stress émotionnel, d’anxiété et de traumatismes à long terme, ce qui a un impact non seulement physique mais aussi psychologique et social.
Human Rights Watch et Amnesty International ont documenté un schéma constant de violence en Oromia, en particulier à Arsi et dans les zones voisines. Les civils, notamment les chrétiens orthodoxes amhara et éthiopiens, ont été touchés. Les forces de sécurité gouvernementales et les groupes armés ont été impliqués dans de graves violations des droits humains, notamment des exécutions extrajudiciaires, des enlèvements et des déplacements forcés.
Inaction observée du gouvernement
L’absence répétée de mesures préventives, la lenteur des réponses et la transparence limitée des enquêtes mettent en évidence de graves lacunes en matière de protection, laissant les communautés vulnérables à des attaques répétées. Des réponses tardives, un manque d’intervention et, dans certains cas, une possible tolérance ou complicité suggèrent que le gouvernement n’a pas respecté son devoir de protection des citoyens.
Les observateurs notent que, étant donné l’efficacité du gouvernement à réprimer d’autres formes de dissidence, les attaques répétées et le silence qui en résulte suscitent de sérieuses inquiétudes. On soupçonne de plus en plus que ce silence pourrait être délibéré, peut-être dans le but de détourner l’attention du public de la situation sur le terrain.
Plaidoyer de la diaspora et réponse internationale
La diaspora orthodoxe éthiopienne a activement cherché à sensibiliser l’opinion à ces attaques. Des groupes organisés et des individus se sont mobilisés pour plaider en faveur de la protection et de la responsabilité. Cependant, ces efforts se heurtent souvent à des défis, notamment les divisions communautaires, la méfiance, l’influence politique et une expérience limitée en matière de plaidoyer ou de sensibilisation mondiale.
Pour améliorer leur efficacité, les groupes de la diaspora doivent se concentrer sur l’unité, la coordination et la cohérence des messages. Les efforts de plaidoyer doivent s’appuyer sur des preuves vérifiables et une communication claire pour influencer les décideurs, les organisations internationales et les médias.
Conclusion
L’Église orthodoxe éthiopienne Tewahedo reste au cœur du patrimoine religieux et culturel éthiopien. La protection du clergé, des fidèles et des institutions religieuses fait partie intégrante du respect des droits constitutionnels.
Cet article présente des récits factuels et vérifiables d’attaques, d’enlèvements et de meurtres récurrents, ainsi que de l’inaction observée du gouvernement, soulignant le besoin urgent de mesures de protection plus strictes et de responsabilisation.
Note de l’éditeur : les opinions exprimées dans l’article ne reflètent pas nécessairement celles de Togolais.info.
__
À soumettre Communiqué de presseenvoyez la soumission à info@Togolais.info





Les soirées football rassemblent les Ghanéens, mais comment rentrent-ils chez eux ?