Le Zanu-PF interdit les services religieux pour ouvrir la voie à un rassemblement visant à promouvoir le projet de loi d’amendement constitutionnel n°3

Maria

Le Zanu-PF interdit les services religieux pour ouvrir la voie à un rassemblement visant à promouvoir le projet de loi d'amendement constitutionnel n°3

LE parti Zanu PF au pouvoir dans le district de Mudzi, dans la province du Mashonaland Est, est embourbé dans la controverse après avoir ordonné la suspension des services religieux dans toute sa juridiction pour ouvrir la voie à un rassemblement politique visant à promouvoir le projet de loi d’amendement constitutionnel numéro 3.

Ces dernières semaines, le parti a mené une campagne éclair pour façonner l’opinion publique sur les changements législatifs controversés proposés, qui visent, entre autres, à prolonger le mandat du président Emmerson Mnangagwa, à suspendre les élections de 2028 et à accorder aux législateurs et conseillers en exercice deux années supplémentaires de mandat.

La lettre divulguée du Zanu PF interdisant les services religieux dans le district de Mudzi, province du Mashonaland Est

Dans une communication divulguée et consultée par NewZimbabwe.com, le Zanu PF a récemment demandé aux églises d’annuler les services prévus ce dimanche 29 mars 2026 et d’ordonner à tous les fidèles d’assister à un rassemblement politique auquel s’adressera le président provincial du parti, Daniel Garwe, qui est également ministre du gouvernement local.

« Veuillez noter que le dimanche 29 mars 2026, il y aura une réunion inter-district à laquelle s’adressera le président provincial du Mashonaland Est, le Cde D. Garwe, au lycée de Kotwa », lit-on dans la lettre générale datée du 25 mars adressée au « pasteur ».

« À la lumière de cette importante réunion, nous vous encourageons à suspendre le service religieux ce jour-là pour permettre aux fidèles d’y assister. »

La lettre a été signée par le président du comité de coordination du district de Zanu PF Mudzi, un certain M. Mashonganyika.

Selon des sources, les responsables du Zanu PF ont menacé de prendre des mesures non précisées contre tout dirigeant religieux qui défierait l’ordre.

L’incident a suscité l’indignation des fidèles et des partis d’opposition, qui accusent le parti au pouvoir d’intimider les citoyens et de supprimer leurs droits.

« Il s’agit d’un cas évident d’intolérance politique et d’abus de pouvoir », a déclaré un militant politique de l’opposition, qui a préféré garder l’anonymat.

« Personne ne devrait être au-dessus des lois, et personne ne devrait être autorisé à forcer les gens à assister à un rassemblement, en particulier après avoir profané leur journée consacrée au culte du Tout-Puissant tout en les forçant à adorer en héros une divinité mortelle. »

L’incident a ravivé les inquiétudes concernant le traitement réservé aux citoyens ordinaires par le gouvernement de Mnangagwa et l’érosion continue des libertés démocratiques dans le pays.