Le mariage de convenance entre le régime d’Isaias Afwerki et les formations politiques éthiopiennes
Note de l’éditeur : les opinions exprimées dans l’article ne reflètent pas nécessairement celles de Togolais.info.


Gezahegn Engida
L’opposition politique éthiopienne est une fois de plus confrontée à une épreuve familière : comment gérer Isaias Afwerki. Le conflit en cours entre le Premier ministre Abiy Ahmed et Isaias au sujet du port d’Assab a contraint les groupes d’opposition à prendre position. La question est de savoir s’ils ont tiré les leçons du passé, lorsque certains d’entre eux ont servi d’instruments et d’alliés à Isaias, souvent contre les propres intérêts de l’Éthiopie. À en juger par les discussions d’aujourd’hui, la réponse semble être non. Les mêmes vieilles excuses sont répétées : «Nous nous allierons avec le diable» « Il n’y a ni amis ni ennemis permanents » ou « Si nous ne concluons pas cette alliance, notre peuple périra. »
Il y a un demi-siècle, les groupes d’opposition éthiopiens ont commis une erreur similaire. Poussés par leur haine du régime brutal de Mengistu Haile Mariam, ils se sont rangés du côté d’Isaias et de son mouvement rebelle, Shabia, fortement soutenu par l’Égypte et d’autres États arabes. Avec le TPLF, l’OLF et d’autres, ils ont affaibli l’armée éthiopienne en ouvrant de nouveaux fronts de bataille, en diffusant de la désinformation et en participant même à des opérations militaires. Sans leur aide, la sécession de l’Érythrée – malgré les affirmations ultérieures de Shabia – n’aurait jamais réussi.
Aujourd’hui, l’histoire menace de se répéter. De nombreux membres de l’opposition laissent leur colère et leur mépris amer envers la dictature d’Abiy obscurcir leur jugement sur le véritable intérêt national de l’Éthiopie – en l’occurrence, l’effort légitime pour retrouver l’accès au port d’Assab.
Le danger des alliances à court terme
L’histoire montre que les alliances politiques à court terme avec des groupes nuisibles se terminent presque toujours par un désastre. Lorsque les politiciens se concentrent uniquement sur des victoires rapides ou sur des luttes de pouvoir, ils ignorent ce qui compte réellement pour la stabilité à long terme de leur pays.
L’une des plus grandes erreurs commises par les dirigeants est de confondre avantage tactique et intérêt stratégique. Un accord à court terme peut apporter un soulagement temporaire ou aider à vaincre un adversaire, mais s’il va à l’encontre des objectifs à long terme du pays, il crée des problèmes plus profonds. Des slogans comme « Nous nous allierons avec le diable » ou « Il n’y a ni amis ni ennemis permanents » Cela peut paraître intelligent, mais ils justifient souvent des choix imprudents qui affaiblissent l’unité nationale.
Ces alliances sont généralement défendues par des affirmations émotionnelles telles que : « Si nous ne le faisons pas, notre peuple périra. » Mais de tels arguments cachent un échec plus profond : l’incapacité d’avoir une vision d’ensemble. Les dirigeants concentrés uniquement sur leur ennemi immédiat ignorent la menace à long terme que représentent leurs soi-disant alliés. Ils peuvent gagner une bataille politique, mais perdre la nation dans le processus.
L’histoire tragique de la Somalie est un avertissement. Au fil des années, divers groupes ont formé des alliances temporaires pour combattre leurs rivaux, pour ensuite déchirer le pays et détruire son gouvernement central. Les élites politiques éthiopiennes ont commis des erreurs similaires, s’associant à plusieurs reprises à des adversaires de longue date – notamment l’Égypte, le Soudan et d’autres – dans le seul but d’affaiblir leurs opposants nationaux. Ces choix à courte vue ont porté atteinte à plusieurs reprises à l’unité et à la force nationale de l’Éthiopie.
En fin de compte, la poursuite du pouvoir au travers d’alliances dangereuses révèle un manque de vision. Lorsque les dirigeants choisissent la commodité plutôt que les principes, ils mettent en danger l’avenir de la nation. La leçon est claire : les raccourcis vers le pouvoir peuvent sembler tentants, mais ils conduisent souvent à la ruine.
Note de l’éditeur : les opinions exprimées dans l’article ne reflètent pas nécessairement celles de Togolais.info.
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