Un aperçu détaillé vers l’indépendance et la reconnaissance de la République du Somaliland

Maria

Reconnaissance du Somaliland Reconnaissance du Somaliland

Ing. Abdi Ali Barkad

Géographie et démographie

Le Somaliland est situé dans la Corne de l’Afrique, bordé par Djibouti au nord-ouest, l’Éthiopie au sud et à l’ouest et la Somalie à l’est. Avec une superficie d’environ 176 120 kilomètres carrés et une population proche de 6,2 millions d’habitants en 2024, sa capitale, Hargeisa, est la plus grande ville et un centre de gouvernance et de culture pour ses habitants. Le vaste littoral de la région, long de 850 kilomètres le long du golfe d’Aden, notamment près du détroit de Bab al-Mandeb, souligne son importance pour le commerce maritime international et la sécurité, ce qui en fait un atout stratégique dans la politique régionale.

L’histoire du Somaliland remonte à sa création en tant que protectorat britannique en 1884, et a obtenu son indépendance formelle le 26 juin 1960. Cette indépendance a été reconnue par trente-cinq pays, dont d’importantes puissances mondiales. Peu de temps après, le Somaliland a choisi de s’unir à la Somalie, un territoire sous domination coloniale italienne. Cependant, cette fusion était imparfaite, car il lui manquait un traité ratifié, et un référendum de 1961 démontra le rejet par la population du Somaliland d’un État unifié. Des décennies de négligence systématique et de privation de droits politiques de la part du gouvernement central somalien ont exacerbé les tensions, aboutissant à une violente oppression dans les années 1980 sous le régime de Siad Barre, qui a provoqué d’immenses souffrances et déplacements.

Les circonstances tragiques des années 1982-1990, marquées par d’horribles violations des droits de l’homme dans des villes comme Hargeisa Burao, Ergavo, Barbera et Gabilay, ont poussé le Somaliland à rétablir son indépendance une fois de plus en mai 1991 lors de la Conférence de Burao. Cela a été crucial pour préparer le terrain pour le modèle de gouvernance contemporain du Somaliland et ses aspirations à la reconnaissance internationale.

Après avoir restauré son indépendance, le Somaliland a atteint une stabilité politique remarquable et une démocratie fonctionnelle. Il a établi un système politique multipartite avec des élections régulières et des transitions pacifiques du pouvoir, se distinguant dans une région souvent caractérisée par des conflits. Le gouvernement a mis en place un système judiciaire indépendant et un parlement bicaméral, fournissant un cadre de gouvernance qui met l’accent à la fois sur la responsabilité et la participation.

En outre, le Somaliland a développé un appareil de sécurité solide, capable de lutter contre diverses menaces, notamment l’extrémisme et la piraterie, ce qui est crucial pour le maintien de la stabilité régionale. La maîtrise réussie de l’influence d’Al-Shabaab illustre l’engagement du Somaliland à protéger ses frontières et à contribuer à une sécurité régionale plus large.

Le paysage économique du Somaliland a connu des développements notables, notamment avec des investissements tels que le projet de 442 millions de dollars de Dubai Port World au port de Berbera, une route asphaltée de 150 millions de dollars sur 250 km de Berbera à la frontière éthiopienne (ville de Togwajale) et une route de contournement de 20 km financée (17 millions de dollars) par le Royaume-Uni. Ce projet est essentiel pour améliorer les routes commerciales, en particulier avec l’Éthiopie, et faire du Somaliland une plaque tournante commerciale importante en Afrique de l’Est. Le projet Berbera Corridor soutient non seulement la croissance économique, mais améliore également la connectivité régionale, favorisant ainsi la collaboration économique.

Le Somaliland a promu des alliances stratégiques sur la scène internationale. Sa relation avec Taiwan illustre un partenariat fondé sur des valeurs et des principes démocratiques partagés. En outre, le Somaliland entretient des relations positives avec l’Éthiopie, les Émirats arabes unis, le Kenya, le Royaume-Uni, l’UE et les États-Unis, renforçant ainsi son rôle de force stabilisatrice dans la géopolitique régionale. La gouvernance stable et les progrès économiques réalisés par le Somaliland ont éclairé ses interactions et sa collaboration avec ces pays et organisations.

Le Somaliland satisfait aux critères de statut d’État énoncés dans la Convention de Montevideo, démontrant une population permanente, un territoire défini, des structures de gouvernance établies et la capacité de s’engager dans des relations étrangères. En reconnaissant formellement le Somaliland, l’UE réaffirmerait son engagement à promouvoir la démocratie et les droits de l’homme, renforçant ainsi la responsabilité et les normes internationales.

La reconnaissance du Somaliland serait une manœuvre stratégique pour l’UE, contribuant à la sécurité régionale dans la Corne de l’Afrique. Cela contrebalancerait les influences déstabilisatrices et créerait un environnement propice à la paix et à la coopération dans le golfe d’Aden. Cette reconnaissance est conforme aux intérêts économiques de l’UE, favorisant des partenariats susceptibles de conduire à de meilleures opportunités commerciales et de développement, renforçant ainsi un allié démocratique stable dans une région instable.

Conclusion

À la lumière des développements en cours, nous encourageons vivement l’Union européenne (UE) à adopter une position de principe et proactive concernant la reconnaissance de la République du Somaliland. Ce moment charnière appelle l’UE, en collaboration avec la communauté internationale au sens large, à reconnaître formellement les aspirations du Somaliland et la place qui lui revient dans le cadre mondial des nations souveraines.

Reconnaître le Somaliland n’est pas simplement un geste diplomatique ; il représente un profond hommage aux sacrifices et à la résilience du peuple du Somaliland, qui a démontré un engagement inébranlable en faveur de la paix, de la stabilité et de la gouvernance démocratique dans une région souvent assiégée par un conflit. Les efforts du Somaliland pour établir un gouvernement fonctionnel et maintenir la cohésion sociale dans des circonstances difficiles méritent le soutien et la reconnaissance de la communauté internationale.

En outre, une telle reconnaissance est conforme aux principes démocratiques fondamentaux qui promeuvent l’autodétermination et l’État de droit. En soutenant la quête de reconnaissance du Somaliland, l’UE peut apporter une contribution significative à la promotion de la démocratie dans la Corne de l’Afrique, favorisant ainsi un environnement propice à une paix et une sécurité durables. Cet acte de reconnaissance non seulement affirmerait les luttes du peuple du Somaliland pour un État et une gouvernance autonome, mais constituerait également une étape cruciale vers la construction d’un paysage international plus stable et plus harmonieux.

En conclusion, la reconnaissance par l’UE de la République du Somaliland symboliserait un engagement à défendre les valeurs démocratiques tout en faisant progresser la quête collective de la paix et de la sécurité mondiales. Il est temps pour l’UE de se tenir fermement aux côtés du Somaliland dans son chemin vers la légitimité internationale.

L’ingénieur Abdi Ali Barkhad est consultant senior. Il a également étudié la diplomatie internationale et est un analyste politique et écrivain connu pour ses commentaires détaillés sur la politique de la Corne de l’Afrique et les relations internationales. Il a publié de nombreux articles analysant les politiques actuelles dans la région et est un fervent défenseur de la cause de la République du Somaliland. Il peut être contacté à : tra50526@gmail.com

Note de l’éditeur : les opinions exprimées dans l’article ne reflètent pas nécessairement celles de Togolais.info.

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