Le pari du Dr Abiy Ahmed pendant les cinq prochaines années

Maria

Note de l’éditeur: les vues dans l’article ne reflètent pas nécessairement les vues de Togolais.info

Éthiopie _ milliardaire Éthiopie _ milliardaire

Mohamud A. Ahmed – Cagaweyne

Comment le Dr Abiy Ahmed joue sur l’aviation, les engrais, le pétrole, le ciment, l’industrie, l’énergie et le logement pour transformer une nation blessée – et pourquoi le succès ou l’échec définira le destin de l’Éthiopie.

Il y a des moments dans l’histoire où les nations doivent choisir de succomber au poids de leurs propres crises ou de se tenir debout contre le désespoir. L’Éthiopie vit dans un tel instant aujourd’hui. Sa politique est fracturée, son économie est tendue et sa société est blessée. Pourtant, au milieu de cette turbulence, le Premier ministre, le Dr Abiy Ahmed, a osé dévoiler un programme radical pour les cinq prochaines années – un plan audacieux à sept projets qui, s’il est réalisé, pourrait reconfigurer la place de l’Éthiopie sur la scène africaine et mondiale.

Ce n’est pas un plan ordinaire. C’est un pari avec le destin. Le Dr Abiy envisage l’expansion des compagnies aériennes éthiopiennes, la construction de complexes d’engrais, la création de raffineries de pétrole, la mise à l’échelle des industries en ciment, le développement de parcs industriels, le lancement de centres énergétiques pétrochimiques et la construction de 1,5 million de logements. Ensemble, ces initiatives constituent une déclaration selon laquelle l’Éthiopie ne sera pas prisonnier de ses malheurs actuels. Ils sont l’architecture d’un avenir où l’ambition dépasse l’anxiété, où l’Éthiopie ne survit pas seulement mais se transforme.

Ce qui rend ce moment électrique, c’est que l’Éthiopie vient de terminer le grand barrage de la Renaissance éthiopienne, un projet de cinq milliards de dollars financé par ses propres citoyens à un moment où les institutions mondiales en doutaient. Le RGO est plus que le béton et les turbines. C’est un message au monde que l’Éthiopie, bien que battue, est capable de miracles. Ses turbines fredonnent non seulement avec l’électricité mais avec la crédibilité, projetant l’idée que cette nation peut terminer ce qu’elle commence. C’est cette crédibilité qu’Abiy cherche maintenant à se transformer en financement, à la confiance des investisseurs et à la légitimité populaire.

Pourtant, la route à venir n’est pas facilement pavée. Le terrain politique est chargé de contestations ethniques et de cessez-le-feu fragiles. L’inflation érode le pouvoir d’achat et la patience du public. Les négociations de la dette pendent sur l’Éthiopie comme un nuage, et les pressions externes des voisins et des pouvoirs mondiaux sont implacables. C’est pourquoi ces sept projets sont à la fois le salut et le pari: s’ils réussissent, ils élèveront l’Éthiopie dans une nouvelle ère; S’ils échouent, ils pourraient approfondir la descente de la nation dans l’instabilité.

Ethiopian Airlines: le drapeau qui n’a jamais chuté

Ethiopian Airlines n’est pas seulement une compagnie aérienne. C’est la poignée de main de l’Éthiopie avec le monde, son générateur le plus cohérent de la monnaie dure et un symbole de continuité lorsque tout le reste vacille. La vision du Dr Abiy est d’étendre la flotte, d’élargir le réseau et de la transformer en un centre continental inattaquable.

L’expansion de la compagnie aérienne est plus qu’un plan d’entreprise; Il s’agit d’une affirmation de la fierté nationale. Chaque nouvel avion est une déclaration que l’Éthiopie aspire toujours à la pertinence mondiale. Chaque nouvelle route est un fil qui coutit l’Éthiopie dans le tissu du commerce mondial.

Mais l’expansion nécessite un ciel calme à la maison. Les investisseurs, les passagers et les assureurs évitent l’instabilité. Si l’Éthiopie ne peut pas stabiliser sa politique, son transporteur phare peut faire face à des turbulences non pas par temps mais à des vents contraires de réputation. Pourtant, Ethiopian Airlines s’est avérée résiliente même dans les saisons les plus temporaires. Le RGOD mettant l’Éthiopie sur la carte en tant que nation qui livre, le Dr Abiy parie que les investisseurs et les passagers continueront de placer leur confiance dans le seul transporteur africain qui n’a jamais fait faillite.

Complexe d’engrais: nourrir une république affamée

L’âme de l’Éthiopie est agricole. Huit Éthiopiens sur dix dépendent de l’agriculture pour la survie. Pourtant, chaque année, des milliards de dollars quittent le pays pour importer des engrais. Le plan d’Abiy de construire l’un des plus grands complexes d’engrais d’Afrique est un acte de souveraineté économique. En cas de succès, il transformera l’Éthiopie d’un importateur perpétuel en producteur, économisant des devises rares et stabilisant la production rurale.

L’engrais est le pouvoir politique déguisé en granules chimiques. Sa répartition équitable peut nourrir la paix, mais le favoritisme peut déclencher des troubles. La structure fédérale de l’Éthiopie, souvent tendue par la concurrence ethnique, doit garantir que chaque agriculteur, quelle que soit sa région, peut y accéder.

Le financement d’une telle usine testera la portée diplomatique de l’Éthiopie. Les institutions occidentales peuvent hésiter, mais les fonds de richesse du Golfe, les financiers des infrastructures chinoises et les agro-industriels multinationaux pourraient être persuadés. L’achèvement réussi du RGO a rendu l’Éthiopie à nouveau investi, et ce projet pourrait devenir la pierre angulaire d’une révolution agricole autosuffisante.

REFIRIETS DE OLEUX: Distillant la dépendance au pouvoir

Les importations de carburant drainent les réserves étrangères de l’Éthiopie et l’exposent à des marchés mondiaux volatils. La construction de raffineries est donc plus qu’un plan économique; C’est un bouclier contre la vulnérabilité. En traitant le brut localement, l’Éthiopie pourrait réduire sa facture d’importation, sécuriser des emplois et même servir ses voisins.

Mais les raffineries de pétrole sont des infrastructures politiquement chargées. L’Éthiopie ne produit pas encore de brut important, ce qui signifie qu’il doit s’appuyer sur des accords d’approvisionnement avec les États du Soudan du Sud, du Soudan ou du Golfe. Ces accords sont fragiles, vulnérables à l’instabilité régionale et aux alliances changeantes. Les raffineries exigent également des milliards d’investissements initiaux et une gouvernance robuste pour éviter de devenir des pièges à corruption.

Pourtant, le prix est séduisant. Si l’Éthiopie peut garantir l’approvisionnement à long terme et attirer le capital du Golfe désireux de se diversifier, il pourrait devenir un centre de transformation de la corne de l’Afrique. Le projet signalerait que l’Éthiopie ne se contente pas de rester acheteur mais a l’intention d’être un producteur régional de pouvoir raffiné.

Industrie du ciment: les os de la modernité

Le ciment est le squelette sur lequel l’avenir de l’Éthiopie doit être construit. La volonté du Dr Abiy d’élargir la production de ciment est donc une tentative littérale et figurative pour construire les os du pays. Les routes, les ponts, les écoles et les usines en dépendent tous.

Le RGO en fournissant une électricité abondante, l’Éthiopie a la capacité d’augmenter considérablement la production de ciment. Cela ne répondrait pas seulement à la demande intérieure, mais pourrait positionner l’Éthiopie comme exportateur vers le klaxon et l’Afrique de l’Est.

Mais le ciment est une épée à double tranchant. Les usines peuvent déplacer les communautés, dégrader l’environnement et devenir des points de protestation. Les investisseurs exigeront la stabilité avant de verser de l’argent dans de nouveaux fours. Le succès du Dr Abiy dépendra de sa capacité à cimenter la paix autant que de produire du ciment. Sans stabilité, les usines de ciment pourraient devenir des monuments à une ambition ratée.

Parcs industriels: usines d’espoir

Les parcs industriels sont la tentative de l’Éthiopie d’exploiter sa jeune population et de se brancher sur les chaînes d’approvisionnement de fabrication mondiales. Ils promettent des emplois, des exportations et un transfert de technologie. En cas de succès, ils pourraient transformer l’Éthiopie en centre de fabrication à faible coût d’Afrique.

Pourtant, les parcs industriels sont des écosystèmes fragiles. Lorsque les troubles politiques perturbent les couloirs de transport ou que les acheteurs étrangers se retirent, les parcs risquent de devenir des villes fantômes. Le monde a vu cela lorsque le conflit a effrayé les investisseurs du parc industriel de Hawassa.

La stratégie du Dr Abiy est d’étendre ces parcs, de les relier à plusieurs couloirs, y compris Djibouti et Berbera, et de garantir une puissance ininterrompue de Gerd. S’il peut stabiliser l’environnement politique et faire respecter les contrats, ces parcs pourraient devenir le rythme cardiaque de l’économie de l’Éthiopie. L’alternative est les salles vides et les milliards gaspillés.

Complexes pétrochimiques: allumant la corne

L’énergie est la nouvelle arme diplomatique de l’Éthiopie. Le RGOD a fait de l’Éthiopie un producteur de puissance émergent, mais le Dr Abiy vise à aller plus loin. En construisant des complexes pétrochimiques, l’Éthiopie peut produire des dérivés industriels – tels que les textiles, les plastiques et les produits pharmaceutiques – qui augmentent la valeur ajoutée et réduisent les importations.

Il s’agit d’un bond audacieux d’un exportateur d’énergie brute à un fournisseur industriel. Il pourrait catalyser la fabrication et faire de l’Éthiopie un centre pour le commerce régional.

Mais les complexes pétrochimiques sont coûteux et politiquement sensibles. La mauvaise gestion ou le sabotage pourrait les faire dérailler. La demande d’énergie doit correspondre à la production ou aux risques de l’Éthiopie produisant un excédent de puissance sans acheteurs. Pourtant, avec des pénuries d’énergie régionales, l’Éthiopie est bien placée pour fournir des voisins, transformant le pouvoir en revenus et en levier diplomatique.

Logement urbain: stabilité d’ancrage

Le logement est l’endroit où la politique économique répond à la dignité humaine. Les villes de l’Éthiopie débordent de migrants et de colonies informelles. L’engagement d’Abiy à construire 1,5 million de maisons concerne autant la paix sociale que le développement urbain.

Un citoyen avec une maison est plus difficile à radicaliser et plus susceptible d’investir dans l’avenir du pays. Le logement devient donc un stabilisateur politique.

Mais le programme doit être transparent et équitable. Si les allocations du logement sont perçues comme biaisées ethniquement, elles pourraient alimenter le ressentiment. Le financement est également un défi. Les banques de l’Éthiopie sont sous pression, et les logements à grande échelle nécessitent des mécanismes de financement créatifs, peut-être par le biais d’obligations de diaspora ou de partenariats public-privé.

En cas de succès, ce projet transformera City Skylines et donnera au Dr Abiy un héritage qui le survivre. S’il échoue, ce sera le rappel le plus visible des promesses brisées. Si l’Éthiopie me donne le bénéfice des doutes, le risque de succès l’emporte sur l’échec, et j’espère qu’ils le feront.

Financement du rêve

Les sept projets ensemble nécessitent des dizaines de milliards de dollars. L’Éthiopie ne peut pas les financer de ses propres coffres. La restructuration de la dette est en cours, les réserves de change sont limitées et l’inflation limite l’épargne intérieure.

C’est pourtant là que le symbolisme de Gerd est important. Le barrage a montré au monde que l’Éthiopie peut rassembler ses citoyens, sa diaspora et ses ressources limitées pour terminer ce que beaucoup ont appelé impossible. Cette crédibilité pourrait attirer des fonds souverains du Golfe, des prêts chinois, des investisseurs turcs, des conglomérats indiens et même un capital-risque mondial. L’Éthiopie est trop stratégiquement située et trop peuplée pour les investisseurs à ignorer, à condition que le gouvernement offre une prévisibilité et une stabilité.

Les risques qui ombragèrent le rêve

Chaque projet porte une ombre. L’instabilité politique pourrait effrayer les financiers. Le conflit ethnique pourrait perturber la distribution des entrées et des sorties. La corruption pourrait siphon des fonds destinés aux usines. Les dommages environnementaux pourraient déclencher des protestations. Les rivaux géopolitiques pourraient saboter les couloirs. Même le changement climatique pourrait saper les plans agricoles et annuler les avantages d’engrais.

Le pari du Dr Abiy Ahmed est donc existentiel. S’il livre, il se souviendra de lui comme l’homme qui a transformé l’Éthiopie en une force économique continentale. S’il échoue, les ruines des usines à moitié construites et des parcs industriels fantômes témoigneront de l’ampoule.

Conclusion: rêver au-delà du barrage

L’Éthiopie se tient aujourd’hui sur le bord d’un couteau, entre le désespoir et le rêve. Les sept méga projets du Dr Abiy sont plus que des infrastructures; Ce sont des instruments de rachat, tentent de prouver que le destin de l’Éthiopie n’est pas écrit par ses conflits mais par son courage.

Le voyage à venir ne sera pas fluide. Le financement sera farouchement contesté, la politique restera turbulente et les pressions mondiales testeront la détermination de l’Éthiopie. Pourtant, l’histoire n’est gentille que pour ceux qui osent. Les nations ne se souviennent pas des crises qu’ils ont endurées, mais pour les rêves qu’ils ont transformés en réalité.

Si un entrepreneur africain comme Aliko Dangote peut construire des empires d’un milliard de dollars du ciment et de l’engrais, pourquoi pas l’Éthiopie, une nation de cent vingt millions avec un potentiel illimité? Et peut-être que la preuve la plus claire se dresse déjà sur les rives du Nil bleu. L’Éthiopie a construit le grand barrage de la Renaissance éthiopienne avec sa propre sueur, son sang et son argent, un monument de cinq milliards de dollars à la persévérance. Si l’Éthiopie pouvait le faire lorsque le monde doutait, alors il pourrait oser rêver encore plus grand. Le RGO n’est pas simplement un barrage; C’est la déclaration de l’Éthiopie que l’impossibilité n’est qu’un mot, pas un destin.

Mohamud A. Ahmed – Cagaweyne est un Columniste, analyste politique et de sécurité, chercheur Greenlight Advisors Group – Somalie Region en Éthiopie. Il pourrait être atteint à: +251 900 644 648

Note de l’éditeur: les vues dans l’article ne reflètent pas nécessairement les vues de Togolais.info

__

Pour soumettre Communiqué de presseEnvoyer une soumission à info@Togolais.info