

Par Tewabe Debas
Survie politique et peur de l’exclusion
Pour de nombreuses élites non oromo, loyauté envers le registre dirigé par OromoL’IME est une question d’auto-préservation. L’appareil de sécurité de l’Éthiopie a un long bilan de silence de dissidence et d’élimination des chiffres déloyaux. Les dissidents risquent d’être qualifiés de «anti-fédéraliste» ou «anti-oromo», un label qui met souvent fin aux carrières politiques. Dans cet environnement, le silence et la coopération offrent la seule voie de survie.
Accès à l’énergie, aux privilèges et aux ressources
Les bureaux du gouvernement en Éthiopie sont une passerelle pour influencer et richesse. Ceux qui s’alignent sur l’ordre des dirigeants bénéficient d’un accès aux rendez-vous, aux contrats et à la protection des entreprises personnelles. Les responsables non oromo qui jouent sont récompensés par des opportunités d’avancement qui seraient autrement refusées. Pour beaucoup, la loyauté envers le régime l’emporte sur la loyauté envers leurs propres circonscriptions.
L’héritage du fédéralisme ethnique
Le système fédéral ethnique introduit dans les années 1990 a enraciné l’identité comme fondement de la politique. De nombreuses élites non oromo sont des produits de ce cadre et se sont adaptées à ses réalités. Le soutien à la dominance oromo est considéré comme la seule formule réalisable en vertu de l’ordre constitutionnel actuel. La rupture nécessiterait le démantèlement du système même qui les soutient – quelques étapes sont prêtes à risquer.
Faible opposition et manque d’alternatives
Les responsables non oromo voient souvent peu d’espoir dans les mouvements d’opposition, qui restent fragmentés, confinés régionalement et fortement supprimés. Face à des alternatives faibles, beaucoup choisissent de rester dans le système. Pour eux, la participation à une structure injuste semble plus sûre que l’isolement dans une opposition impuissante.
Cooptation par l’idéologie et le symbolisme
Le régime présente «Oromumma» en tant que projet d’égalité et de libération de la «domination des Amhara» historique. Certaines élites non oromo acceptent ce récit, tandis que d’autres adoptent sa langue comme tactique de survie. En faisant écho à l’idéologie, ils se protégent de la marginalisation et garantissent une place dans la coalition au pouvoir.
Diviser la politique
Les dirigeants Oromo ont maîtrisé les tactiques de division et de réglage pour garder les élites non oromo conformes. Les rivalités entre Amhara, Somali, Sidama et d’autres sont délibérément encouragées, empêchant un front uni. Des rendez-vous en jetons sont remis pour donner au régime une façade d’inclusivité. Cela laisse les responsables non oromo en fonction des courtiers électriques oromo pour la protection et le statut.
Pressions mondiales et régionales
Les partenaires internationaux – de l’Union africaine aux donateurs occidentaux – priorisent souvent la stabilité de la réforme démocratique en Éthiopie. Les responsables non oromo qui s’opposent au système dirigé par Oromo risque d’être qualifié de déstabilisation. Rester fidèle, par conséquent, assure à la fois la sécurité intérieure et la légitimité internationale.
Complicité par nécessité et choix
Les responsables des non-Oromo soutiennent le «régime d’apartheid d’oromumma» par peur, opportunisme et contrainte structurelle. Leur complicité ne reflète pas toujours la vraie croyance dans la suprématie d’oromo – elle reflète la réalité politique de l’Éthiopie, où la survie est souvent plus importante que le principe.
Mais cette stratégie a un coût. En permettant la domination ethnique, ces fonctionnaires risquent d’approfondir les fractures de l’Éthiopie, de prolonger l’autoritarisme et de retarder l’émergence d’un ordre vraiment inclusif.
Tewabe Debas est un commentateur politique et écrivain sur les affaires éthiopiennes.
Note de l’éditeur: les vues dans l’article ne reflètent pas nécessairement les vues de Togolais.info
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