Une démonstration massive secoue les compagnies maritimes

Maria

Une démonstration massive secoue les compagnies maritimes

Les principaux acteurs des secteurs de la logistique et du commerce se lanceront dans une manifestation massive contre les compagnies maritimes opérant dans le pays le mardi 24 septembre 2024.

L’Institut ghanéen des transitaires (GIFF), l’Association des agents des douanes du Ghana, l’Association des transitaires du Ghana et l’Association des courtiers en douane du Ghana, en collaboration avec plusieurs associations professionnelles et parties prenantes concernées, organiseront une manifestation pacifique pour mettre en évidence les pratiques d’exploitation des compagnies maritimes opérant dans le pays.

Questions clés soulevées

Dans un communiqué de presse signé conjointement par tous les dirigeants des différentes associations, ils ont affirmé que la manifestation avait pour but de faire connaître leurs préoccupations sur une série de problèmes qui, selon eux, ont un impact négatif sur le coût des affaires au Ghana. La principale de leurs plaintes concerne l’imposition de frais arbitraires tels que les frais administratifs locaux, les frais de nettoyage des conteneurs et les frais de conteneurs vides. Selon les organisateurs, ces frais, qui sont indexés sur le dollar, violent les réglementations de la Banque du Ghana sur la tarification des services dérivés localement.

Les manifestants réclament également la cessation immédiate des frais de surestaries les week-ends et jours fériés, qui pénalisent injustement les entreprises pendant les jours non ouvrables où les procédures de dédouanement sont interrompues. Ils réclament le remboursement de tous les frais de surestaries qui ont été prélevés pendant ces périodes, insistant sur le fait que ces frais sont injustifiables et préjudiciables aux entreprises.

Fuites de devises et impact économique

Les organisateurs de la manifestation s’inquiètent également du rapatriement des recettes en devises par les compagnies maritimes, qui, selon eux, contribue aux difficultés de change du pays.

Selon le communiqué de presse publié par la coalition, les frais excessifs et injustes perçus par les compagnies maritimes et rapatriés à l’étranger épuisent les réserves de change du Ghana. Cela, selon eux, affaiblit la monnaie locale et pèse encore davantage sur l’économie nationale, rendant plus difficile pour les entreprises ghanéennes de rivaliser sur le plan local et international.

« Ces pratiques ont étouffé la croissance potentielle du secteur maritime du Ghana, affectant gravement les entreprises et paralysant le bien-être financier de nombreuses parties prenantes de la chaîne d’approvisionnement », indique le communiqué.

Conséquences plus larges sur le coût de la vie

Au-delà de l’impact direct sur les entreprises, les organisateurs estiment que ces pratiques d’exploitation affectent le Ghanéen moyen. L’augmentation du coût des affaires, causée par les frais arbitraires imposés par les compagnies maritimes, se répercute sur les consommateurs, faisant grimper le prix des biens importés. Cette situation, disent-ils, contribue au coût de la vie déjà élevé au Ghana.

Les organisateurs de la manifestation formulent les revendications suivantes.

  1. Suppression des frais de surestaries les week-ends et les jours fériés, et remboursement aux entreprises des frais de surestaries payés pendant ces périodes.
  2. Obliger les compagnies maritimes à négocier les tarifs conformément au règlement 5 du Règlement de l’Autorité des expéditeurs du Ghana, 2012 (LI 2190).
  3. Éliminer les frais arbitraires, y compris les frais administratifs locaux, les frais de nettoyage des conteneurs et les frais de conteneurs vides.
  4. Veiller à ce que les compagnies maritimes fournissent des services 24 heures sur 24 tout au long de la semaine, y compris les week-ends et les jours fériés, afin d’éviter des retards inutiles.
  5. Empêcher les compagnies maritimes de se livrer à des activités de courtage en douane, ce qui, selon elles, désavantage les transitaires et étouffe la concurrence.
  6. Interdire l’indexation des tarifs des compagnies maritimes sur le dollar américain, conformément à la réglementation de la Banque du Ghana.

Un appel au soutien national

Les organisateurs de la manifestation ont exhorté le grand public et les autorités gouvernementales à apporter leur soutien à la cause. Ils estiment que la responsabilisation des compagnies maritimes permettra non seulement d’améliorer l’efficacité de la logistique et de la chaîne d’approvisionnement du Ghana, mais aussi de stabiliser la monnaie locale et de réduire le coût des biens pour les consommateurs.

« Il ne s’agit pas seulement d’un problème industriel, mais d’un problème national », ont déclaré les organisateurs. « L’issue de cette manifestation a le potentiel de remodeler le paysage opérationnel du commerce au Ghana, de stabiliser potentiellement le taux de change, d’augmenter considérablement le niveau de vie de chaque Ghanéen et d’atténuer les répercussions de la crise du coût de la vie sur la sécurité nationale », ont indiqué les organisateurs dans leur communiqué.

L’action collective des transitaires, soutenue par les associations professionnelles et les parties prenantes concernées, est considérée comme un moment crucial dans la lutte pour la transparence, l’équité et l’efficacité dans les secteurs maritime et logistique du Ghana. La manifestation intervient alors que de nombreuses entreprises du pays sont confrontées à des coûts d’exploitation en hausse, et les manifestants estiment que ce problème, s’il n’est pas réglé, aura des conséquences désastreuses pour l’avenir économique du Ghana.

Le point de convergence de la démonstration est le local du GIFF à Tema et il est prévu qu’elle attire un grand nombre de participants de tout le pays, avec le potentiel d’avoir un impact significatif sur les opérations des compagnies maritimes au Ghana.