Un excès dangereux – Le Mouvement Constitutionnel dénonce l’avertissement d’AG Mabhiza contre la dissidence du cabinet

Maria

Un excès dangereux - Le Mouvement Constitutionnel dénonce l'avertissement d'AG Mabhiza contre la dissidence du cabinet

Le Mouvement constitutionnel du Zimbabwe (ZICOMO) a critiqué la procureure générale Virginia Mabhiza pour son avertissement selon lequel les ministres et les vice-présidents ne doivent pas s’opposer publiquement aux décisions du Cabinet, qualifiant cette position de « dépassement dangereux » qui porte atteinte aux droits constitutionnels.

Dans un communiqué publié mardi, ZICOMO a déclaré avoir noté « avec une vive inquiétude » les remarques de l’AG selon lesquelles les représentants du gouvernement « ne peuvent pas s’opposer publiquement aux décisions du Cabinet ».

« Tout avertissement du procureur général visant à positionner la dissidence publique comme absolument interdite constitue un excès dangereux qui donne la priorité au protocole du Cabinet plutôt qu’à l’intégrité constitutionnelle », a déclaré l’organisation.

ZICOMO a reconnu le rôle de Mabhiza en tant que principale conseillère juridique du gouvernement, mais l’a accusée d’appliquer la loi de manière sélective. « La Constitution du Zimbabwe est un document unifié, sacré dans son intégralité », a déclaré le groupe, ajoutant que les dirigeants doivent la respecter « dans sa totalité ».

Le mouvement a fait valoir que même si le Cabinet est lié par une responsabilité collective, cela n’éteint pas les droits individuels. « La doctrine (…) ne diminue pas le droit fondamental d’un ministre ou d’un vice-président de démissionner par principe lorsqu’il ne peut pas, en bonne conscience, soutenir une décision », indique le texte.

« Suggérer que la dissidence devrait être supprimée… revient à transformer le Cabinet en une simple façade d’unanimité forcée. »

ZICOMO a également invoqué les dispositions constitutionnelles garantissant la liberté d’expression, affirmant que même les membres du Cabinet sont protégés.

Le groupe a en outre accusé les autorités de faire taire les critiques du projet de loi d’amendement constitutionnel n° 3 (CAB3), affirmant que l’opposition aux changements proposés était devenue un espace restreint. Il a mis en garde contre le fait de soustraire les décisions exécutives à tout contrôle, affirmant que la responsabilité et l’État de droit étaient érodés.

ZICOMO a exhorté l’AG à préciser que ses remarques ne prévalent pas sur les dispositions constitutionnelles et a appelé le Parlement à exercer un contrôle. « Nous rappelons à tous les membres du Cabinet que leur loyauté première va à la Constitution et au peuple du Zimbabwe », peut-on lire.

L’AG a récemment mis en garde les membres du Cabinet contre toute prise de distance publique des décisions du gouvernement, affirmant que ceux qui ne sont pas en mesure de soutenir les positions convenues devraient démissionner. Ses remarques interviennent dans un contexte de tensions croissantes au sein du parti au pouvoir concernant les propositions d’amendements constitutionnels.

Le débat a été alimenté par les récentes remarques publiques du vice-président Constantino Chiwenga lors d’un rassemblement religieux, où il a utilisé une parabole biblique sur un dirigeant qui s’est accroché au pouvoir au-delà de son époque. Le message a été largement interprété comme une critique voilée des efforts visant à étendre le pouvoir du président Emmerson Mnangagwa par le biais de changements constitutionnels.

Le projet de loi d’amendement constitutionnel n° 3 vise à réviser le cadre de gouvernance du Zimbabwe, notamment en modifiant les élections présidentielles, les dispositions relatives à la succession et la durée des mandats. Les critiques soutiennent que les réformes pourraient consolider le pouvoir exécutif et affaiblir les freins et contrepoids démocratiques, tandis que les partisans affirment qu’elles visent à améliorer la gouvernance et la stabilité.

Le projet de loi devrait être examiné par le Parlement plus tard ce mois-ci.