Un défenseur de la théologie du développement s’est demandé si l’approche du projet de cathédrale nationale reflétait les principes de service sacrificiel qui définissent la tradition chrétienne, proposant que des professionnels chrétiens bénévoles auraient pu exécuter le projet sans épuiser les coffres publics.
Benjamin Anyagre Aziginaateeg, écrivant dans une perspective de théologie de la libération et du développement, soutient que même si le désir de construire une maison pour Dieu est noble et louable, le débat actuel invite à une réflexion approfondie sur la question de savoir si l’approche d’une tâche aussi sacrée a été à la hauteur de la pureté de son intention.
Le commentaire demande si des professionnels de renom impliqués, déjà bénis dans leur profession, auraient pu offrir leurs compétences comme un cadeau sacrificiel plutôt que de facturer des honoraires pour un projet destiné à symboliser la foi, l’unité et le dévouement nationaux. Selon l’article, des dizaines de milliers d’architectes chrétiens chevronnés, d’ingénieurs, de métreurs, d’artisans et de chefs de projet remplissent les églises chaque dimanche et offrent avec joie leur expertise.
L’opinion cite un précédent biblique, notamment la reconstruction des murs de Jérusalem par Néhémie grâce à des volontaires, des familles, des prêtres, des artisans et des citoyens ordinaires travaillant gratuitement parce qu’ils voyaient un dessein divin. Il fait référence à Jésus qui a commencé l’expansion du Royaume en faisant appel à des professionnels chevronnés dont la compétence correspondait à la volonté de se sacrifier.
Un exemple contemporain cité est celui de l’architecte Lawrence Ndaago Ayagiba, qui a conçu l’église catholique romaine Corpus Christi à Sakumono et le bâtiment de la salle paroissiale du Bon Pasteur à Tema Ouest, supervisant les constructions sans frais. Un travail bénévole similaire a été réalisé pour le bâtiment de l’église méthodiste de Sakumono, construit grâce aux contributions internes des membres sur plus de 10 ans.
Le commentaire exprime son inquiétude quant au fait que près d’un cinquième du soutien de deux milliards de dollars du Fonds monétaire international semble consommé par un seul projet de construction religieuse. Si près de 100 millions de dollars sont dépensés pour 10 pour cent du projet, avec 400 millions de dollars prévus pour son achèvement, le coût final pourrait s’élever à des milliards, ce qui pourrait transformer la vie des fidèles aux prises avec le chômage, les coûts des soins de santé et les problèmes de subsistance.
L’article suggère que la Conférence des évêques catholiques, le Conseil chrétien et le Conseil pentecôtiste et charismatique, avec leurs vastes réseaux de professionnels instruits et remplis du Saint-Esprit, pourraient mobiliser un bassin national d’architectes, d’ingénieurs, d’artisans et de financiers qui se porteraient volontaires pour voir le rêve se réaliser sans épuiser les coffres publics.
Une telle approche incarnerait l’esprit de sacrifice partagé de l’Église primitive, refléterait le modèle de Néhémie et ferait taire les accusations tout en restaurant la dignité de l’Église, selon le commentaire. Il soutient que cela aurait été spirituellement et financièrement sain par rapport au tollé public actuel qui accompagne cette dépense.
L’avis appelle le gouvernement à poursuivre son examen médico-légal des dépenses publiques liées à la cathédrale, non par méchanceté mais dans la recherche de la vérité. La vérité nettoie, restaure et protège la crédibilité de l’Église et de l’État, affirme l’article.
Le commentaire conclut en décrivant la situation comme douloureuse et attristante : un projet destiné à honorer Dieu est devenu entouré de controverses, non pas parce que l’idée était fausse mais parce que le processus n’a peut-être pas reflété l’altruisme qui définit le véritable service chrétien.
Cela pose la question plus large de savoir si l’Église moderne s’est inconsciemment éloignée de l’esprit de service sacrificiel qui définissait autrefois sa force. Le débat sur la Cathédrale se présente comme plus qu’une question nationale mais comme un miroir spirituel de la pratique chrétienne contemporaine.
L’article d’opinion contribue au débat public en cours sur le projet de la cathédrale nationale, qui a fait l’objet d’un examen minutieux en ce qui concerne les sources de financement, les niveaux de dépenses et les processus de passation de marchés. Le gouvernement a lancé des audits médico-légaux pour examiner la manière dont les fonds publics ont été utilisés dans le projet.






