Le Sénégal a coupé Internet pour la troisième fois en neuf mois, laissant les citoyens bloqués.
La dernière fermeture fait suite à la décision du président Macky Sall de reporter les élections présidentielles prévues pour le 25 février. Le gouvernement a cité des « messages haineux » sur les réseaux sociaux comme raison de la fermeture, suivant la même approche que les fermetures précédentes.
Ce n’est pas le premier rodéo au Sénégal avec des coupures d’Internet. En juin 2023, le Sénégal a coupé Internet après qu’un leader de l’opposition, Ousmane Sonko, a été condamné à deux ans de prison à l’issue d’un conflit juridique prolongé depuis 2021, dans une affaire très médiatisée de corruption morale. En juillet 2023, Internet a de nouveau été coupé pour « prévenir les troubles » après l’arrestation d’Ousmane Sonko pour incitation à la rébellion contre le gouvernement.
Alors que les résidents tentent de contourner les restrictions grâce au WiFi, l’impact économique de la fermeture est important. Des rapports suggèrent que le Sénégal a perdu 300 000 dollars de l’heure lors de la précédente interruption d’Internet en juin, et que les pays d’Afrique subsaharienne ont subi des pertes de 1,74 milliard de dollars en raison de ces coupures en 2023.
Les coupures d’Internet sont devenues un outil répandu pour les gouvernements africains cherchant à contrôler le flux d’informations. Au cours des deux dernières années, les gouvernements de la République du Congo, du Niger, de l’Ouganda et de la Zambie ont coupé l’accès à Internet pendant les périodes électorales.
Les récits officiels justifient souvent les fermetures comme des mesures visant à lutter contre la violence, à maintenir l’ordre public ou à empêcher la propagation de fausses informations. Toutefois, les fermetures pourraient être utilisées pour faire taire les voix opposées, restreindre la liberté d’expression et entraver la transparence.






