Préparer l’avenir au-delà du régime PP

Maria

Ethiopian _ politics _ future

Tesfa ZeMichael

Les 27 années de règne du TPLF ont montré que la tyrannie ethnique ne peut pas durer. Qu’on l’appelle ou non fédération ethnique, le régime ethnique sera toujours pourri à l’intérieur par la corruption et gangrené à l’extérieur par la résistance des Éthiopiens. Cela signifie que le régime du PP est également voué à la chute. La question est : les Éthiopiens seront-ils prêts à le remplacer par un régime démocratique ?

Les Éthiopiens ont été pris au dépourvu par la disparition du TPLF en 2018, laissant le champ politique à l’élite de l’EPRDF qui a organisé une transition interne du pouvoir d’une clique de l’EPRDF (le TPLF) à une autre clique de l’EPRDF rassemblée autour d’Abiy Ahmed. Les Éthiopiens n’avaient pas leur mot à dire dans cette transition du pouvoir. La nouvelle élite au pouvoir de l’EPRDF s’est organisée sous le nom de Parti de la prospérité (PP). Il s’agissait essentiellement d’une reconstitution du système EPRDF, l’élite ethnique oromo remplaçant l’élite ethnique tigréenne.

Les Éthiopiens devraient être prêts à prendre les choses en main lorsque le régime du PP s’effondrera, au lieu de laisser les restes de l’élite ethnique au pouvoir organiser une autre transition de pouvoir interne de clique à clique, comme en 2018.

FANO donne aux Éthiopiens l’opportunité de se préparer dès maintenant à une transition vers un régime démocratique post-PP. Contrairement au TPLF qui a déclenché une guerre, si possible, pour revenir au pouvoir et, dans le cas contraire, pour se séparer de l’Éthiopie, le FANO ne recherche pas le pouvoir : il recherche la liberté. La résistance de FANO est une métonymie du désir pan-éthiopien de se libérer de la tyrannie du PP. Cela signifie que nous devons réfléchir aux résultats des actions de FANO d’un point de vue pan-éthiopien et pas seulement d’un point de vue amhara. Pour ce faire, nous avons besoin d’une idée ou d’une maxime pour guider notre réflexion et nos actions.

Permettez-moi d’extraire une maxime implicite de la longue histoire de FANO : « ». Appelons cela la maxime FANO. Je crois qu’il s’agit d’une maxime puissante pour guider notre réflexion sur la manière d’évincer le régime homicide du PP et sur la manière de préparer un avenir démocratique. C’est une maxime qui pourrait être le catalyseur d’une unité démocratique pan-éthiopienne réussie pour créer une démocratie durable.

Contrairement au régime du PP qui emprisonne, torture, mutile et tue des Éthiopiens innocents, les combattants du FANO traitent tous les Éthiopiens avec humanité, même les soldats du PP capturés. Les horribles cruautés des soldats du PP reflètent les valeurs d’Abiy Ahmed. Pour eux comme pour Abiy Ahmed, la vie d’un Amhara ou d’un non-Oromo n’a aucune valeur. Abiy nourrit l’instinct de tueur de ses soldats en décrivant comme ennemis les Éthiopiens qui réclament leurs droits et en faisant preuve d’une tolérance infinie envers ceux qui tuent des Amharas et des non-Oromos.

Et c’est là que réside la différence entre le régime du PP et FANO. Historiquement, pour FANO, la vie de chaque Éthiopien n’a pas de prix, d’où la maxime de FANO : « Les Amharas ne seront libres que lorsque tous les Éthiopiens le seront ».

À l’heure actuelle, le sentiment d’impuissance politique a déclenché un flot de pensées éphémères au sein de la diaspora. La pensée éphémère n’a pas les moyens de trouver des moyens de résister efficacement à la tyrannie du PP et de préparer sérieusement la voie vers une démocratie post-PP d’une manière qui reflète la maxime FANO. Pour ouvrir la voie à une Éthiopie démocratique post-PP, nous devons réfléchir sérieusement à deux résultats possibles de la lutte du FANO.

Deux possibilités se profilent à l’horizon. FANO pourrait être vaincu par l’armée du PP, ou bien il pourrait en sortir victorieux. Les deux possibilités doivent être envisagées. Considérons d’abord la possible défaite de FANO. Il faut alors examiner quelles pourraient être les causes de cette éventuelle défaite. Connaître les causes subjectives et objectives de l’éventuelle défaite pourrait nous indiquer comment extraire une victoire future de l’éventuelle défaite en nous montrant ce que nous devrions et ne devrions pas faire dans la lutte en cours contre le régime du PP. Une réflexion sérieuse sur la défaite n’est possible que si elle est guidée par la maxime du FANO : « Les Amharas ne seront libres que lorsque tous les Éthiopiens le seront ».

Deuxièmement, considérons la victoire de FANO. Et alors ? Comment la transformer en victoire politique ? Une victoire militaire n’est pas nécessairement une victoire politique. Répondre à ces questions de manière à apporter un changement démocratique permanent nécessite également de s’inspirer de la maxime du FANO : « Les Amharas ne seront libres que lorsque tous les Éthiopiens le seront ». Une victoire du FANO signifie le réveil de l’histoire éthiopienne, non pas comme une répétition du passé, mais comme une nouvelle histoire de la démocratie éthiopienne que tous les Éthiopiens construisent ensemble.

En réfléchissant aux deux possibilités (défaite et victoire), nous devons tirer les leçons de l’histoire universelle : une idée n’a de pouvoir que lorsqu’elle est incarnée dans une organisation. Il est impératif que la maxime FANO et les idées que nous en tirons soient incarnées dans les organisations pan-éthiopiennes. C’est une implication nécessaire de la maxime. C’est également une condition nécessaire pour évincer le régime du PP et le remplacer par un système démocratique durable.

Faute d’une idée directrice et d’organisations qui l’incarnent, les Éthiopiens ont été aveuglés par la chute inattendue du TPLF en 2018. Nous ne devrions pas laisser cela se reproduire lorsque le régime du PP s’effondrera, car il s’effondrera sûrement. L’histoire nous apprend que tous les régimes homicides s’effondrent tôt ou tard, comme ce fut le cas pour l’EPRDF.

Une dernière question. Que peuvent faire les Éthiopiens de la diaspora pour préparer le terrain à la défaite du régime du PP et à l’émergence d’une Éthiopie démocratique ? La diaspora n’est pas dans les montagnes et les vallées d’Ethiopie pour combattre l’armée du PP. Les combattants de FANO se battent, sacrifiant leurs membres et leur vie. La seule bataille dans laquelle la diaspora peut et doit s’engager est celle des idées. Et la bataille des idées pour la démocratie en Éthiopie ne sera pas gagnée par une pensée éphémère ou des idées spontanées.

Pour honorer les Éthiopiens qui sacrifient leur vie pour libérer l’Éthiopie du régime du PP – une véritable machine à fabriquer la mort et le nettoyage ethnique, comme l’histoire éthiopienne n’en a jamais vu – la diaspora devrait approuver la maxime FANO et l’utiliser comme guide. pour ses réflexions sur la manière de déclencher la chute du régime du PP et sur la manière d’instaurer une démocratie durable en Éthiopie.