Nancy Odindo, journaliste à Togolais.info, apporte plus de trois ans d’expérience dans la couverture de la politique, de l’actualité et des reportages dans les médias numériques et imprimés au Kenya.
La Commission nationale des droits de l’homme du Kenya (KNCHR) a exprimé sa profonde préoccupation face au nombre croissant d’enlèvements à travers le pays depuis les manifestations de juin 2024.
Dans un communiqué publié jeudi 26 décembre, la commission a révélé que 82 cas d’enlèvement ont été signalés au cours des trois derniers mois, et 29 personnes sont toujours portées disparues.
La KNCHR a noté que les enlèvements sont perpétrés par des individus armés non identifiés et semblent viser des critiques virulentes sur les plateformes sociales.
« Sept des récents cas d’enlèvement ont été signalés en décembre 2024, avec six victimes toujours portées disparues, ce qui porte à 29 le nombre total de personnes toujours portées disparues depuis juin 2024 », a déclaré le président de la KNCHR.
Parmi les six personnes enlevées en décembre figurent Steve Kavingo Mbisi (Machakos), Billy Wanyiri Mwangi (Embu), Peter Muteti (Uthiru), Benard Kavuli (Ngong’), Kibet Bull (Nairobi) et Rony Kiplang’at, le frère de Kibet ( Kiambu).
La KNCHR rejette la déclaration de la police sur les enlèvements
La KNCHR a également rejeté une déclaration faite par l’inspecteur général de la police Douglas Kanja dans laquelle il niait toute implication de la police dans les enlèvements.
Odede a exhorté la police à rester diligente dans son devoir constitutionnel de protéger les citoyens et de garantir la responsabilité face à cette tendance alarmante.
En outre, elle a souligné que bon nombre de ces enlèvements se produisent en plein jour, certains incidents étant filmés par des caméras de vidéosurveillance.
« Nous rappelons au Service national de police son rôle dans la protection de chaque personne au Kenya contre de tels actes de violence, en particulier en notant que ces enlèvements ont lieu en plein jour, certains d’entre eux étant filmés par CCTV, mais aucune arrestation n’a encore lieu », peut-on lire dans le communiqué. .
La KNCHR a appelé la police à enquêter immédiatement, à arrêter les responsables et à libérer ou inculper toute personne détenue illégalement.
La KNCHR a averti que la tendance actuelle aux enlèvements risquait de ramener le pays aux « jours sombres » de son histoire, lorsque la peur et l’intimidation étaient largement utilisées pour faire taire la dissidence.
« Si ces schémas d’enlèvements se poursuivent, nous reviendrons rapidement à une époque où de tels actes visaient principalement à semer la peur chez les individus critiques à l’égard du gouvernement », a prévenu le président.
Les Kenyans exigent la libération de Kibet Bull
Par ailleurs, Kibet Bull, le caricaturiste derrière les silhouettes virales représentant le président William Ruto, a été enlevé à Nairobi peu après avoir rencontré le sénateur de Busia, Okiya Omtatah.
De nouveaux détails ont été révélés selon lesquels des hommes se faisant passer pour des policiers auraient perquisitionné son domicile dans le comté de Njoro Nakuru quelques heures avant sa disparition.
Les Kenyans ont demandé sa libération immédiate et inconditionnelle alors que les autorités continuent d’enquêter sur cette affaire.
Relecture par Otukho Jackson, journaliste multimédia et rédacteur en chef chez Togolais.info






