Opinion : Pourquoi les médias ghanéens sont-ils toujours silencieux lorsque les habitants tuent ou attaquent des Chinois au Ghana ?

Maria

Nana Beeko

Par Daniel Bénin || CANAL D’ENQUÊTE

Il est très triste de voir le silence assourdissant continu des médias ghanéens sur le harcèlement et les meurtres de mineurs chinois par les habitants mêmes à qui ils offrent leur aide dans les communautés minières.*

Et aussi, pourquoi un conflit de chefferie à Akyem Ayirebi devrait-il affecter une société minière chinoise qui opère depuis une dizaine d’années ?

Il s’agit d’entreprises chinoises disposant de tous les documents juridiques appropriés et d’une responsabilité sociale, ce qui est en effet une question qui mérite l’attention des médias ghanéens.

Il s’agit d’une norme en développement qui remet en question l’essence même du journalisme et soulève des questions sur les responsabilités éthiques des organisations médiatiques.

Nous devons exiger la transparence, des rapports impartiaux et la priorité aux vies humaines avant toute chefferie ou tout intérêt économique.

Il est temps que les médias ghanéens brisent leur silence et mettent en lumière ces atrocités, favorisant ainsi un monde où prévalent la justice et la vérité.

En fait, abordons un problème déconcertant qui a été éclipsé par le silence des médias : les meurtres, les attaques et le harcèlement des mineurs chinois par les Ghanéens locaux à travers le pays.

Le manque alarmant de couverture médiatique ghanéenne sur cette question soulève des questions cruciales sur la responsabilité et les obligations éthiques des médias.

Premièrement, il est essentiel de reconnaître que les médias jouent un rôle central dans la formation de l’opinion publique et la sensibilisation mondiale. Cependant, le silence assourdissant entourant les récentes attaques d’une société minière chinoise à Akyem Akokoaso JIAXIN Mining par des habitants est préoccupant.

Dans la soirée du 9 février 2024, vers 20 h 30, la société minière de Jiaxin a alerté la police d’un vol en cours.

Le principal suspect de cette attaque, selon les enquêtes sur le terrain, était un fauteur de troubles très populaire appelé Kofi Nti, alias Kofi Oti, photographié ici :

Le principal suspect Kofi Oti et le commandant de la police divisionnaire d'Oda

Les enquêtes sur le terrain menées par INVESTIGATIVE CHANNEL ont révélé que quinze voleurs présumés, également des citadins très connus, armés de fusils d’assaut AK47 et de machettes, ont infiltré les locaux de l’entreprise, portant des masques et des uniformes militaires.

Ils ont ordonné à tout le monde de s’allonger tout en tirant sporadiquement.

Les assaillants armés, à la recherche d’informations sur la localisation des lingots d’or, ont procédé au pillage de diverses pièces, dont la salle du directeur. Au cours de l’incident, plusieurs Chinois ont été blessés par balle, à savoir Wang Yang Feng (50 ans), M. Leo et Wang Yuan Shin. Des soins médicaux d’urgence ont été rapidement prodigués et ils ont été rapidement transportés au centre de santé d’Akyem Brenase, puis transférés au nouvel hôpital gouvernemental d’Abirem.

Voici quelques-unes des victimes actuellement en admission tandis que d’autres sont dans un état très critique.

Ce silence des médias ghanéens porte non seulement atteinte aux principes d’intégrité journalistique, mais perpétue également un environnement dans lequel les actes odieux passent inaperçus et restent sans réponse.

Une des raisons possibles de ce silence médiatique pourrait être la complexité géopolitique entourant la question.

Les médias peuvent craindre les répercussions ou les tensions que la couverture médiatique de tels incidents pourrait déclencher entre les pays.

Cette crainte, bien que compréhensible, soulève de sérieuses préoccupations éthiques. Le premier devoir des médias est d’informer le public, même si cela implique de naviguer dans un équilibre délicat entre relations diplomatiques et dire la vérité.

Les travailleurs miniers chinois, confrontés à la violence de la population locale, ne sont peut-être pas sous les projecteurs en raison d’un manque d’importance perçue à l’échelle mondiale. Cependant, il est de notre devoir moral de reconnaître la valeur de chaque vie humaine, quelle que soit sa nationalité ou son statut social.

De plus, les intérêts économiques pourraient influencer la position des médias sur cette question. Si des entités puissantes ont des investissements ou des liens économiques dans les régions où ces meurtres ont lieu, elles peuvent exercer une influence sur les médias pour maintenir un discours favorable.

Cela soulève des inquiétudes quant à l’indépendance des médias et à leur capacité à rendre compte objectivement des questions d’intérêt public.