De nouveaux problèmes ont frappé Heath Goldfields Limited (HGL) alors que des milliers d’habitants lésés de la circonscription de Prestea-Huni Valley, dans la région occidentale, se préparent à ce qu’ils décrivent comme une « manifestation rouge » massive contre l’entreprise pour ce qu’ils appellent des retards persistants et un manque de respect flagrant envers la population.
La manifestation, prévue le mercredi 10 décembre 2025, sera dirigée par des membres du caucus du Congrès national démocratique (NDC) au pouvoir dans la circonscription.
Selon les habitants, leurs frustrations proviennent de plusieurs facteurs, le problème principal étant le chômage élevé causé par les opérations commerciales d’exploitation minière à ciel ouvert de HGL et le refus persistant de l’entreprise de libérer les puits abandonnés pour une exploitation minière communautaire coopérative.
Les résidents ont affirmé que HGL avait rejeté plusieurs appels visant à ce que des parties de ses mines abandonnées soient attribuées à des mineurs locaux dans le cadre du programme gouvernemental d’exploitation minière coopérative, malgré le fait qu’un grand nombre de ces mêmes résidents avaient déjà été licenciés par l’entreprise.
Ils ont également accusé HGL de déployer fréquemment des services de sécurité privés, des policiers armés et des officiers militaires pour harceler les membres de la communauté qui tentent d’exploiter à petite échelle des mines abandonnées autour de Prestea.
Les résidents remettent en question les opérations de HGL près du puits de Bondaye
Les organisateurs de la prochaine manifestation ont déclaré aux journalistes que leurs activités minières communautaires ne présentaient pas plus de risques que les activités minières à ciel ouvert actuellement menées par HGL à proximité du puits de Bondaye.
Ils ont averti que les activités minières à ciel ouvert en cours de la société, à moins de 100 mètres du puits, pourraient compromettre la sécurité structurelle.
Ils ont en outre indiqué que l’une des mines actives de HGL se trouve à moins de 300 mètres de la commune de Prestea, décrivant la situation comme une violation de la loi ghanéenne sur les minéraux et l’exploitation minière.
Les résidents ont accusé l’entreprise d’opérer en dehors de la loi, sans les permis requis et sans garanties environnementales.
L’entreprise hésite à libérer des fosses productives abandonnées
Bien que HGL ait accepté de libérer une mine abandonnée à Prestea-Bondaye, les habitants ont rejeté l’offre, arguant que la mine ne contient pas d’or et ne peut pas résoudre la crise du chômage massive créée par les licenciements de l’entreprise.
Ils affirment que HGL propose intentionnellement uniquement des puits improductifs tout en refusant d’ouvrir des puits lucratifs qui pourraient soutenir les moyens de subsistance de la communauté.
Allégations de mauvais investissement et d’utilisation d’équipements obsolètes
Les résidents ont en outre allégué que Heath Goldfields n’avait pas réussi à réaliser les investissements en capital nécessaires depuis le début de l’exploitation commerciale à ciel ouvert il y a un an.
Au lieu de cela, ils affirment que l’entreprise utilise des pompes à eau et des canalisations obsolètes abandonnées par Golden Star Resources et Future Global Resources.
Ils se sont dits préoccupés par le fait que HGL ne dispose pas de pompes de secours, ce qui signifie qu’en cas de panne, l’équipement doit être transporté à Obuasi pour réparation, ce qui entraîne des retards opérationnels et des risques pour la sécurité liés à l’eau.
Licenciements massifs et droits impayés
Les organisateurs de la manifestation ont déploré ce qu’ils ont décrit comme des licenciements massifs à la mine, affirmant que HGL employait auparavant environ 700 travailleurs, mais a depuis licencié plus de 600 employés, soit 85 % de la main-d’œuvre.
Ils ont déclaré que la majorité des travailleurs concernés sont des membres de la communauté locale de Prestea qui luttent désormais pour survivre.
Beaucoup d’entre eux réclament également des indemnités impayées, notamment des indemnités de départ, des primes et des cotisations de sécurité sociale (SSNIT), que l’entreprise n’aurait pas honorées depuis qu’elle a repris la mine fin 2024.
Certains anciens travailleurs, affirment-ils, seraient décédés en attendant de recevoir leurs prestations.
Appels au retrait des militaires des mines
Les habitants ont appelé le gouvernement à ordonner à HGL de retirer le personnel militaire des mines abandonnées et de leur accorder l’accès à des zones minières viables.
Ils ont fait valoir que leur donner accès à ces mines s’aligne sur la politique du gouvernement NDC visant à attribuer les mines abandonnées aux coopératives communautaires.
Ils ont nommé plusieurs bassins versants miniers, notamment Dumase, Heman, Prestea-Nakaba, Prestea-Bondaye et le canton de Prestea, où ils cherchent à accéder aux puits abandonnés.
Préoccupations concernant l’entente avec les entrepreneurs suppléants
Les organisateurs de la manifestation ont également fait part de leurs inquiétudes concernant les contrats attribués à l’Association des entrepreneurs locaux LOCUMS, déclarant que le groupe comprend des individus de tout le pays et pas uniquement des entrepreneurs de Prestea.
Ils ont affirmé que la société exploitait les entrepreneurs locaux en réduisant leurs tarifs de transport de minerai de 4,70 dollars américains par tonne (payés sous les anciens propriétaires de la mine) à 3,40 dollars américains par tonne, un montant qu’ils jugent terriblement insuffisant.
Ils ont averti que si LOCUMS s’effondre en raison de la faiblesse des taux d’emploi, davantage d’emplois seront perdus dans la communauté.
Conclusion
Les habitants insistent sur le fait que leurs revendications sont légitimes et attendues depuis longtemps.
Ils ont réitéré qu’à moins que HGL ne libère les fosses abandonnées rentables, ne verse des avantages sociaux exceptionnels aux travailleurs, ne mette fin au harcèlement des forces de sécurité et n’améliore les conditions des entrepreneurs, la manifestation prévue se déroulera comme prévu.






