Le gouvernement a déployé des forces de sécurité renforcées à Harare pour tenter de contrecarrer les manifestations prévues dirigées par le vétéran de guerre en fuite Blessed Geza, qui appelle à la démission du président Emmerson Mnangagwa.
L’unité anti-émeute de la police de la République du Zimbabwe (ZRP) a inondé le quartier central des affaires (CBD), créant une atmosphère tendue alors que les autorités tentent d’anticiper les manifestations, surnommées la « Marche du million d’hommes ».
La place Africa Unity, qui avait été désignée comme le principal site de protestation, a été bouclée et fortement patrouillée par des policiers.
Des camions-citernes blindés ont été déployés dans les rues et les piétons se voient refuser l’entrée sur la place Africa Unity. Les agents du ZRP sont postés aux carrefours clés, notamment les rues Cameroun, Jason Moyo, Rezende et Robert Mugabe.
Plus loin dans la ville, la place Robert Mugabe a également été bouclée par les unités anti-émeutes, les exploitants d’auto-écoles ayant reçu l’ordre de quitter la zone, ajoutant ainsi à l’atmosphère de malaise.
La police a également libéré des chevaux des écuries, dans ce que les observateurs ont décrit comme une démonstration de force et de panique de la part des autorités.
Dans un communiqué publié jeudi, le ZRP a averti que toute tentative d’organiser des manifestations se heurterait à une ferme résistance.
« Les actes de violence, les menaces, le vandalisme ou l’incitation à commettre des délits seront sévèrement réprimés conformément aux lois du pays.
Toute tentative de participer à des manifestations, rassemblements ou cortèges illégaux se heurtera à toute la colère de la loi », peut-on lire dans le communiqué du ZRP.
Geza a appelé à des manifestations à l’échelle nationale pour exprimer la colère du public face à ce qu’il appelle la capture de l’État et la grande corruption par une clique d’hommes d’affaires puissants prétendument protégés par l’administration de Mnangagwa.
Il s’est également prononcé contre les efforts du Zanu-PF visant à prolonger le pouvoir de Mnangagwa au-delà des deux mandats constitutionnels, qui expirent en 2028.
Les manifestations coïncident avec la Conférence populaire nationale du parti au pouvoir, actuellement en cours à Mutare, qui a été éclipsée par des tensions factionnelles entre Mnangagwa et son adjoint, Constantino Chiwenga.






